Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, était interviewé dans La Tribune Dimanche du 29 juin 2025 avec une de ses propositions reprise en titre de l’article : « Taxons les 200 millions de colis annuels qui arrivent en Europe ! ».
Le patron explique dans l’interview que 95% des colis, expédiés par Shein, Temu et d’autres, « ne sont pas conformes aux standards européens ». Il est donc nécessaire, dans un premier temps, de les contrôler et, j’imagine, ensuite de leur interdire l’entrée du territoire français. Et après ? Il faut les taxer : « Acceptons de fixer une taxe exorbitante, même aux franges de la légalité, de 100% de la valeur des colis, pendant quelques mois, en attendant que l’Union européenne soit prête à réagir ».
Après Michel-Edouard Leclerc qui souhaite taxer les robots et l’intelligence artificielle, après Vincent Montagne, président du syndicat national de l’édition (SNE) qui veut taxer les livres d’occasion, après Yann Rivoallan, président de la fédération du prêt à porter féminin, qui demande des barrières douanières, après le PDG de la société orléanaise de moutarde et de vinaigre Martin Pouret qui veut taxer les cornichons venant de l’autre bout du monde, et bien d’autres encore, c’est donc au tour d’Alexandre Bompard de réclamer taxes et réglementations. Dans un but louable bien sûr : sauver des industriels, des petits commerçants, des enseignes spécialisées, et protéger la planète.
Curieusement, dans son plaidoyer, il ne parle pas des consommateurs ! Ce sont pourtant bien eux qui vont payer les taxes que lui et ses confrères réclament à cor et à cri.
Et dire qu’il y a quelques mois nous nous réjouissions d’entendre de plus en plus de patrons dénoncer l’excès de taxation et de réglementation. Nous espérions que cette levée de boucliers allait marquer le début du déclin de ce « capitalisme de connivence » qui nous pénalise tant. Las ! Le cadavre bouge encore, et tente de se défendre par tous les moyens.
Si M. Bompard se préoccupe vraiment des industriels, des petits commerçants, des enseignes spécialisées… et de la planète, qu’il réclame donc davantage de capitalisme, « le meilleur ami des hommes et de la planète ».
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