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vendredi 26 juin 2026

« Immigration » : Mythes et réalités, de Nicolas Pouvreau-Monti

Temps de lecture : 4 minutes

Nicolas Pouvreau-Monti est directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID). Intervenant au colloque de l’IREF du 2 avril 2025 sur le sujet de la réduction du coût de l’immigration, il sort un livre intitulé Immigration : mythes et réalités. Dans cet ouvrage, il tente de montrer l’impact de l’immigration sur l’emploi, les finances publiques, l’école, le logement, la santé et la sécurité. Aussi, il essaye de démontrer le changement de population que provoque cette immigration.

Ce livre est rempli de chiffres et de données intéressantes pour comprendre l’impact de la politique d’immigration à la française et son coût. Un exemple bien connu est celui de l’aide médicale d’Etat. En vingt ans, le nombre de bénéficiaires a triplé, passant de 155 000 en 2004 à 466 000 en 2024. Les immigrés touchent en moyenne plus de prestations sociales que les « natifs » (1 120 €/an pour une personne sans ascendance migratoire contre 3 130 € pour les immigrés africains). Cela n’empêche que les immigrés extra-européens sont plus pauvres en France (48 % vivent sous le seuil de pauvreté) que dans le reste de l’Europe (15 % au Portugal, 36 % en Allemagne). Aussi, si 11% des personnes sans ascendance migratoire vivent en logement social, cette part monte à 57 % pour les immigrés d’Afrique sahélienne, 49 % pour les immigrés d’Algérie et 52 % pour ceux d’Afrique guinéenne ou centrale. Cela se comprend quand on regarde le taux d’emploi : il est de 63 % pour la totalité des immigrés, et de 56 % pour ceux originaires de pays extra-européens. Dans les deux cas, ce sont parmi les plus faibles taux au sein de l’Union européenne.

Car l’immigration en France n’est pas une immigration de travail : la France est le pays d’Europe de l’Ouest où la part d’entrées des immigrés permanents pour motif familial est la plus importante (41 % contre 6% en Irlande et 15% en Allemagne). La part de chômeurs et d’inactifs est différente selon les nationalités : si elle est de 12 % pour les Français de naissance, elle est de 35 % pour l’Afrique hors-Maghreb, de 39 % pour les Algériens et de 43 % pour les Turcs. Détail intéressant en ce qui concerne l’immigration algérienne, le taux d’emploi des Algériens de première génération est de 58 % alors qu’il est de 47 % pour la deuxième génération d’origine algérienne.

Cette immigration provoque des maux dans notre société : selon Nicolas Pouvreau-Monti, les ressortissants étrangers sont surreprésentés pour les faits de délinquance, de 1,5 à 3 fois plus pour les faits de destruction et dégradation, escroquerie, homicides ou encore trafic de stupéfiants, et de 3,5 à 5 fois plus pour les faits de vols violents sans armes, de cambriolages de logement ou encore de vols dans les véhicules. Certaines nationalités sont plus concernées que d’autres : le nombre d’Algériens écroués en France a augmenté de 117 % entre 2014 et 2024, soit trois fois plus que pour la moyenne des étrangers écroués et neuf fois plus que pour les Français (dont les binationaux).

L’immigration change la France. De majorité européenne, elle est aujourd’hui largement composée d’extra-européens, en particulier venus d’Afrique noire, du Maghreb et du Moyen-Orient. L’indicateur de fécondité des femmes nées hors de l’UE est plus important en France (3,27) qu’en Espagne (1,6) ou en Allemagne (2,52).

Les informations et les chiffres contenus dans ce livre sont indispensables pour comprendre l’état de l’immigration en France. Toutefois, nous pouvons émettre deux critiques. Tout d’abord, il n’est pas fait mention de l’apport (et de la nécessité) de l’immigration dans certains secteurs économiques comme l’agriculture ou la médecine, ou encore de la bonne intégration de l’immigration européenne en France. Selon les chiffres de Marc Vanguard, le taux d’emploi des immigrés arrivés au cours de l’année précédente était de 49 % pour les Européens contre 25 % pour les Africains. Certains chiffres montrent une équivalence entre non-immigrés et immigrés européens, au niveau du taux de chômage (8 % contre 7 %) ou encore dans la part des prestations sociales dans le revenu (9 % pour les deux catégories).

Aussi, Nicolas Pouvreau-Monti explique-t-il que l’immigration fait pression à la baisse sur les salaires en citant une étude de chercheurs de l’OFCE-Sciences Po, dont la méthodologie nous semble douteuse, d’autant plus que d’autres études démontrent le contraire. Ce qui fait baisser le pouvoir d’achat des Français, ce n’est pas l’immigration de travail, mais le poids de l’Etat dans les cotisations et la fiscalité du travail.

Si ce livre montre bien une chose, c’est que l’Etat social français est une pompe aspirante pour l’immigration non choisie. Tandis que certains pays ont une immigration de travail, la France a une immigration subventionnée. Les problèmes sociaux engendrés par le chaos migratoire ne doivent pas être éludés et les libéraux doivent prendre à bras le corps cette problématique. Rappelons les mots de Milton Friedman, économiste et penseur libéral, qui expliquait que l’immigration libre était incompatible avec l’existence d’un Etat-providence. Nous pouvons également citer Friedrich Hayek qui, évoquant l’idée d’un revenu minimum, écrivait dans son ouvrage Droit, législation et liberté que « réserver aux citoyens d’un certain pays des dispositions leur assurant un niveau de vie plus élevé qu’au reste du monde, c’est en faire un privilège et cela implique certaines limitations au libre mouvement des hommes à travers les frontières » (p. 711). L’immigration en France doit être choisie, limitée et non subventionnée. Cela doit passer par de grandes réformes libérales et une remise en cause de l’Etat-providence.

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