On l’a vu dans d’autres pays : le développement de l’IA générative est une opportunité pour réduire le nombre de fonctionnaires et rationaliser ainsi l’action de l’Etat. Au Royaume-Uni, le gouvernement a déjà intégré l’IA pour améliorer les services publics du quotidien, comme les transports et la sécurité, grâce à un investissement d’un million de dollars de Meta. Il va aussi collaborer avec l’entreprise Anthropic pour optimiser la recherche d’emploi. A Hong Kong, le gouvernement a annoncé la suppression de 10 000 emplois publics avant 2027. Au Canada, le gouvernement espère supprimer 40 000 postes de fonctionnaires d’ici 2029 (sur 368 000, soit 10 % des effectifs), pour une économie équivalente à 15 milliards d’euros.
Et en France ? Dans la fonction publique territoriale par exemple, l’Institut national des études territoriales (INET) estime qu’au moins 25 % des tâches exercées par les agents pourraient être réalisées, en totalité ou en partie, par l’IA. Le gouvernement préfère pourtant tergiverser, pour des questions de « souveraineté numérique » (tout en éludant les causes de la dominance américaine). Le 5 avril, dans une interview pour La Tribune du Dimanche, David Amiel, ministre de l’action et des comptes publics, a débité les billevesées habituelles : « Nous voulons une IA choisie, et non une IA subie. Une IA qui fait gagner du temps (…). Pas une IA qui déshumanise ». Pour lui, la révolution consiste à lancer une « négociation sociale consacrée à l’IA » au sein de la fonction publique, qui devrait déboucher sur un accord entre les organisations syndicales et les représentants des employeurs. Ce « dialogue social » intégrera les usages prioritaires de l’IA, l’éthique, la formation ou encore l’accompagnement. « La France sera pionnière » en la matière, se félicite M. Amiel.
À l’étranger, l’IA est déjà utilisée comme un levier d’efficacité budgétaire et de transformation structurelle de l’action publique. En France, elle devient un objet de dialogue, de précaution et de discours pompeux. À force de vouloir une « IA choisie », on finit surtout par ne rien choisir du tout. Le gouvernement refuse d’affronter l’évidence : l’IA générative est une technologie qui doit aussi permettre de réduire la bureaucratie et la dépense publique.
Articles connexes:
Jimmy Lai contre la dictature chinoise
1,4 milliard d’euros dépensés chaque année pour les…
Loi de sécurité nationale de Hong Kong : un levier…
Google défend ceux qui se battent pour la démocratie…
Le Canada va supprimer 40 000 postes de…
A Hong Kong, le variant Omicron fait des ravages…
WhatsApp : la Commission européenne fausse la concurrence
Mea-culpa de Mark Zuckerberg : Meta a bien censuré…
15 réponses
Globalement le pays est frileux, pusillanime, timoré et souvent lâche alors n attendons rien de nos franchouillards qui méritent un bon coup de pied auxfesses!!!!
Tous ces usuriers Républicains ne vont pas se couper l’herbe bien verte sous leurs pieds. Regardez leurs figures ils ont tous et toutes la tête de l’emploi celle se se foutre de la population. Pourvu que l’argent tombe dans leurs poches.
Comme d’habitude l’administration cumule sans jamais rationaliser : la sécu a transféré la gestion administrative des ordonnances aux pharmaciens, le fisc a transféré la gestion aux entreprises, aux banques, aux caisses de retraites, les mairies et l’État font appel à des sous-traitants, mais le nombre des fonctionnaires augmente… quelle gabegie électoraliste !
entièrement d’accord avec vous. Si elle fut cause d’une réelle déshumanisation administrative de notre pays, l’informatisation de l’état n’a jamais aboutit à une réduction du nombre de fonctionnaires bien au contraire car elle leur a permis d’augmenter les contrôles, statistiques etc etc voire de travailler moins !
Il en sera de même avec l’I.A.
Combien de tâches ne pourraient-elles pas être confiées à des entreprises privées ?
En france non seulement l’IA ne va pas permettre de diminuer le nombre fonctionnaire mais il y aura probablement une augmentation du nombre pour « gérer l’IA »…
comment peut on nommer ministre de tel personnage ????
Encore un énarcosocialo ! Il a l’esprit monté à l’envers comme tous les politiques actuels ! Ainsi, Ils augmentent le nombre de fonctionnaires au lieu de faire l’inverse avec l’I.A. ?? Le summum de l’intelligence ??!
Pauvre France !
Laissez le faire. Plus vite la France sera acculée au désastre sociétal et économique, plus tôt arrivera la révolution salvatrice. Un tel constat est désolant, mais on ne voit aucun coup de volant de la part du gouvernement pour éviter le mur vers lequel on fonce. Donc, que faire, sinon attendre la catastrophe ?
Décidément aucun de ces bras casses ne fera quoique ce soit dans l’intérêt du pays et des français qui sont de bonnes vaches à lait qui leur remplissent les poches pendant qu’ils vident celle de Nicolas… Après quand on voit les élections… qui a voté deux fois pour le pire président de la 5è république ? Et qui fait des alliances iniques pour garder la bonne soupe après avoir juré ses grands Dieux que non jamais…..
L’IA est seulement générative, rien à craindre de ce côté. Le problème est la crainte de perdre du poids électoral qui est le garant de la rente de ceux qui, au sommet, se gavent comme ce ministre.
L’attitude du ministre nous invite spontanément à nous interroger pour savoir de quel côté se trouve réellement le caractère artificiel de l’intelligence .
Il n’y a pas lieu d’être surpris. On l’a vu avec le prélèvement à la source, le boulot est automatisé, comme énormément de démarches, il n’y a plus à gérer les déclarations papier par exemple. Les effectifs ont réduit ? Ben non.
Comme l’avait montré Sarah Knafo sur l’agriculture, alors que le nombre d’agriculteurs a été divisé par 2 en 20 ans, les effectifs du ministère de l’agriculture ont été multipliés par 4 (je ne sais plus les chiffres exacts mais c’est l’idée). Mais ces fonctionnaires sont occupés voyons : ils pondent des normes et des règlements.
Plus exactement, tant que nous n’aurons pas à la tête de l’Etat quelqu’un capable de tenir tête aux syndicats, ou plus exactement tant que nous n’aurons pas à la tête de l’Etat quelqu’un qui dit stop au financement public des syndicats, qui en parallèle (plus question de dire « en même temps »…) revoit le recrutement et la formation des enseignants pour sortir nos jeunes du moule socialo-collectiviste et leur enseigne correctement l’économie, rien ne changera.
Il ne faut pas oublier aussi que les effectifs de la fonction publique doivent impérativement être maintenus, et même augmentés, pour pouvoir claironner sur un taux de chômage proche du plein emploi…
Bonjour.
Je me souviens dans les années 80 avec l’arrivée de l’informatique on devait pouvoir baisser le nombre de fonctionnaires pour faire des économies ; on peut voir aujourd’hui le résultat… L’arrivée de l’lA aura à mon avis le même effet.
Y’a tellement de piston et de copinage, que c’est très difficile de virer des fonctionnaires cooptés
Ce n’est sûrement pas un type comme Amiel qui va changer quoi que ce soit dans le bourbier de la fonction publique mais il n’est pas le seul : Macron avait promis de réduire le nombre de fonctionnaires et il en a embauché encore plus. Beaucoup de tâches peuvent pourtant être automatisées (cela se fait bien dans le privé) mais les politiques ne perdent jamais de vue que les fonctionnaires représentent le gros des troupes syndicales…