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mercredi 11 mars 2026

Il faut supprimer la banque publique Bpifrance

Temps de lecture : 2 minutes

La seule solution aux multiples maux qui accablent les Français – déficit budgétaire, dégradation des services publics, dette publique, financement des retraites, chômage, etc. – c’est « plus de libéralisme, moins d’État pour mieux d’État » a déclaré l’entrepreneur Éric Larchevêque dans l’émission Tic Tech, produite par Maddyness et Boursorama.

Au journaliste qui lui demandait où il fallait couper, Larchevêque a répondu sans hésiter : « On commence par virer la Bpi [ndlr : Banque publique d’investissement] ». Il a ajouté : « On doit revenir à un modèle où c’est le marché qui décide. […] Je pense que Bpi a aidé des entreprises qui n’auraient jamais dû être aidées ».

Éric Larchevêque a bien sûr raison. Comment ne pas penser à la startup Ÿnsect qui a reçu au moins 300 millions d’euros (M€) d’argent public et qui a été placée en liquidation judiciaire il y a un mois ? Dans un autre registre, comment ne pas évoquer Arc International, sous perfusion d’argent public depuis des dizaines d’années ?

On nous rétorquera que toutes les entreprises financées par Bpifrance ne finissent pas au tribunal de commerce. C’est vrai. Néanmoins, il est permis de s’interroger sur l’utilité des fonds apportés par l’organisme public qui ne représentent que 10% du montant total des levées de fonds réalisées par les entreprises de la « French tech » en 2025 (750 M€ tout de même). Autrement dit, la banque publique n’intervient que marginalement pour aider à boucler un tour de table – qui aurait peut-être mérité de ne pas l’être. Si les financements privés sont insuffisants, c’est sans doute que les investisseurs ne sont pas assez nombreux à croire au projet qui leur est présenté.

Bpifrance prétend « compenser les défaillances de marché et soutenir des projets jugés stratégiques ou insuffisamment financés par le secteur privé », selon le média en ligne Maddyness. Qui sont donc les quelque 3 500 collaborateurs de la banque publique qui savent mieux que le marché – c’est-à-dire, au bas mot, plusieurs centaines de milliers d’investisseurs privés – ce qui devrait être financé et ce qui ne le devrait pas ? Des surhommes ou simplement des hommes qui, ne jouant pas avec leurs propres deniers, ont plus de risque de se tromper que les investisseurs privés ?

Dans son dernier rapport d’activité, Bpifrance se targue d’avoir « injecté 63 milliards d’euros dans le financement de l’économie française » qui n’est pourtant pas celle qui se porte le mieux au monde. Et qui n’est pas non plus celle qui compte proportionnellement le plus de licornes.

Les entrepreneurs français n’ont pas besoin de Bpifrance. Ils ont besoin que l’État les laisse faire, sans être entravés par les normes et les impôts.

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9 réponses

  1. Il faut surtout virer Macron et sa bande de malfaisants sortant de toutes ces grandes écoles administratives et imposer une responsabilité de leurs actes et conséquences aux politiques et aux services public. Cela règlera tous les problèmes.
    Regardez toutes les listes pour les prochaines municipales ce n’est que du social, des dépenses et des hausses de rémunérations et d’avantages du public qui sont déjà bien au-delà de ceux du privé, qui vont se traduire une fois de plus par une augmentation voir de nouvelles taxes. C’est pour cela qu’il faut aller voter ? Il serait temps de nettoyer devant sa porte avant de chercher la responsabilité chez les autres.

  2. En tant que gérant d’une TPE des Arts Graphiques j’ai contacté (en fait, essayer de contacter la délégation régionale Normandie) Je n’ai jamais eu de retour (même pas un mail d’accusé de réception) alors que le portail affiche une pléiade de délégués sensé être à votre écoute…
    Ils doivent être très très sur-bookés !!!

  3. ça c’est du libéralisme pur et dur !
    On peut aussi considérer qu’à l’heure où tout le monde devient frileux, banques et investisseurs… la BPI peut être un amorçage efficace qui rassure.
    Maintenant, je suis d’accord avec vous et peut-être faudrait’il mettre dans le board de la BPI des chefs d’entreprises qui savent analyser les projets / marché ?

    Concernant le cas Ynsect, il laisse en effet interrogatif sur un tel acharnement d’apports de fonds. Mais quelle est la solution ? perdre son investissement conséquent ou continuer en espérant que le projet sera bon ?
    Concernant le cas ARC, faut’il laisser sur le tapis 4.000 salariés qui seront des chomeurs et qu’il faudra aider ? avec toutes les conséquences chez les sous-traitants, les fournisseurs ? avec toutes les conséquences pour la ville ?
    Vaste sujet

  4. Dans un monde idéal où les concurrents étrangers ne reçoivent pas d’aides de leur État (ex Chine), on peut imaginer que le marché seul décide et sélectionne les gagnants. Dans le monde réel je pense que la BPI est nécessaire et qu’elle a des résultats positifs pour notre économie. Pour cela il faut qu’elle soit indépendante et pas soumise aux (hommes) politiques.

  5. Concernant l analyse sur BPI je suis tout a fait d accord c est facile de jouer avec des fonds publics et les joueurs ne risquent rien meme pas un licenciement pour incompétence

  6. 0h quel commentaire intelligent . Bravo monsieur Larchevêque , j’aurais aimé vous avoir en tour de table lorsque je participais , il n’y a pas si longtemps , aux opérations de restructuration de dettes à Bercy ,trop souvent . Au prétexte de l’appui ( c’est ainsi que l’opération était qualifiée) de la BPI les Banques étaient aimablement invitées à soutenir l’affaire et il fallait bien souvent entendre cette invitation comme un ordre.
    Comme vous le suggérez si bien , que l’Etat en reste au régalien et laisse aux entrepreneurs le soin de gérer , ce pour quoi nos fonctionnaires sont totalement incompétents. D’ailleurs Milton Friedman n’en n’a-t-il pas fait un rmarquable ouvrage  » Capitalisme et Liberté » dont je vous recommande la lecture et pour quelques uns la relecture savoureuse.

  7. Vingt ans en arrière, j ai participé au sauvetage d une entreprise. Nous avions sollicité BPI qui ne nous a pas suivi. Le dirigeant refusait des garanties personnelles. Nous avons sauvé l’entreprise , avec la totalité des effectifs et elle vit toujours

  8. L interventionnisme de l etat français est une catastrophe mais comme les gaulois demandent toujours plus de protections, c est pas prêt de s arrêter!!!!

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