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vendredi 13 février 2026

Dépenses publiques : la tromperie de Sébastien Lecornu

Temps de lecture : 2 minutes

« Budget de l’État 2026 : des dépenses publiques en baisse », a publié Sébastien Lecornu sur le réseau social X. Le Premier ministre français s’est ainsi réjoui du projet de loi de finances pour 2026. Il évoque « 9 milliards d’euros d’économies », une « baisse de la dépense publique en proportion du PIB », un « effort inédit de tous les ministères et agences (hors Intérieur, Justice et Armées) », ainsi qu’une « réduction de 20 % des dépenses de communication des ministères et opérateurs », soit 300 millions d’euros. Ces chiffres pourraient donner l’impression que l’État semble enfin décidé à maîtriser ses finances publiques. Pourtant, une économie de 9 milliards d’euros reste très insuffisante au regard de la dette publique, qui atteint aujourd’hui 3 482,2 milliards d’euros.

En y regardant de plus près, il apparaît que Sébastien Lecornu ne présente pas la situation dans son ensemble et omet un élément central : la dépense publique continue d’augmenter en valeur nominale. Même si, hors crédits d’impôt, la progression des dépenses est moins rapide entre 2025 et 2026 qu’entre 2024 et 2025, elle demeure en réalité largement positive. Selon la lecture définitive du projet de loi de finances pour 2026, les dépenses publiques passeront  ainsi de 1 697 milliards d’euros en 2025 à 1 733 milliards d’euros en 2026, soit une augmentation de 36 milliards d’euros sur un an !

Dans le détail, les dépenses des administrations publiques centrales, hors crédits d’impôt, passent de 664 milliards d’euros en 2025 à 681 milliards d’euros en 2026 (+17 milliards). Celles des administrations publiques locales augmentent aussi, de 336 milliards d’euros en 2025 à 341 milliards d’euros en 2026 (+5 milliards). Celles des  administrations de sécurité sociale progresseront de 805 milliards d’euros en 2025 à 821 milliards d’euros en 2026 (+16 milliards).

Le taux de prélèvements obligatoires augmentera lui aussi, passant de 43,6 % en 2025 à 43,9 % en 2026. Cette évolution montre que, malgré les annonces d’économie, l’État demande toujours davantage de contributions aux Français pour financer ses dépenses.

Autrement dit, lorsque le Premier ministre parle d’une baisse des dépenses publiques, il se réfère uniquement à leur part dans le PIB. Il oublie (ou fait exprès d’oublier) de mentionner la hausse en valeur nominale, qui signifie clairement qu’en euros, la France continuera à dépenser davantage cette année.

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10 réponses

  1. Les solutions de facilité, le manque de volonté, la dissimulation et l’impuissance des dirigeants s’appliquent dans tous les domaines où sévit l’État, financier, économique, régalien et social, constat amer mais indiscutable. La question qu’on peut se poser est : est-ce un reflet de la société française actuelle qui se développe au travers des élections, ou est-ce une sorte de cancer insidieux qui envahit une caste dirigeante insuffisamment contrôlée ?

  2. Le premier des ministres, ami du Président dît on, sait bien qu’en valeur nominale et en euros, la France continuera à dépenser davantage cette année puisqu’il maintient et augmente les impôts et taxes pour financer la gabegie.
    Il n’en a cure tout bêtement et il pense sans doute que l’absence d’une politique gouvernementale à moyen terme clairement définie (à différents points de vue) est la Voie lactée ou presque.
    Quelle que soit la suite des évènements, un maroquin brodé l’attend d’ores et déjà dans le bureau chauffé d’un immeuble situé dans un beau quartier réservé aux membres de la Nomenklatura.
    Chez ces gens là, Monsieur, on ne se soucie pas, on n’a même pas peur puisque l’on n’assume pas les conséquences de ses actions et que l’on est très bien protégé.
    Ce qui est plus étonnant, c’est que la dette française continue à trouver autant d’acheteurs étrangers sur les marchés alors que de nombreux pays émergents offrent des perspectives économiques plus intéressantes.
    Ceci étant, quand on découvre au travers des publications concernant l’affaire du financier Jeffrey le degré de corruption,de vice et d’incompétence de certains rois du monde et autres milliardaires, il n’y a peut-être pas lieu de s’étonner ni de s’offusquer de grand chose.
    Money make thé World go round….

  3. Mais quand cessera-t-on de mentir? Il aurait été honnête de dire que le budget 2026 traduit une diminution de la progression des dépenses plutôt que de comparer à un PIB projeté qui n’est jamais atteint.
    Quand on pense qu’une exonération de charges qui n’est rien d’autre qu’un ressource qui ne rentre pas est considérée comme une dépense c’est qu’on a pas compris ce qu’est une dépense . Quant au déficit , vous savez bien entendu que lorsque l’on dit 5% , on ne parle pas de taux d’insuffisance des recettes par rapport aux dépenses ( ça c’est la technique budget dans une famille) , mais par rapport au PIB . Conclusion quand le PIB augmente , quand il y a croissance eh bien le déficit aussi en terme nominal .
    Avec ça essayez de faire un budget qui ne mette pas en colère .

  4. 9 milliards d’économie …??? C’est une plaisanterie. Il fallait impérativement réduire les dépenses publiques de 200 milliards. Le déficit budgétaire va représenter 5 voire 6% du P.I.B…! Je rappelle les autres chiffres : 3400 milliards de dettes + 5000 milliards d’engagement hors bilan (dont personne ne parle). Or, les français sont « caution solidaire » de ces 5000 milliards en plus du remboursement des 3400 milliards de dettes !
    Mais notre premier ministre est content ??? J’aurais honte ! Pauvre France.

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