Journal d'actualité libéral
|
mardi 30 juin 2026

Russie : déconvenues sur le front et une économie qui est entrée dans la « zone de mort »

Temps de lecture : 2 minutes

Sale temps pour le Kremlin sur le plan à la fois militaire comme économique. Alors qu’il grignotait, apparemment inexorablement le territoire ukrainien, (quoiqu’au prix de lourdes pertes qui lui importent à vrai dire assez peu), Moscou est confronté depuis quelques jours à une nouvelle réalité : son armée ne progresse presque plus en raison surtout de la perte des informations fournies par Telegram, que Poutine a décidé de fermer pour renforcer son contrôle de l’information, et aussi à cause d’un verrouillage des terminaux Starlink par Elon Musk. D’ailleurs, l’armée ukrainienne a lancé une contre-offensive dans le nord du Donbass qui lui a permis depuis vendredi de reprendre autant de terrain que ce que l’armée russe avait conquis au cours des trente jours précédents.

Par ailleurs, à quelques jours du début de la cinquième année de guerre, ce qui fait désormais de ce conflit le plus long que la Russie ait eu à mener depuis deux siècles, plus long notamment que la seconde guerre mondiale (1941-1945), les nouvelles économiques s’avèrent de plus en plus alarmantes. Certes, l’économie russe, grâce à ses ressources en matières premières et à l’aide militaire discrète de la Chine et la Corée du nord, ne s’effondrera pas sous le poids des sanctions occidentales. Mais le déficit budgétaire s’est fortement creusé pour atteindre 5 600 milliards de roubles (73 milliards de dollars) en 2025, le plus important depuis la pandémie. Les paiements d’intérêts sur la dette publique dépasseront cette année les dépenses combinées de l’éducation et de la santé.

Les prix du pétrole accentuent la pression. Le brut de l’Oural, principale qualité de pétrole russe, s’échange actuellement avec une décote de 25 à 30 % par rapport au Brent et les recettes d’exportation de la Russie vont atteindre leur plus bas niveau depuis 2020. Les recettes budgétaires provenant du pétrole et du gaz ont diminué de moitié en janvier, en glissement annuel, pour s’établir à un peu moins de 400 milliards de roubles. Dopée en 2022-2024 par les dépenses militaires, le « keynésianisme kaki », l’économie n’a progressé que de 1 % en 2025. Les prévisions pour cette année sont encore plus mauvaises. Comme le résumait un article de l’hebdomadaire britannique de référence, The Economist, l’économie russe est entrée dans ce qu’en alpinisme on appelle « la zone de mort », au-dessus de 8000 mètres, où la rareté de l’oxygène détruit l’organisme si on y reste trop longtemps…

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


17 réponses

  1. Il est toujours intéressant d’apprendre de la part d’une personne informée comme vous.
    J’ignorais l’existence de cette zone de mort économique , notion transposée de l’alpinisme.
    Une question me vient donc à l’esprit :
    D’autres pays européens, dotés d’une économie poussive depuis plusieurs années, de chiffres et statistiques les rapprochant de ceux des pays socialistes , dépourvus de matières premières et qui se financent principalement à crédit, peuvent ils aussi être concernés par cette qualification… ou pas ?

  2. En tout cas la Russie gagne cette guerre, ne vous déplaise, malgré les inévitables difficultés de tout pays dans cette situation. Et de plus elle produit, entre autres choses, des missiles hypersoniques que les Occidentaux n’ont pas.

      1. Que je sois Français, ce qui est le cas, Suisse, Italien ou Espagnol ne change rien. Tout le monde peut constater que la Russie est en train de gagner cette guerre. Vrai ou faux?

        1. Non seulement, la Russie ne gagne pas la guerre, elle s’écroule ! Dans 3 jours, elle entre dans sa 5e année de guerre !!!! Plus que les deux guerres mondiales du XXe siècle !!! C’est une humiliation sans précédent pour Poutine et sa clique de mafieux !

          1. Étonnant que certains terriens voient la russie « gagner ». Même avec ses bombardements des populations civiles, la russie perd plus de pauvres hommes chaque mois. On voit plutôt un non succès des parties en guerre. En tant qu’Européen je tremble à l’idée que les Ukrainiens puissent craquer et j’espère que ce seront les élites russes, grandes perdantes, qui « craqueront » enfin. trumpine a semble-t-il évolué devant la forte majorité des américains qui « soutiennent » les vaillants Ukrainiens.

  3. Refaisons donc le point en 2030 par exemple Monsieur … si nous le pouvons et si le continent européen n’a pas basculé alors dans une guerre chaotique aux conséquences imprévisibles.

  4. Je voudrais partager votre optimisme, mais on le dit depuis tellement de mois que l’économie russe va s’effondrer, ou que Poutine va mourir, que j’avoue avoir de plus en plus de mal çà y croire, et si c’était le cas, ce que je souhaite ardemment pour espérer voir cette guerre se terminer sans que l’Ukraine soit humilié et sans que l’agresseur soit gagnant, on peut penser que les américains, bien renseigné d’une manière générale, parierait aussi sur cette échéance, et dans ce cas, pourquoi mettre autant de pression pour pousser l’Ukraine à tout concéder?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.