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samedi 18 avril 2026

Quand le logement social sert de résidence secondaire

Temps de lecture : 2 minutes

La locataire d’un logement social a été expulsée pour défaut d’occupation des lieux. Dans les faits, elle l’utilisait comme une résidence secondaire. Ayant reçu le transfert du bail au décès de sa mère, elle avait admis être « moins présente » en raison de « séjours prolongés auprès de sa sœur âgée ». Dans son jugement, le tribunal judiciaire de Paris a rappelé que l’attribution d’un logement social ne peut servir de « résidence secondaire compte tenu de la nécessité d’assurer un logement principal à ceux qui en ont besoin ».

Cette affaire judiciaire montre, une fois de plus, que le logement social ne profite pas qu’aux plus pauvres. C’était déjà la conclusion d’une étude de l’Institut Sapiens en 2018. En l’espace de 20 ans, la part des plus démunis qui en bénéficie est passée de 24 % à 7,7 %, tandis que 64 % des ménages français y sont éligibles.
Contrepoints s’en est fait l’écho. Le principe même du logement social repose en effet sur le clientélisme politique : les décideurs ont un intérêt électoral à élargir les critères d’éligibilité pour permettre à de potentiels électeurs de profiter de logements non soumis à une concurrence libre.
Certains fonctionnaires bénéficient d’ailleurs d’un véritable passe-droit : l’État peut réserver 5 % des logements sociaux aux agents de la fonction publique d’État.

Après le logement social utilisé par des ministres et des députés, on apprend qu’il sert aussi de résidence secondaire.

On peut difficilement affirmer que l’objectif sous-jacent derrière l’idée de logement social, à savoir réduire le mal logement, ait été atteint : le nombre de SDF a doublé en dix ans. Bien que 40 % des logements sociaux construits au sein de l’UE se trouvent en France, la crise du logement persiste depuis des années (chute des permis de construire, inflation, raréfaction de l’offre…). Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), continue tout de même de croire qu’il aurait fallu en construire encore plus. Le marché du logement n’échappe toutefois pas aux lois qui régissent la sphère économique. En perturbant le marché, il réduit l’offre de logements privés et contribue à la pénurie.

Illustration de couverture ©Babsy via Wikimedia Commons

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5 réponses

  1. Le logement social:
    1 – Devrait être évacué par ceux dont les ressources ne le justifie plus.
    2 – Devrait être financé par la collectivité et non par ceux qui investissent dans les logements « normaux » qui les accompagnent. (Dans une construction neuve, 20-30% de logements sociaux doivent être construits à un prix ridicule, ce sont donc les autres logements, majorés pour compenser donc ceux qui les achètent, qui financent !).
    Ces gens haïssent l’immobilier, pourtant un des besoins primaires.

    Le pays est dans les mains d’imbéciles, je vous dis !

  2. Sans compter dans les zones touristiques et/ou tendues les sous locations , les HLM air B&B , sans compter les « ficelles » : un fonctionnaire obtient un logement pour ses enfants quand il est « sans ressource » avant qu’il ne travaille et hop le pied dans la porte ! Il y reste ensuite alors qu’il gagne très bien sa vie . Je serai curieuse de connaître la part de copinage dans les attributions , je pense qu’elle est énorme . Nos fonctionnaires n’ont rien à envier aux méthodes des nomenklaturistes de l’époque URSS .

  3. A Paris on observe nombre d’élus(ministres parlementaires) aisés qui occupent des logements sociaux.Hommes et femmes de tous les partis ont été impliqués dans des affaires de logements,ils ne risquent pas de s’affronter sur le sujet.La politique ,c’est comme l’andouillette,ça peut sentir la m…e,mais pas de trop.

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