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lundi 8 décembre 2025

Alcool : quand les taxes s’invitent dans nos verres

Temps de lecture : 2 minutes

Dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, un amendement adopté par l’Assemblée nationale le 7 novembre élargit une fois de plus le champ de la fameuse « fiscalité comportementale ». Ce nouvel amendement « propose d’étendre le champ de cette taxe aux prémix (boissons associant alcool et composants sucrés ou aromatisés) titrant jusqu’à 25 % vol., sans créer de régime distinct ». Jusqu’ici, seuls les prémix entre 1,2 % et 12 % vol. étaient surtaxés. En clair, cette mesure vise les nouveaux produits du marché comme les « Vody », ces cocktails à 18-22 % vol. combinant alcools forts et boissons énergisantes, particulièrement prisés par les jeunes. L’inventivité fiscale atteint ici son paroxysme.

L’objectif affiché est encore une fois paternaliste, sous couvert de santé publique. Certes, ces boissons ne sont pas bonnes pour la santé, mais quelqu’un a-t-il seulement envisagé que les consommateurs trouveraient des solutions alternatives, comme se concocter eux-mêmes leur mélange maison par exemple ? La taxe, censée dissuader, se révèlera rapidement inefficace, comme toujours. Mais visiblement, la majeure partie des députés français a du mal à le comprendre, coincée dans son schéma vicieux socialiste de « protection » qui sert surtout à taxer encore et toujours plus.

Et bien que dans le domaine de la bière nous ne nous en sortions pas trop mal, la filière de l’alcool dans son ensemble est sacrément touchée. A cela s’ajoute le dépôt, le 1er novembre, par Frédéric Valletoux (Horizons), Jean-François Rousset (Ensemble) et Karine Lebon (Gauche Démocrate et Républicaine), d’un amendement visant à supprimer le plafond de 1,75 % sur le relèvement annuel des taxes sur l’alcool, actuellement limité même en période de forte inflation, ouvrant potentiellement la voie à des hausses de taxes. Sur un marché d’environ 4 milliards d’euros de taxes, même 1 % supplémentaire représente des dizaines de millions d’euros de charges nouvelles, rognant les marges des producteurs. Si le but est réellement la santé publique, il est temps de se demander si la fiscalité coercitive est la solution ou simplement un outil pour fragiliser une industrie stratégique.

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4 réponses

  1. Tout état socialiste accroît ses prérogatives et confirme son autoritarisme en détruisant méthodiquement le secteur privé qui se réduit sensiblement d’année en année et en surtaxant le patrimoine et les revenus des employés dudit secteur qui, curieusement, ont peu d’accès aux grands médias à l’opposé des représentants des syndicats ou des fonctionnaires du secteur public.
    Rappelons que le taux de syndicalisation du secteur privé en France est ‘un des plus faibles d’Europe.
    Haro sur le baudet pour remplir le tonneau des Danaïdes. !!

  2. Il faudrait déjà donner l’exemple en faisant payer la buvette de l’Assemblée nationale, non pour combler le déficit de la sécurité sociale, mais pour éviter de faire voter des règles très souvent inadaptées pour ne pas dire ridicules !

  3. Pendant ce temps les consommateurs se chargent de coke, d’ecstasy, d’héroïne, de peroxyde d’azote etc…en toute tranquillité fiscale….

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