Meta doit prendre des mesures provisoires pour permettre à ses concurrents d’installer des assistants d’intelligence artificielle (IA) tiers sur WhatsApp. C’est la nouvelle injonction de la Commission européenne, qui a publié un communiqué le 9 février. L’entreprise américaine est accusée d’avoir enfreint les règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles, plus particulièrement l’article 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) et l’article 54 de l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) qui prohibent l’abus de position dominante.
Avec près de 2 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, WhatsApp est devenue une application plébiscitée par les particuliers, mais aussi par les entreprises qui l’utilisent comme un outil pour la relation client, notamment à travers des chatbots. Ces programmes informatiques sont conçus pour répondre automatiquement aux demandes des clients (c’est ce que la Commission appelle, en l’espèce, « assistants d’IA »). Comme n’importe quelle entreprise qui vise à promouvoir ses propres produits, Meta, propriétaire de WhatsApp, a donc décidé, le 15 octobre 2025, d’en modifier les conditions d’utilisation et d’empêcher les entreprises tierces d’y installer leur propre chatbot. En pratique, cela signifie que les utilisateurs ne peuvent faire appel qu’au seul assistant d’IA de Meta (Meta AI). Pour Teresa Ribera, commissaire à la concurrence, cette décision revient à « tirer illégalement parti » d’une position dominante pour se donner un « avantage déloyal ».
Dans une optique libérale, l’important n’est pas de savoir si une entreprise abuse de sa position dominante ou non, mais si elle a acquis cette position grâce au jeu du marché libre ou à des avantages indûment octroyés par l’État. En l’occurrence, le succès de Meta, dont la capitalisation boursière s’élève à 1,41 billions d’euros, ne résulte ni d’un monopole octroyé par l’État, ni de barrières réglementaires artificielles : il s’explique par le choix de milliards d’utilisateurs dans un marché numérique hautement concurrentiel. En interdisant à Meta de ne proposer que son propre outil sur une application dont elle est pourtant propriétaire, la Commission fausse la concurrence et traite WhatsApp comme une infrastructure quasi publique, alors qu’il s’agit d’une entreprise comme une autre.
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