Douglas Murray (né en 1979) est, bien sûr, qualifié de néo-conservateur, ce qui ne semble pas le déranger le moins du monde. Au contraire. Il est l’auteur d’un best-seller intitulé L’étrange suicide de l’Europe et il a également abordé des questions « délicates » – l’islam, l’immigration, etc .- dans d’autres textes. C’est un esprit brillant, toutes ses réflexions reposent sur une documentation approfondie et la démonstration est d’une logique implacable.
L’idée principale de Murray est la transformation de l’antiracisme en ce qu’il appelle « une arme de destruction massive ». Le point de départ est la « Critical Theory of Race » (la théorie critique de la race), qui est apparue dans les universités américaines et a atteint son apogée vers l’an 2000. Cette théorie a cherché à imposer (et, dans une large mesure, elle a réussi) deux thèses radicales : 1) Les États-Unis se caractérisent par un racisme systémique et 2) les Blancs sont fatalement et structurellement racistes. D’ailleurs, seuls les Blancs sont racistes, les Noirs, par exemple, ne peuvent l’être qu’en étant contaminés – sous certaines conditions et pour de courtes durées – par des Blancs.
Pas une seule preuve n’a été apportée, par les théoriciens du nouvel antiracisme, à ces affirmations. Cela n’a pas empêché Robin diAngelo, enseignante à la Westfiel State University, de publier en 2018 un livre intitulé White Fragility dans lequel elle soutenait non seulement que les Blancs sont racistes mais aussi que les Blancs qui refusent d’être considérés comme racistes se dévoilent eux-mêmes en tant que racistes. C’est une « logique » semblable, commente Murray, à celle qui jugeait les sorcières au Moyen Âge : elles étaient jetées à l’eau, si elles se noyaient, cela signifiait qu’elles étaient innocentes, si elles flottaient, on avait bien affaire à des sorcières et elles étaient brûlées sur le bûcher.
L’auteur donne beaucoup d’exemples, hallucinants, de dérapages et d’aberrations idéologiques, qui se multiplièrent après la mort de George Floyd. Ce triste événement a été érigé en symbole d’une Amérique raciste, à la merci du « privilège blanc ». Il a déclenché une véritable folie, des politiciens – menés par Nancy Pelosi – se sont agenouillés, le geste a été imité par des équipes de football, etc. Pourtant, rien ne prouve que le policier qui a commis ce crime ait agi par pulsion raciste, cet aspect n’a d’ailleurs pas été invoqué au procès.
De plus, Murray rappelle qu’il y a quelques années, un cas identique s’était produit, la victime étant un homme blanc, et l’écho de cet accident tout aussi tragique avait été pratiquement nul. Cette fois cependant, Floyd a servi de prétexte pour diaboliser l’Amérique et les Blancs. Toute une mythologie a été ravivée, certains ont commencé à affirmer que l’organisation Ku Klux Klan était redevenue active (ce qui est une ineptie), d’autres se sont soudain rappelé mille incidents au cours desquels des Noirs auraient été victimes de violences et de discriminations. Des excités- dont un acteur bien connu – ont même organisé de fausses attaques prétendument racistes pour mieux attirer l’attention du public. L’une des conséquences de cette agitation a été le lancement d’une opération de grande envergure (dans l’esprit maoïste le plus authentique) de rééducation des Blancs, destinée à éveiller leurs consciences et bien les convaincre de leur racisme. Elle visait aussi les enfants en bas âge car, comme le déclarait un théoricien, les enfants blancs de trois mois sont déjà des racistes en herbe (et les préjugés raciaux atteignent leur apogée à quatre et cinq ans). Des tombereaux de livres ont paru, dont un alphabet, afin de former de nouvelles générations de militants : le mot qui illustre la lettre I est « immigré », la lettre L est « LGBT », la lettre T – « trans » et ainsi de suite. L’écrivain Ibram X. Kendi a même publié même un ouvrage intitulé Antiracist Baby, lancé en grandes pompes.
Il semble évident, pour Douglas Murray, que la diabolisation des Blancs (que l’on pourrait qualifier de racisme anti-blanc) fait partie d’un phénomène plus vaste, à savoir la haine de l’Occident et de ses valeurs. Le nouvel antiracisme a réussi à réintroduire dans le discours public le concept de race, alors que la société occidentale, y compris la société américaine, était parvenue à un consensus : la couleur de la peau n’a pas d’importance. Les faits décrits par Douglas Murray, dont je n’ai cité qu’une toute petite partie, montrent très clairement les conséquences dramatiques du militantisme antiraciste dogmatique.
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Une réponse
Bonjour, à cela vous pouvez ajouter « l’ecologisme » radical, surtout celui basé sur la supercherie climatique : https://climatetverite.net/2022/10/17/retour-sur-le-film-dal-gore-une-verite-qui-derange/ Merci. Bien à vous