L’Iref a souvent dénoncé le turn-over des ministres qui, comme les marionnettes de la comptine, font trois petits tours et puis s’en vont.
Depuis 1974, par exemple, la France a connu 28 ministres de l’Économie tandis que l’Allemagne n’en avait que 16 et les Etats-Unis 17. Au ministère (ou secrétariat d’État) du Budget, c’est la même chose : 26 titulaires depuis 1974, et déjà 4 depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, alors que, dans le même temps, le ministère de l’Économie ne connaissait qu’un seul titulaire, Bruno Le Maire.
Cette inconstance ministérielle, on s’en doute, ne facilite pas la conduite d’une politique pérenne. Chaque nouveau titulaire, sachant ses jours à la tête de son administration comptés, s’efforce alors de se distinguer, le plus rapidement possible, de son prédécesseur.
Dans ces conditions, il est normal que les fonctionnaires prennent le pouvoir, maîtrisant parfaitement la matière et les arcanes de l’administration. Il n’est ainsi par rare de voir ressurgir les mêmes projets, préparés par les mêmes agents, quel que soit le ministre en poste.
Cela ne semble cependant pas le cas à la direction du budget. La Cour des comptes, dans son rapport sur la préparation et le suivi du budget de l’État, déplore, en effet, « une rotation trop importante » des effectifs de cette direction clé de Bercy. Plus précisément : « Le taux de rotation annuel des agents de l’administration centrale de la direction est de 43% pour les cadres A+ fin 2021, ce qui signifie que la durée d’occupation des postes n’est que légèrement supérieure à deux ans, sous-directeurs compris. Près d’un quart des effectifs est renouvelé par recrutement extérieur chaque année. Ce taux de rotation a pour effet de raccourcir le déroulement des carrières et de limiter le retour sur investissement de l’administration centrale puisqu’en moyenne, plus de 70 % des effectifs de la direction y passe moins de cinq ans ». Les magistrats de la rue Cambon regrettent que la direction du budget ne bénéficie pas « de la maîtrise que développent les agents au cours d’une troisième année d’exercice dans un même poste, ce qui a pour effet de fragiliser le maintien des compétences au sein de la structure ». D’autant plus, comme le précise le rapport que les agents sont généralement affectés à la direction du budget en début de carrière et sont donc « peu expérimentés ».
Ce turn-over élevé pourrait, toujours selon la Cour, « expliquer une difficulté des cadres peu expérimentés à contre-expertiser les demandes des ministères ».
En caricaturant, on pourrait donc dire que les ministres n’y connaissent pas grand-chose et les fonctionnaires de la direction du budget pas davantage. Comment s’étonner alors que les finances publiques aillent à vau-l’eau ?
Quelqu’un considérera-t-il un jour les déficits et les dettes publics comme un problème essentiel ?
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3 réponses
Surtout quand le gouvernement n’a aucun programme et qu’il navigue à vue : des euros par ci, des euros par là, au fur et à mesure des mécontentements, achats de voix à crédit…
« Trois petits tours et puis s’en vont ». Je pense qu « une poule sur un mur, qui picore du blé dur, picoti, picota, lève la queue et puis s’en va » serait plus approprié .
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3 réponses
Surtout quand le gouvernement n’a aucun programme et qu’il navigue à vue : des euros par ci, des euros par là, au fur et à mesure des mécontentements, achats de voix à crédit…
« Trois petits tours et puis s’en vont ». Je pense qu « une poule sur un mur, qui picore du blé dur, picoti, picota, lève la queue et puis s’en va » serait plus approprié .
Ces intermittents du spectacle, cabotins de la pièce que nous joue le gouvernement, n’ont d’autre but que se faire remarquer pour un prochain casting…