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samedi 30 mai 2026

Après l’assassinat de Charlie Kirk : le triomphe de la falsification et du « oui, mais… »

Temps de lecture : 3 minutes

L’assassinat du l’activiste ultra-conservateur américain, Charlie Kirk, a donné lieu à des commentaires d’une étonnante mauvaise foi de la part de nombreuses voix politiques et médiatiques, non seulement aux Etats-Unis mais en France même. Et non seulement à l’extrême gauche mais même chez des modérés.

Quoiqu’un libéral ne se reconnaisse pas dans les positions ultra-conservatrices de Charlie Kirk – sauf dans son combat résolu contre le wokisme – force est de constater que tout a été fait pour masquer l’élément central de cette tragédie, cet « éléphant dans la pièce » évoqué ici même dans une précédente chronique : en l’occurrence un meurtre politique commis par un extrémiste de gauche. Les faits sont désormais établis, des inscriptions sur les balles du tueur à la reconstitution de son parcours idéologique. Mais par les diversions rhétoriques, le cadrage biaisé de l’affaire, le troncage des citations, les insultes à l’égard du défunt, tout a été bon pour les nier ou les contourner.

Or, on le sait, une telle occultation n’est jamais aisée ; elle l’est encore moins  dans le cas d’espèce, vu l’horreur de l’acte, son contexte (un débat public dans une université) et la personnalité de la victime : un jeune père de famille et un homme très virulent certes, mais qui privilégiait justement le débat avec l’adversaire au nom de la confrontation démocratique des idées, comme le proclamait la devise de ces joutes oratoires, affichée dans le meeting fatal de l’Utah et sous laquelle Charlie Kirk est tombé : prove me wrong ! (« prouvez que j’ai tort ! »).

L’arme de la falsification

Ces faits et la force des images ont conduit certains à recourir à la falsification pure et simple des discours de Kirk : l’exemple le plus flagrant a été son prétendu appel à « la lapidation des homosexuels » alors qu’il mettait simplement en garde une jeune femme qui invoquait la Bible pour les défendre : la Bible, rappelait Kirk, contient des passages terrifiants à leur égard. Encore une fois, non seulement on a sorti ce passage de son contexte mais on a falsifié les citations. Comme on a falsifié les données sur son assassin, dont on n’a cessé de rappeler la famille républicaine et les engagements conservateurs d’adolescent, en niant ou en occultant sa radicalisation politique à l’extrême gauche au cours des derniers temps. Au risque de sombrer dans l’invraisemblance croissante des récits alternatifs : Kirk aurait été la victime d’encore plus à droite que lui !

L’art pervers de l’inversion accusatoire

C’est pourquoi la stratégie dominante a été de recourir à un procédé très répandu dans notre ère de postvérité : l’inversion accusatoire, qui fait de la victime le réel coupable sur le thème du « qui sème la haine récolte la violence ». Pour cela, le locuteur dispose d’une caractéristique fondamentale du discours : « l’orientation argumentative », c’est-à-dire les moyens offerts par la rhétorique pour aller d’emblée vers une certaine conclusion, sans même qu’il soit nécessaire de la donner : il est même parfois préférable de la taire.

L’art subtil de l’orientation argumentative

L’exemple canonique de cette orientation argumentative est « ce restaurant est bon, mais cher » : voilà qui invite à ne pas y aller, alors que la disposition syntaxique inverse (« le restaurant est cher mais bon ») incite à une décision positive. Or – et c’est un point capital qui montre toute la puissance de la rhétorique – les deux propositions ont strictement le même contenu informationnel : le restaurant est à la fois cher et bon.

Dans le cas de l’assassinat de Kirk, et dans un registre hélas plus tragique, c’est ce procédé syntaxique qui a été utilisé à profusion sous la forme du « oui…mais ». Il était en effet indispensable, common decency oblige, de faire d’abord droit à l’indignation qui a saisi tout un chacun à la vue du meurtre, quelle que soit son opinion politique ; avant de pouvoir lancer l’attaque contre la victime et produire dans l’esprit public l’inversion accusatoire (mais encore une fois sans formuler celle-ci explicitement). C’est ainsi que dans tant d’articles contournés et de posts interminables, la substance de l’argumentation se réduit à : « c’est une tragédie, mais il était d’extrême droite ». Les variantes en sont : « nous condamnons bien sûr cette violence, mais Kirk (ou Trump) en est le premier responsable » ; « il est inadmissible de tirer sur des opposants mais Kirk lui-même était favorable aux armes à feu », etc… La conclusion suggérée est bien sûr indicible : « bref, il l’a bien cherché ! ». Elle ne s’en insinue pas moins dans notre esprit. Or la simple interversion des propositions suffit à produire l’effet inverse : dans « Kirk était d’extrême droite, mais son meurtre est inadmissible », c’est l’interdiction morale qui l’emporte sur la considération politique (que celle-ci soit fondée ou non).

L’honneur de la gauche

Heureusement, l’honneur de la gauche a été sauvé par des voix puissantes, qu’on les apprécie ou non, comme celles du sénateur Bernie Sanders aux Etats-Unis ou de Caroline Fourest en France qui ont, en l’occurrence, qualifié les faits sans détour et rappelé les principes élémentaires du débat d’idées en démocratie. Sans « oui, mais ».

Illustration de couverture ©Gage Skidmore via Wikimedia Commons

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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18 réponses

  1. « L’assassinat du l’activiste ultra-conservateur américain, Charlie Kirk, a donné lieu à des commentaires d’une étonnante mauvaise foi »… A commencer par vous ! L’apposition du préfixe « ultra » est déjà en soi une forme de mauvaise foi.

    1. Je mettais les choses “au pire” pour éviter un débat de diversion sur l’idéologie de Kirk et démonter les mécanismes rhétoriques de la gauche.

  2. Intéressant. Oui l’inversion accusatoire est bien le procédé le plus répandu de notre époque… Dont le même bien connu issu du cartoon de ‘l’araignée’ est le témoin désabusé.

  3. « Les victimes ne sont pas toujours innocentes »…
    C’étaient les nazis qui disaient ça, dans les années 30.

    « C’est la violence fondamentale de l’adversaire qui nous oblige à faire preuve de violence à son égard »…
    C’étaient les terroristes d’extrême-gauche qui disaient ça dans les années 70.

    1. Les gauchistes qui rendent hommages aux combattants communistes sous Staline ont exactement le même raisonnement que votre premier point : « les victimes du communismes l’avaient mérité car ils étaient forcément Nazis »…

  4. Kirk était à mon avis un exemple type de libéral-conservateur. Libéral concernant l’économie, concernant l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux armes à feu. Conservateur concernant les mœurs, la faute à ses convictions religieuses fortes, avec principalement sur ce point un rejet de l’activisme LGBT et du droit à l’avortement — sur ce dernier point, je ne le suis pas.
    Le bonhomme était critiquable, ses idées l’étaient. Mais dire qu’il était fasciste, c’est vider le terme de sa signification (si ce n’est pas déjà largement fait par la gauche) et insulter tous ceux qui se sont battus contre le fascisme, le vrai. Et dire qu’il était raciste, c’est n’avoir vu de lui que les citations tronquées qui ont tourné en boucle, en pratique, il était moins raciste qu’un noir qui s’estime défavorisé parce-que noir.

    1. Libéral concernant l’économie? Il était pour la propriété privée pour sûr, mais je ne suis pas sûr qu’il était pour le libre marché et la compétition s’il suivait Trump. La préférence nationale et le protectionnisme ne sont pas les caractéristique premières d’une économie réellement libérale.

      1. @ Guillermo : vu une vidéo récente sur X de Mr KIRK discutant avec un étudiant en économie :
        Kirk  » vous a-t-on enseigné Thomas Sowell, Milton Friedman, Ludwig Von Mises ou Murray Rothbard » ?
        l’étudiant : « Non ».
        Kirk : « alors vous n’avez pas eu un enseignement économique, juste un endoctrinement économique ».
        Vu les auteur cités, Kirk était libéral en économie aussi.

        1. Tu aurais l’extrait parce que je suis presque sûr que Charlie Kirk n’avait aucune connaissance en sciences économiques

  5. Article intéressant et plutôt juste… Mais c’est quoi un « ultra-conservateur » ? Le cousin plus socialement à droite de « l’ultra-libéral », non ? Bref, une étiquette sans sens réel qui ne sert qu’à marquer son rejet ou à minimum à se poser comme « contre » ce qu’on nomme ainsi. Bref, un petit peu le genre de procédé qui est reproché dans l’article.

  6. La gauche a toujours été un monument d’hypocrisie. Mais dans ces circonstances on peut se rendre compte qu’elle n’est toujours pas opposée à l’élimination physique des gens qui lui déplaisent. Raison pour laquelle ellle cherche à justifier ce meurtre odieux!

  7. En temps ordinaires, les libéraux sont plutôt alliés aux progressistes. Mais en temps extra-ordinaires, les libéraux s’allient aux conservateurs contre une extrême-gauche violente et totalitaire. C’est le sens du célèbre livre de Raymond Aron, « L’Opium des intellectuels ». L’exercice des libertés nécessite le maintien d’un certain cadre traditionnel et rationnel.

    1. @Arnaud Ils sont opposés à la peine de mort des coupables , pas des victimes , nuance . En fait , le malentendu vient que vous et moi ne mettons pas les mêmes personnes dans la peau du concept « coupable » et « victime » . Classique les chez les abuseurs, la victime c’est eux .

  8. Vous avez oublié ce qu’on a pu lire sur certains commentaires de gauchistes, à savoir « il était pro arme à feu, et c’est une arme à feu qui l’a tué »

  9. Enfin un article qui va sans détour inutile pénètrer le fond des choses avec justesse, hauteur de vue et qualité remarquable de l’écrit .
    Bravo Monsieur C. de Voogd.

    On a compris pourquoi « Contrepoints » éprouve le besoin de rappeller que « les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur »
    Remarque formelle :
    à noter l’erreur syntaxique contenu dans cette proposition car il serait logique de comprendre que ce sont les opinions qui seraient celles de l’auteur puisque, en toute logique, les articles de l’auteur ne peuvent pas être autres que ceux de l’auteur …..
    Juste une petite observation.

  10. On trouve plein de vidéos de Charlie Kirk sur Youtube, et cela dément toutes les excuses de la gauche sur son assassinat. Il n’était ni raciste, ni haineux. Au contraire il démasquait les mensongres de la gauche. Dans cette affaire on constate que celle-ci n’a absolument pas changé. Elle trouve normal d’assassiner un opposant à son idéologie puisqu’elle cherche à le justifier !

  11. La gauche justifie cet assassinat en prétendant qu’il semait la haine. Or il y a de nombreuses vidéos sur Youtube de ses confrontations avec des gauchistes et il n’y a pas un seul exemple de propos haineux. Sa force était justement de démonter les mensonges de la gauche en se bornant aux faits!

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