Journal d'actualité libéral
|
mardi 14 avril 2026

Les ports français sont parmi les plus mauvais du monde

Temps de lecture : 2 minutes

russie

La Banque mondiale vient de publier l’édition 2023 de son indice de performance des ports de conteneurs dans le monde. Ce CPPI (pour Container Port Performance Index) compare le temps passé par les navires dans les ports.

Le décompte commence au moment où le navire arrive au mouillage jusqu’à sa sortie du port. Plus ce temps est court, mieux le port est classé. En 2023, c’est le port de Yangshan (Chine) qui tient la première place, suivi par Salalah (Oman) puis Carthagène (Colombie). Tanger (Maroc) est 4ème et Tanjung Pelepas (Malaisie) 5ème.

Et les ports français ? Il faut dérouler longtemps le classement pour en voir apparaître un, celui de Pointe-à-Pitre (94ème) en Guadeloupe. Nos ports d’outre-mer obtiennent d’ailleurs un meilleur classement que les métropolitains : Fort-de-France (Martinique) est 114ème ; Papeete (Tahiti), 176ème ; Nouméa (Nouvelle-Calédonie), 285ème ; Mayotte ,307ème.

Les ports français de Métropole se classent 215ème (Brest), 217ème (Bordeaux), 262ème (Nantes-St Nazaire), 354ème (Marseille) et 372ème (Le Havre) sur 405 ports notés par la Banque mondiale. Bref, ils sont dans les profondeurs du classement. Pour un pays qui a le deuxième espace maritime mondial derrière les États-Unis, et la troisième entreprise mondiale de transport maritime de conteneurs (CGA-CGM), c’est affligeant et inquiétant.

Rappelons que 80% du commerce mondial de marchandises (en volume) est transporté par voie maritime, et que 35% de ce volume (et 60% de la valeur commerciale) est transporté dans des conteneurs.

Les services de transport maritime par conteneurs suivent un horaire fixe avec des fenêtres d’accostage. Par conséquent, un programme perturbé parce que le port fonctionne mal, comme en France, entraîne des retards dans les expéditions, des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, des dépenses supplémentaires, une réduction de la compétitivité du pays, une moindre croissance économique.

Cette piètre performance des ports français s’explique par une modernisation insuffisante, une mainmise des syndicats (essentiellement la CGT) qui organisent des grèves à répétition, et une réglementation tatillonne.

Pour remédier à la situation, le Gouvernement n’a rien trouvé de mieux, dans le projet de budget pour 2025, que d’instaurer une « taxe exceptionnelle » sur les grandes entreprises de fret maritime (c’est-à-dire CMA-CGM, c’est la seule), dont il espère tirer 500 millions d’euros.

Taxer plutôt que réformer, tel semble être la devise de Monsieur Barnier !

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


13 réponses

  1. Les ports sont dirigés par une caste qui sort de la même école.
    Malheureusement on ne leur a pas appris les facteurs de croissance, de développement et d’amélioration constante de la rentabilité.

    Dr toute façon cette caste y est a vie et indeboulonable. Voilà pourquoi aujourd’hui notre pays d’ombre petit a petit. Pour les privilèges de quelques diplômés de grandes écoles.

    1. C’est sur qu’un ingé du corps des ponts ne va pas risquer sa carrière de haut fonctionnaire en essayant de faire plier la CGT. S’il s’y risque il sera désavoué par les politiques locaux…
      Pourquoi lui demander un courage que les politiques n’ont pas ?

  2. Les grèves sont catastrophiques en général pour les affaires. La dégringolade du port de Dunkerque a été bénéfique pour le port d’Antwerpen ; merci les français ! Les syndicats ont fait du bon travail, mais il y a bien longtemps. Aujourd’hui, ils tuent le business. Avec en plus le refus de la pension pour tous à 65 ans ou plus, ils achèvent bien le boulot. Bien triste.

    1. Le maire du Havre responsable de la basse seine de Paris au havre est un irresponsable qui ne pense qu’à la Présidence. Merci pour l’incompétence de MACRON 2

  3. Etonnant que le port de Marseille ne sorte pas du lot ! Un certain Christophe CASTANER y a pourtant été nommé (et réélu) président du conseil de surveillance.

  4. Taxer n’est pas une bonne solution, mais après les mensonges de Messieurs Macron et Attal, l’urgence c’est de déficit pour ne pas trop augmenter la dette et ne pas avoir une trop grosse augmentation des frais financiers et donc des remboursements.
    Nous sommes déjà passer en perspectives négatives..
    baisser les dépenses en une semaine de façon autoritaire est révolutionnaire en France.
    il faut mettre Fonctionnaires et Politiques au pied du mur.
    Ils n’admettrons jamais d’avoir et mal géré et mal menti.

  5. Une precision: les ports français sont fermés les week-ends. N’est ce pas merveilleux ?
    Tout ceci est connu de nos dirigeants depuis des lustres, mais aucune réforme en vue
    Le courage est décidément une qualité que ne possèdent pas nos hommes politiques

  6. Faut il s’étonner de cette situation ? La CGT en particulier est toute puissante. Pour être docker il faut avoir la carte du syndicat qui est en réalité le « patron ».
    Castaner président du conseil de surveillance, bof, il n’a jamais cassé grand chose, en politique non plus d’ailleurs.

  7. Nos ports dont la gestion est aux mains du cancer de notre économie sont à l’image du reste du pays.
    Fonctionnement déjà considérablement alourdi par une administration tatillonne et en surnombre son activité est entravée par cette association de nuisible qu’est la CGT.
    Le pire c’est que sous prétexte de défendre les salariés ce syndicat provoque la destruction économique de l’endroit où elle sévit pour ensuite verser des larmes de crocodile sur les pertes d’activité et d’emploi !
    Je l’ai vécu comme imprimeur, avec la CGT du livre la pire branche de ce syndicat, qui a littéralement assassiné notre imprimerie d’édition ce qui fait que la plupart de nos livres et revues sont imprimés en Belgique, Allemagne… 
    Regardez ce qui se passe à la poste, les transports entre la Corse et le continent, la sidérurgie qui est morte… Certains se souviennent peut-être de nos autoroutes avant leur privatisation : état catastrophique des chaussées, grêves permanentes aux péages, restauration infâme (les restaurants Borels)…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.