Journal d'actualité libéral
|
jeudi 15 janvier 2026

Ynsect, l’entreprise grassement subventionnée qui voulait faire manger des insectes aux animaux et aux humains, est en faillite

Temps de lecture : 2 minutes

La société Ynsect, spécialisée dans la production de compléments alimentaires et d’aliments pour animaux à base de larves de scarabées, est en liquidation judiciaire, après des mois de redressement. L’entreprise qui avait également comme volonté de nourrir les humains en réinventant « la chaine alimentaire », n’a pas réinventé le fonctionnement de l’offre et de la demande.

Ces dernières années, l’entreprise avait levé près de 600 millions d’euros, en partie auprès de Bpifrance, la banque publique d’investissement française qui était, via son fonds Ecotechnologies, au capital d’Ynsect. L’entreprise a bénéficié de nombreux soutiens politiques et donc, de subventions. Selon Corentin Biteau, président de l’Observatoire national de l’élevage d’insectes (ONEI), « une bonne moitié » des 600 millions d’euros levés proviennent de l’argent public, soit au moins 300 millions d’euros. Il estime que tout le monde y croyait : « Ce projet avait convaincu au plus haut niveau, confirment, dans un communiqué commun, Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France et un aréopage d’élus locaux. L’Etat, les experts de Bpifrance, les collectivités territoriales, et des investisseurs privés (…). Ce consensus large témoignait d’une confiance partagée dans le potentiel du projet. »

C’est bien le problème. Ceux qui y croyaient étaient en majorité des responsables politiques. Le marché, lui, en a décidé autrement. Qui plus est, l’Union européenne, en plus d’avoir elle aussi subventionné (via la Commission européenne) le projet à hauteur de 20 millions d’euros en 2019, avait assoupli la réglementation en autorisant notamment « l’usage de protéines issues d’insectes transformées dans l’alimentation animale, puis humaine, en 2021 ». Le but de la manœuvre était teinté d’écologisme : les protéines issues des insectes pouvaient substituer les autres protéines animales, « émettrices de CO2 » … Mais malgré les subventions, des collectivités locales, de l’Etat et de l’UE, Ynsect enregistrait une perte nette de 80 millions d’euros en 2023.

Cet exemple démontre que lorsque les pouvoirs publics subventionnent une entreprise dans un but idéologique et sans rapport avec la demande au sein d’un marché, cela se termine par une faillite et un gâchis d’argent public.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


16 réponses

  1. Après les farines animales qui ont rendu les vaches folles, dans la chaîne alimentaire des intervenants je serais surpris qu’il n’y en ait pas quelques-uns qui se soient bien engraissés.
    Puis-je leur proposer de se reconvertir dans l’élevage des limaces et autres lombrics ?

  2. Et pendant ce temps, disons même « en même temps » la cour des comptes stigmatisait l’élevage bovin générateur de CO2, de méthane et de vilaines protéines animales…. Tous ces c… volaient bien escadrille, alimentés par nos impôts, cela va sans dire.

  3. tous les investissements de l’état via BPI ou autres ;se terminent par d’énormes pertes d’argent pourquoi?
    l’état ne sait pas suivre ses investissements et les contrôler ou les diriger (il manque un maillon a la chaine )

    1. Il manque surtout, à l’évidence, une assemblée générale des actionnaires (c’est-à-dire nous, les citoyens) qui sanctionne cette gestion désastreuse de leur capital.

      Mais, suis-je bête… Cette assemblée existe : ça s’appelle les élections !

      Or, aux dernières élections, la même politique a d’abord été reconduite (aux présidentielles et législatives de 2022) puis aggravée (aux législatives anticipées de 2024 qui ont vu progresser de façon spectaculaire la part de la gauche dans la représentation nationale, du PC à l’aile gauche des Républicains ; oui, tout ça, c’est la gauche, qu’on ne me fasse pas rire avec le prétendu « la France se droitise » !).

      Ainsi qu’Orwell nous l’enseignait, le peuple est complice lorsqu’il reconduit dans leurs fonctions des dirigeants qui l’ont déjà bafoué par le passé…

      1. oui mais de nombreux administrés ne sont pas informés ou informés a l’envers par les médias qui sont a 90% des vendus a la botte du système qui les rénumère. comment faire pour que la population soit informée correctement
        il faudrait créer un media informatif indépendant a 100% (de dépendant de personne) juste des cotisations minimales et fonctionnant en mode associatif
        d’intérêt public
        sa mission informer de manière impartiale
        alerter (ameuter)pour soutenir et demander des comptes dans les décisions de justice iniques (exemple) imposer des changement (ex: diviser par deux le nombre des députés /sénateurs /tous ces systèmes absurde qui coute très cher pour un résultat toujours a l’envers ex; le conseil constitutionnel etc etc

  4. En matière d’industrie, notre administration et nos politiques adorent les usines qui n’existent pas. En témoignent les aides apportées à des chimères comme Ynsect. C’est aussi le cas pour les projets « hydrogène vert », « giga factories de batteries » abreuvés de subventions au-delà du raisonnable et avec une quasi-certitude du plantage.
    Le point commun est l’alibi climatique et la prétendue lutte contre les émissions de céhodeux.
    A l’inverse, administration et politiques haïssent littéralement les usines qui existent, produisent et contribuent à la richesse de notre pays. En témoigne le suicide industriel de notre pays actuellement accéléré par toutes sortes de réglementations et de taxes toutes plus incapacitantes les unes que les autres et qui contraignent à la fermeture à plus ou moins court terme de toute unité de production industrielle.
    Côté agriculture, on va de conférence en conférence, le dernier avatar étant l’absurde conférence de « souveraineté alimentaire » qui va acter la disparition de toute agriculture qui produit sur le territoire, malgré les incantations imbéciles de l’incompétente ministre actuellement en fonction.
    Le point commun est, là encore, l’alibi climatique et la prétendue lutte contre le diabolique céhodeux.
    Réveillons-nous enfin et sortons de ce cauchemar !

  5. Et encore une fois, qui a payé pour cette ignominie sous l’égide de l’U.E. eh bien, c’est nous. L’Etat a subventionné cette monstruosité avec l’argent du peuple de France. Et qui a perdu tout cet argent, les travailleurs bien sûr. Quelle honte, alors que la France est en faillite et que des millions de Français vivent dans la misère.

    ALLEZ VOIR SUR LE SITE DE PUBLIC SENAT :
    publicsenat.fr/actualites/economie/plus-de-9-millions-de-personnes-pauvres-en-france.
    Plus de 9 millions de personnes pauvres en France : « Emmanuel Macron n’a rien fait pour arranger les choses », regrettent les sénateurs
    Selon la dernière enquête de l’INSEE, 14,4% de la population en France métropolitaine vivait en situation de pauvreté en 2022. Les politiques menées depuis 2017 n’ont pas permis de lutter contre cette précarité, constatent les sénateurs.

    Voilà la France telle qu’elle est aujourd’hui, elle est presque tiermondisée à cause de nos politiques hors sol.

  6. Eh bien c’est vraiment dommage !
    Il est bien difficile de faire changer les comportements, les sacro-saintes habitudes dans lesquelles nous restons ancrés, dans l’ignorance totale des principres de la vie, selon lesquels ce qui ne s’adapte pas disparaît.
    « Les lois non écrites et inébranlables des dieux »…
    Nous sommes omnivores, et vivants car nos ancêtres se sont nourris avec ce qu’ils trouvaient dans la nature, certaines peuplades le font encore. Je suis d’accord avec cette analyse. Le monde politique, totalement coupé de la réalité, perd son temps et notre argent. Mon chien est nourri avec ces aliments depuis deux ans, c’est un total succès. Echec bien attristant…

    1. Oui, vous nourrissez votre chien avec, c’est bien. Et vous mangez la même chose ? Mais contrairement aux politiques déconnectés de la France réelle (et pas celle qu’ils fantasment), l’insecte n’est absolument pas dans nos mÅ“urs alimentaires de près ou de loin, que ce soit en France ou dans toute l’Europe. On mange bien des escargots en France, chose qui paraît absolument immonde chez nos voisins géographiques. Les différences culturelles, ça vous parle ?

      Ce n’est pas parce que quelque chose est tendance ou à la mode que c’est forcément bien.

      Allez, de quoi vous redonner l’appétit (ou pas) : https://www.youtube.com/shorts/oAeMraTMJcY

  7. Les Américains disent qu’aucun dirigeant d’entreprise ne s’est jamais ruiné lui même parce qu’il conduisait une entreprise à la faillite. Je serais curieux de savoir de combien les dirigeants d’Ynsect se sont enrichis dans cette débácle financée par l’argent du contribuable.

  8. Encore une géniale idée des écolos, cette engeance est une plaie pour l’humanité. Quant aux politiques ils nous considèrent comme des esclaves à qui on peut tout imposer!

  9. – Les politiques qui investissent avec l’argent des autres sont une cible facile et courante pour les beaux parleurs et ils choisissent de préférence les investissements que ces prédateurs leur désignent.
    – Ces politiques ne sont jamais sanctionnés. Mais sont-ils responsables ?
    – Ce sont plutôt les beaux parleurs qui sont réellement à l’origine des mauvais investissements, et ce sont eux qui devraient être sanctionnés et neutralisés. On les appelle souvent des « conseillers ». Ou encore des « lobbies ». Ils hantent les couloirs du pouvoir et sont confortablement installés, à l’abri de tous les coups durs. Les journalistes qui font bien leur travail devraient les signaler…

  10. Le socialisme est toujours un échec… comment nos zélites ne l’ont-elles pas encore compris ? Faut-il donc le chanter sur tous les tons de la gamme ? Il est absolument scandaleux que des centaines de millions aient été engloutis dans ces fumisteries. Les délires de la « société du contrôle » et du « new normal » de Davos sont des délires collectivistes. Plus que jamais le combat culturel et intellectuel libéral est d’actualité. Heureusement que des sites comme le vôtre existent, car l’état d’extinction intellectuelle de la grande presse supposément libérale en France est alarmant ! Il nous faut des Bastiat, des Friedman, des Milei, qui vont au devant du grand public pour défendre et expliquer nos idées ! Sans quoi nous serons engloutis dans les sables du collectivisme (voire de la charia).

  11. Je travaille dans le domaine de la nutrition animale et dès le début, j’ai vu que ce n’était que du vent.
    Pourquoi utiliser des coproduits industriels (son, drêches…), déjà valorisés directement par l’élevage « classique », pour élever des insectes pour ensuite, les transformer…pour les donner aux animaux : en clair, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?
    Par contre quel n’a pas été mon étonnement de voir des amis dans la finance, trouver l’idée géniale d’un point de vue écologique (!). Malgré mes explications sur la très probable impasse à venir, ils sont restés sur leurs positions, me regardant comme un has been, incapable de saisir les évolutions du futur.
    Un tel aveuglement de ces « élites » est symptomatique de notre société, où l’expertise est secondaire.

    Dans le même genre, un additif pour limiter la production du méthane entérique des vaches (Bovaer) est en train de faire un gros flop, malgré une forte pression des pouvoirs publics et autres ONG environnementales sur les entreprises. Le souci dans ce cas, c’est que cet additif n’apporte strictement rien d’un point de vue technique, c’est avant tout un futur droit à produire du lait ou de la viande.

    https://www.bbc.com/news/articles/cvgvkppx4kko

  12. Il me semble que le même genre de gabegie plus ou moins écolo a été conduite depuis des années dans le domaine de culture des algues qui devait fournir quantité de protéines bon marché. En avant les fermenteurs gigantesques, etc. J’ai souvenir de tels programmes au CEA de Cadarache voici bien des années qui, à ma connaissance n’ont jamais abouti à rien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.