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mardi 14 juillet 2026

Création de la « Direction de l’intelligence artificielle et du numérique », ou l’art français de bureaucratiser l’innovation

Temps de lecture : 2 minutes

À Bercy, on ne supprime jamais vraiment les structures, on les fait grossir ou on les multiplie. La dernière illustration en date porte un nom que l’on a l’impression d’avoir déjà vu des dizaines de fois : la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN). Cette nouvelle direction a pour mission de piloter la stratégie IA des ministères économiques et financiers.

Dans un communiqué, le ministère de l’Économie se félicite que « Bercy devienne le premier ministère à se doter d’une direction intégrant explicitement l’intelligence artificielle dans son périmètre et son intitulé ». Mais avions-nous réellement besoin de cette nouvelle direction pour intégrer l’intelligence artificielle au sein du ministère ? Rien n’est moins sûr.

Dans un pays qui ne manque déjà pas de structures publiques, la démarche a quelque chose de familier. À partir du moment où une nouvelle technologie apparaît, la réponse institutionnelle ne consiste presque jamais à simplifier l’existant ; elle passe par la création, ou le renforcement, d’un nouvel organe. La DIAN vient ainsi s’ajouter à un paysage déjà particulièrement dense de directions, d’agences, de services, de « machins administratifs ».

Le communiqué précise également que « cette stratégie reposera sur un effort massif de formation et d’accompagnement des agents, afin que chacun puisse tirer pleinement parti des nouvelles possibilités offertes par l’intelligence artificielle ». Une ambition qui est certes louable. Mais à quel prix ?

Le ministre chargé de l’Action publique et des Comptes publics, David Amiel, justifie la création de cette direction en expliquant que « l’intelligence artificielle doit permettre à l’administration de gagner en efficacité et en réactivité». L’argument n’est pas dénué de sens. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas envisager, comme le font plusieurs pays, une réduction du nombre de fonctionnaires rendue possible par les gains de productivité attendus ? Au regard de l’évolution du nombre de fonctionnaires en France, la question mérite d’être posée.

L’IA est censée alléger les tâches administratives et rationaliser l’action publique. Pourtant, pour l’instant, son déploiement semble surtout s’accompagner d’une nouvelle couche administrative chargée de l’organiser. Une forme de logique circulaire dont les grandes organisations publiques françaises semblent avoir du mal à se défaire.

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3 réponses

  1. Certes, mais toutefois il ne s’agit pas d’une direction créée de zéro mais d’un changement de nom d’une entité qui existait déjà : le « service du numérique » de Bercy. Celui-ci élargit ses fonctions à la mise en œuvre de l’IA au sein de Bercy. On rajoute quelques dizaines d’agents.
    Espérons qu’il y aura des gains de productivité, avec des IA « efficaces ».

  2. Bercy est peut-être le seul ministère efficace, il a déjà réduit ses personnels et compte maintenant utiliser à fond l’IA pour remplir sa mission. On peut dire que la seule performance remarquable de l’État français est la façon dont il taxe et rackette les citoyens. Dommage que la performance pour l’utilisation des taxes soit à l’autre bout de l’échelle du mérite.

  3. Dans ce pays les seules choses qu’ils savent faire c’est des taxes et des impôts répressifs, des agences en veut tu, en voilà, inutiles et inefficaces, des normes que même eux ne comprennent pas. Cela montre bien à quel point ils se fichent de la situation ! Surtout on ne change rien. (De toute manière ils ne savent pas faire). Cette agence est sensée permettre de gagner en efficacité et en réactivité…… Permettez-moi de rire ! Si ils étaient efficaces en quoi que ce soit ça se saurait, on en serait pas là. Enfin bref on en peut plus ! Stop.

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