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mardi 13 octobre 2026

Trump offre un débouché à Poutine et un cessez-le-feu imaginaire à l’Ukraine

Temps de lecture : 2 minutes

Donald Trump confirme jour après jour qu’il est, sinon un traître avéré au monde occidental, du moins un dirigeant très néfaste sur le plan géopolitique, y compris pour les stricts intérêts de son pays. Il a annoncé coup sur coup, ces derniers jours, un accord pour l’importation de diesel russe destiné à faire baisser les prix à la pompe aux États-Unis avant les élections de midterms, puis un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine sur les infrastructures énergétiques.

Le problème est que ces deux annonces sont à peu près sans effet et ne révèlent que la complaisance troublante du locataire de la Maison-Blanche envers le Kremlin, dont les rares critiques n’ont jamais été suivies d’effet. Pour le diesel, que Kiev a qualifié de coup de poignard dans le dos et qui a suscité chez les partenaires européens des commentaires au mieux embarrassés, au pire critiques, l’effet sur le prix des carburants américains sera nul : la première tranche, 300 000 tonnes, représente environ deux millions de barils, soit quelques heures de consommation du pays. Mais il faut regarder le programme entier, et non cette première livraison : 500 000 tonnes en novembre, un million ensuite, et jusqu’à trois millions de plus selon l’état des raffineries russes, soit plus de 4,8 millions de tonnes annoncées. À 200 millions de dollars la première tranche, c’est de l’ordre de trois milliards de dollars que l’opération pourrait rapporter à Moscou, de quoi financer plusieurs milliers de drones de longue portée de type Geran.

Encore faut-il que ledit diesel arrive à destination, ce qui n’est pas garanti. Ce n’est pas un décret présidentiel qui l’autorise, mais la licence générale n° 135 délivrée le 9 octobre par l’OFAC, le bureau du Trésor chargé des sanctions, valable jusqu’au 7 avril 2027. Or l’Ending Importation of Russian Oil Act, promulgué le 8 avril 2022, interdit l’importation des produits pétroliers russes, et ne permet d’y mettre fin qu’à des conditions draconiennes : le président doit certifier que la Russie a accepté de retirer ses forces et de cesser les hostilités, consulter les commissions du Congrès quarante-cinq jours à l’avance, puis attendre quatre-vingt-dix jours, le Congrès pouvant encore s’y opposer par une résolution conjointe. Rien de tout cela n’a eu lieu. Des élus démocrates et républicains ont annoncé dimanche qu’ils feraient obstacle à la licence.

Deuxième élément, le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump entre Moscou et Kiev n’est jamais entré en vigueur : le Kremlin a ordonné des raids sur les infrastructures ukrainiennes quelques heures après. Interrogé lundi sur la pelouse de la Maison-Blanche, le président américain a eu cette réponse hors-sol : « Ils sont d’accord. Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai dit qu’ils étaient d’accord. Voilà pourquoi. »

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