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mercredi 11 mars 2026

Soyons fiers de l’engagement libéral, seul antidote au meurtre totalitaire

Temps de lecture : 3 minutes

Il y a deux ans, en février 2024, mourait Alexeï Navalny. Il vient d’être prouvé – sans surprise – que la cause de sa mort est un empoisonnement, après des mois et des années de persécution, d’emprisonnement arbitraire, de privations et un précèdent empoisonnement. Vladimir Poutine n’accepte pas et tue ses opposants.

Au début de ce mois de février 2026, Jimmy Lai a été condamné à vingt ans de prison par le régime communiste chinois. Âgé de 78 ans, il est donc condamné à mort. Son crime ? Comme Navalny en Russie, comme aussi Boualem Sansal en Algérie, ne pas avoir accepté le récit et la propagande de dirigeants corrompus et à tendance dictatoriale.

Propriétaire de médias, militant de la démocratie, vigie des engagements non respectés par la Chine à la suite de la prise de possession de Hong Kong par Pékin, Jimmy Lai entre dans le panthéon des héros de la démocratie, hélas quasiment ignorés de leur vivant par la bien-pensance mondiale.

Les bonnes âmes, si sentencieuses lorsqu’elles regardent l’Occident, sont bien oublieuses des crimes des dictatures totalitaires qui massacrent leur peuple depuis des décennies.

Soljenitsyne, et avant lui Julius Margolin, avaient dénoncé et décrypté les mécanismes de la déshumanisation des opposants, souvent jusqu’à leur mort, du régime soviétique. La matrice totalitaire est la même, que le régime soit communiste, nazi, islamiste.

Ces forces noires sont toujours à l’Å“uvre et leur seul antidote est la pensée libérale, celle qui n’accepte pas la mainmise de l’État sur les consciences humaines, celle qui rappelle les droits naturels face à l’arbitraire autoritaire, celle qui fait de la logique de subsidiarité la garantie de la dignité humaine par la liberté et la responsabilité personnelles, celle qui veut que tout pouvoir de l’Etat résulte d’un transfert choisi, délibéré, circonstancié et limité de la souveraineté individuelle.

Navalny, Lai, Sansal, autant de noms de notre époque qui devraient parler à la conscience humanitaire mondiale contemporaine. Et nous inciter à toujours nous battre pour la liberté, comme nous y appellent aussi les 30 000 Iraniens – anonymes mais correspondant à 30 000 vies, 30 000 destins de personnes humaines singulières – massacrés par le régime islamique d’Iran.

Il en résulte pour chacun d’entre nous, notamment dans cet Occident qui a inventé la démocratie libérale, un devoir d’engagement, intellectuel, moral et physique, de résistance au totalitarisme, de promotion de la liberté.

Cette liberté que Vassili Grossman, qui connut la double et très comparable barbarie nazie et soviétique, définissait si bien comme force vitale de notre espèce humaine. Dans Tout passe, Grossman écrit : « L’histoire de l’humanité est l’histoire de sa liberté. L’accroissement de la puissance humaine s’exprime avant tout par l’accroissement de la liberté. La liberté n’est pas une nécessité dont on a pris conscience, comme le croyait Engels. La liberté est le contraire de la nécessité. La liberté c’est la nécessité surmontée, vaincue. Le progrès c’est essentiellement le progrès de la liberté humaine. Par ailleurs, la vie elle-même est liberté, l’évolution de la vie, c’est l’évolution de la liberté. »

C’est cette vérité que n’ont pas acceptée en France les assassins de Quentin. Ils sont d’extrême gauche, ils sont chez nous les expressions violentes de ce totalitarisme qui se nourrit du « révolutionnarisme » des factieux et prospère en réaction au conformisme des technocrates.

Notre combat est là, contre ces illibéraux, ces extrémistes, ces néofascistes (eux qui se prétendent « antifascistes » !), pour préserver la vie et donc faire vaincre la liberté. Il est aussi dans la nécessité de porter un projet politique dont la radicalité doit permettre de sortir de l’impuissance publique en régénérant nos principes, par un nouvel état de droit porteur des aspirations populaires.

« Ce n’est pas honteux de faire peu. C’est honteux de ne rien faire ou de nous laisser intimider. » Le 18 février 2024, ces mots l’Alexeï Navalny étaient repris par sa courageuse veuve Ioulia. Ils nous exhortent à porter le combat de la liberté. Soyons fiers d’être des libéraux !

 

David Lisnard

Maire de Cannes, président de Nouvelle Energie

 

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4 réponses

  1. Très bien dit ! On ne le répétera jamais assez.
    On rentre facilement dans le socialisme et on se retrouve sans le vouloir avec du totalitarisme !

  2. A propos d’Alexeï Navalny, le courrier picard vient de publier un dessin humoristique représentant Poutine en blouse blanche au milieu de ses éprouvettes avec le commentaire: « Poutine bientôt prix Nobel de chimie. »
    J’espère que la courageuse Loulia ne sera pas choquée par cet humour au second degré qui n’est pas irrespectueux pour les victimes du dictateur.

    1. Bonjour. Merci pour l’allusion à cet article. Nous sommes en liberté et la presse est libre de publier des dessins d’humour. Cette liberté est précieuse et garantie par le droit, ne l’oublions pas.
      Sincères salutations.

  3. N’oublions pas Salman Rushdie, abandonné par toute la bien-pensance de gauche… Le vivre-ensemble n’est pas un concept à sens unique ! … et que les prétendus libéraux qui s’apprêtaient, jusqu’au récent drame, à voter Mélenchon sous prétexte de « barrage » se remettent également en question. Le libéralisme défend des principes universels, opposables à tous et chacun, et non des indignations confortables et partisanes. … Je partage un point avec vous : le libéralisme est une solution pour notre époque, et il faut en faire avancer les idées.

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