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dimanche 8 février 2026

Il ne faut pas compter sur Bercy pour réduire le nombre de fonctionnaires

Temps de lecture : 2 minutes

Le suspense est insoutenable : mardi 15 juillet 2025, François Bayrou va dévoiler son plan d’économies de 40 milliards d’euros (Md€) pour 2026. Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, a répété sur RTL vendredi 4 juillet, que tous les ministères seront concernés par ces économies. Non pas de manière aveugle (le fameux « rabot »), mais de manière ciblée en faisant des choix en faveur de certaines politiques publiques.

En la matière, il s’avère surtout que les ministères arguent, les uns après les autres, que les économies doivent être réalisées par les autres. Nous avons ainsi vu Rachida Dati expliquer qu’elle discuterait « pied à pied » avec sa collègue chargée des Comptes publics, car il ne s’agirait pas d’oublier que la « culture est un socle important dans une société en crise et dont la cohésion est mise à mal ».

Voilà maintenant le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique qui explique, par la voix de son secrétaire général, qu’il a atteint ses limites en matière de réduction d’effectifs. Le levier serait « largement épuisé » puisque, depuis 2018, près de 10% des emplois ont été supprimés (12 700), et même 16% depuis 2013 (25 000).

Bref, Bercy a déjà fait largement sa part – il est même précisé dans la note transmise par le secrétariat général au ministre Éric Lombard que « l’effort réalisé par le ministère est commensurable à la totalité des créations d’emplois de l’ensemble de la fonction publique d’État sur la période – et il ne faut plus compter sur lui pour réduire massivement les effectifs. Certes, des ajustements continueront à se faire – 575 postes seront d’ailleurs supprimés cette année –, mais le ministère a besoin d’investir lourdement dans des systèmes d’information plus performants et dans l’intelligence artificielle (IA).

Pourtant, l’IREF avait estimé il y a quelques années, que le ministère avait entre 50 000 et 70 000 fonctionnaires en trop. S’il en a vraiment supprimé 25 000 comme il l’affirme, cela veut dire qu’il n’est, au mieux, qu’à la moitié du chemin.

En tout cas, les syndicats sont rassurés (ce qui ne peut que nous inquiéter) : FO Finances se félicite qu’aucune suppression de mission, ni réorganisation d’ampleur soient à l’ordre du jour. Nous avions pourtant cru comprendre que la méthode Bayrou consistait à établir les priorités de l’action publique – et donc à supprimer des missions, sinon comment ? – et à trouver de nouvelles méthodes d’organisation – c’est-à-dire à réorganiser !

Nous croyions aussi naïvement que l’IA permettait de supprimer des emplois publics. C’est vrai partout dans le monde, sauf en France.

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