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lundi 23 mars 2026

Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, donne une leçon d’économie aux parlementaires

Temps de lecture : 2 minutes

Mercredi dernier 25 février, Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour, a été auditionné par la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution, en présence de Laurent Vallée, secrétaire général du groupe. L’intervention de M. Bompard a été pour lui l’occasion de dénoncer le manque de liberté dans les échanges économiques et d’illustrer la nécessité de politiques libérales en France. En voici un résumé.

Dans son propos liminaire, le PDG s’est dit heureux d’échanger avec les parlementaires, mais inquiet en même temps : on cherche trop souvent, selon lui, à diaboliser la grande distribution et à jeter l’opprobre sur ses « pratiques », ses « stratégies » ou ses « marges » au lieu de s’intéresser à son avenir, à ses atouts, à son rôle et à ses difficultés. Tout porte à croire qu’il s’agit d’une spécificité culturelle française : les marges des concurrents internationaux (Ahold, Costco, Walmart…) sont près de deux fois supérieures à celles de Carrefour sans que personne, dans ces pays, ne les remette en question ou oppose la grande distribution à l’agriculture ou aux industries.

Alexandre Bompard a ensuite rappelé que le commerce n’a jamais cessé de faire l’objet d’interventions législatives depuis 30 ou 40 ans. Pendant la pandémie du Covid, la distribution a par exemple été « sollicitée pour sécuriser l’approvisionnement des Français ». Il y a eu aussi des contrats protégeant la matière première agricole (en référence à la loi EGalim 1). Avec l’hyperinflation, on a demandé à la redistribution de se focaliser sur le client, comme si les entreprises, a-t-il ironisé, avaient besoin du législateur ou du politique pour prendre des initiatives comme les paniers anti inflation.

Malgré toutes ces concessions, la distribution est régulièrement accusée de réaliser des marges indues ou d’avoir un comportement mortifère. Pour le PDG de Carrefour, ce n’est « ni sérieux, ni responsable, ni respectueux de notre métier ». Il a poursuivi : « La tentation d’intervenir dans les prix et dans le libre jeu d’acteurs privés est beaucoup trop forte. Aucun autre pays, en dehors des régimes politiques que personne n’a envie de copier, ne connaît cette tentation permanente d’intervention. Or, le commerce est une activité qui ne peut s’épanouir que dans la liberté – liberté d’arbitrer entre les produits (en ajouter, en supprimer, en créer) ; liberté de négocier ; liberté de fixer les prix. Qui est l’arbitre final de tout ceci ? C’est le client. »

Une belle leçon d’économie pour nos parlementaires. La rapporteuse Antoinette Guhl n’avait-elle pas déclaré que l’enjeu de la commission était de s’assurer que le pouvoir d’achat était « respecté », que les agriculteurs étaient « rémunérés au juste prix » et qu’il y avait une « juste répartition des marges sur l’ensemble de la chaîne » ?

Alexandre Bompard a conclu sa présentation sur ces mots : « Laissez la liberté au secteur privé ; cessez de réglementer à la demande des uns ou des autres. Chez Carrefour, nous croyons que seule la contractualisation, et non la sur-réglementation, peut mettre un terme à la défiance que certains cherchent à installer en espérant en bénéficier ».

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13 réponses

  1. Apparemment, son collègue Michel-Edouard Leclerc trouve toute sorte de qualités à Mélenchon… ils vont devoir accorder leurs violons, dans la grande distribution ! … Et à part cela, ces grands groupes devraient s’investir un peu dans la presse et l’éducation populaire, afin de faire comprendre le capitalisme aux gens. A force de laisser les médias 100% marxistes, on finit par avoir des élus qui ne connaissent rien à l’économie.

  2. « Qui est l’arbitre final de tout ceci ? C’est le client. »
    Lequel client vote massivement avec les pieds pour la grand distribution à part dans les quartiers à bobos des grandes villes…. et encore.
    Je revois ces cases de « l’Arabe du futur » où le petit Riad Sattouf et sa maman de retour en Bretagne après des années passées en Syrie se retrouvent « au paradis » dans un super-marché…..

  3. Les producteurs agricoles reprochent constamment à la grande distribution de les étrangler avec des prix d’achat qui couvrent à peine les coûts de production et de se gaver de marges scandaleuses au vu des prix de revente pratiqués. Certains de ces producteurs écoulent une partie de leur production en circuits courts directement auprès des consommateurs. Même s’il ne faut pas généraliser, dans ces circuits courts et souvent locaux, il est plus que fréquent de constater, à produits équivalents, des prix très sensiblement supérieurs à ceux que l’on trouve en grandes surfaces alimentaires. Dans sa vente directe au consommateur, le producteur empile donc la marge dérisoire qu’il obtiendrait en vendant à la grande distribution, la marge des intermédiaires à qui il reproche de se gaver plus une marge supplémentaire qu’il estime pouvoir faire payer au consommateur en contradiction totale avec le principe élémentaire du commerce selon lequel la réduction des intermédiaires permet de faire baisser les prix de revente. Donc, sauf à ce que quelque-chose m’échappe, il y a semble-t-il une incohérence entre le discours et la pratique de certains producteurs qui pratiquent des prix élevés en circuits courts. Si la marge des intermédiaires est si élevée que ça, ces producteurs devraient pouvoir s’en contenter pour gagner décemment leur vie. A moins qu’ils ne voient leurs clients consommateurs comme les vaches à lait qu’ils se disent être eux-mêmes pour la grande distribution ?

    1. Bonsoir.
      Excellentes remarques. Cependant, l’explication du prix supérieur pratiqué par les vendeurs directs de produits agricole est peut-être que la clientèle est « militante » et donc prête à payer davantage. De plus, une grande partie de cette clientèle est constituée de ménages particulièrement aisés, donc insensibles ou peu sensibles à des prix plus élevés, certains cumulant les deux caractéristiques d’être à la fois militants et aisés. C’est ce que je constate dans une partie de mon entourage.
      Sincères salutations.

  4. Le Problème N° 1 des français c’est leur ignorance en Economie ,il n’y a pas de culture économique en France contrairement à certains pays comme l’ Autriche , Pays-Bas Suède et un peu en Allemagne.
    Le slogan : Le prix le PLUS Bas m’ exaspère dans un prix il y majoritairement des salaires et plus on écrase les marges plus on écrase les salaires et on augmente le
    chômage. Le défaut du Capitalisme c’est le partage inégal des richesses la vertu du Socialisme c’est le partage équitable de la pauvreté. Churchill

  5. On peut se désoler de l’inculture de nos parlementaires en économie. Une leçon est insuffisante; ce sont des cours qu’il faudrait leur donner. Peu sont ceux qui ont travaillé dans l’industrie, l’artisanat, l’agriculture ou le commerce, ce qui explique leur bas niveau, en décalage complet avec les missions pour lesquelles nous sommes supposés leur faire confiance.

    1. Bien vu, Bien dit. Qui sont nos députés ?? Quelle expérience de l’entreprise, du travail, de la gestion. C’est nous qui les payons, sans résultat de leur part et sans aucune responsabilité de quoi que ce soit !!! En plus ils profitent d’aides diverses des lobbyeurs……..

    2. Non seulement nos parlementaires sont incultes en économie mais, de plus, ils sont totalement incultes en sciences et en technos ! Demandez leur de vous expliquer l’IA, vous n’allez pas être déçus !
      Mais, comme dit l’autre, on a les parlementaires que l’on mérite !!!

  6. La concurrence que s’impose la grande distribution se fait malheureusement sur le dos des producteurs agricoles, trop souvent fractionnés pour être en capacité de négocier. Cette supériorité s’amenuise fortement lors des négociations avec les industriels de l’agro-alimentaire, tout aussi puissants, mais industriels qui sont dans la même position dominante lorsqu’ils négocient avec les producteurs agricoles.
    Améliorer le pouvoir d’achat des consommateurs serait une partie de la solution. Mais chacun sait que depuis de nombreuses années, le pouvoir d’achat des consommateurs français ne s’est pas fait par des hausses de salaires, mais par des importations massives de produits à bas coûts de production. Un cercle vicieux dans lequel notre pays s’enfonce inexorablement.

  7. À Bompart a raison quand il réclame la liberté d’entreprendre et de fixer les règles du jeux. Je le trouve par contre assez démagogique quand il parle de la liberté de choix des clients. Il doit avoir une carte à trop petite échelle quand il regarde la carte d’implantation des centres commerciaux.

  8. Vous remarquerez que votre dernier article sur Alexandre Bompart était :
    https://contrepoints.org/les-patrons-taxateurs-nont-pas-dit-leur-dernier-mot/
    Comme quoi un patron prend le rôle qui l’arrange, ce qui est évident si l’on prend en compte que son intérêt est celui de son entreprise.
    De ce fait, les patrons vraiment libéraux sont plutôt rares lorsqu’ils sentent une contradiction immédiate avec leurs intérêts !

  9. De quoi je me mêle? Les marges des entreprises privées ne devraient regarder que leurs propriétaires.
    Et après il faudra être auditionné pour justifier ses bénéfices? Et après faudra expliquer pourquoi ils vendent plus de bananes que chez Auchan? L’exemple type de l’interventionnisme inutile de l’état.

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