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jeudi 4 juin 2026

Audiovisuel public : il ne suffit pas de réformer, il faut privatiser

Temps de lecture : 4 minutes

L’enquête sur l’audiovisuel public a suscité des débats à n’en plus finir et révélé des réalités que les autorités du secteur auraient préféré voir rester cachées, mais qu’il est du plus strict droit du… public de connaître puisque c’est lui qui finance. Il n’en reste pas moins que le fond du problème n’a pas été même effleuré : un service public de l’audiovisuel est-il nécessaire ? 

Publié le 4 mai 2026 par l’Assemblée nationale, le rapport de la commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été rédigé par Charles Alloncle, député de l’Union des droites pour la République (groupe d’Éric Ciotti). Le document a été adopté de justesse par 12 voix contre 10, après quatre heures de réunion à huis clos et plusieurs mois de tensions, dans un contexte de critiques sur la méthode du rapporteur. Dans sa démarche courageuse, Charles Alloncle a dû affronter les soupçons malveillants et la couardise du président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Il a eu le mérite d’ouvrir le débat et de lever des tabous sur le service public de l’audiovisuel. Mais c’est sans doute l’ensemble de l’audiovisuel public qu’il faudrait remettre en cause.

Des recommandations radicales et pourtant insuffisantes

Le rapport formule environ 80 recommandations dont l’objectif central est de réaliser un milliard d’euros d’économies, un quart du coût annuel de l’audiovisuel public.

Sur le plan structurel, Charles Alloncle préconise la suppression de France 4 et de France TV Slash (chaînes jeunesse), la fusion de France 2 et France 5 en une grande chaîne généraliste, et la fusion de Franceinfo télé avec France 24. Sur le plan éditorial, il propose de diminuer d’un tiers le budget consacré aux sports (en sanctuarisant le Tournoi des six nations, le Tour de France et Roland-Garros), de réduire de trois quarts le budget des jeux télévisés, et de faire disparaître la téléréalité des antennes publiques.

Pour garantir le pluralisme, il prône de remplacer les éditorialistes du service public par des éditorialistes issus de médias privés, d’imposer un devoir de réserve aux salariés, de mettre fin au système des animateurs-producteurs et de réinternaliser la production des émissions d’information et de débat.

L’intrusion politique à la télé

Cependant, ce rapport devrait plutôt être l’occasion de s’interroger sur le rôle et la légitimité de l’audiovisuel public dont l’existence même n’apparaît pas fondée. Le prix à payer par les consommateurs n’est pas un argument en faveur des médias publics puisque les médias privés vivent de la publicité qu’au demeurant les médias publics utilisent également à leur façon. Il n’y pas en France une carence de l’information qui obligerait l’Etat à intervenir pour assurer un service public à cet effet. La partialité de l’audiovisuel public, que démontre son opposition à l’arrivée d’Eugénie Bastié à France 2, ne permet pas non plus de justifier ce service public par le besoin d’une information impartiale. Il ne saurait d’ailleurs y avoir réellement d’information impartiale et il vaut mieux compter sur la diversité de l’offre médiatique, que devrait assurer la liberté d’exploitation de médias privés, pour éviter une main mise politique sur l’information.

Bien plus, ce rapport souligne à quel point l’existence d’un audiovisuel public conduit l’Etat à s’ingérer dans l’information. Est-il sain, et souhaitable, que le Parlement prescrive le temps que les télévisions publiques doivent consacrer au sport ou à la culture, quels grands événements ils doivent retransmettre (Tour de France ou Roland-Garros) ou pas, s’ils doivent proposer des émissions de jeu et divertissement ou non… ? Que changerait le fait que, comme le propose le rapport, les PDG de France Télévisions et Radio France soient directement nommés par le président de la République ? L’idée d’une loi de programmation pluriannuelle de l’audiovisuel public renforcerait le pouvoir de l’Etat sur l’information (comme pour la Sécu) plutôt qu’il ne l’amoindrirait.

Le rôle de l’Etat n’est pas de divertir ni d’informer les Français. A cet égard, le rapport Alloncle reste dans une logique étatiste. Il améliore le système sans le remettre en cause. Il semble vouloir conserver la présence de l’Etat dans les domaines de l’information, de la culture et du débat politique qu’il ne lui appartient pas d’administrer.

Les pays sans audiovisuel public se portent bien

La suppression du service public génèrerait des produits par la vente des chaînes de radio et télévision et permettrait d’économiser 4 Md€ par an de frais de fonctionnement. Au-delà de cet aspect financier, la privatisation règlerait bien d’autres questions, sur la rémunération des animateurs-producteurs, l’indépendance des journalistes, l’élaboration des programmes…. L’Etat ne s’en mêlerait plus. Le marché ferait savoir aux radios et télévisions s’il est satisfait ou non de leur production. C’est ce qui fonctionne à l’étranger.

Le Luxembourg n’a jamais eu de redevance audiovisuelle et n’a pas de chaîne de télévision publique. Aux États-Unis, Donald Trump a signé le 1er mai 2025 un décret demandant la fin du financement de deux réseaux publics, au demeurant marginaux, le Public Broadcasting Service (PBS) et la National Public Radio (NPR), qu’il accusait d’être partiaux. Il a rappelé à cette occasion qu’« aucun média ne jouit d’un droit au financement public garanti par la Constitution ». Au Mexique et au Brésil, le secteur est dominé historiquement par Televisa et Globo, deux groupes privés qui ont longtemps bénéficié de positions quasi monopolistiques.

En Nouvelle-Zélande, le modèle public a été fortement réduit dans les années 1990-2000 et les chaînes publiques fonctionnent en partie selon des logiques commerciales. Les Philippines n’ont jamais instauré de redevance et fonctionnent largement avec des diffuseurs commerciaux. Dans d’autres pays, en Australie, en Inde, à Taïwan ou encore au Chili, le financement des médias publics repose sur le marché plus que sur l’État et leurs parts d’audience sont faibles.

En Europe aussi la tendance est à la réflexion sur le sort des médias publics qui n’ont plus de raison d’être. Le rapport Alloncle c’est bien, mais il faut aller plus loin. N’abandonnons pas l’audiovisuel entre les mains d’un Etat défaillant et d’une administration culturelle idéologisée : privatisons.

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16 réponses

  1. Nous n’avons pas besoin d’un idiovisuel public ni de sa tv en culeur ni de ses groniqueurs…

  2. L’audiovisuel publique n’a qu’un seul objectif : La propagande. Lorsque survient un coup d’état, l’audiovisuel publique est un des objectifs prioritaires des putschistes et ce n’est pas pour divertir la population.

  3. MM Thomas legrand et P Cohen la prochaine fois que vous ferez vous magouilles avec le partie socialiste: »soyez plus discrets »

  4. Mr Alloncle à dut se sentir bien seul. Il est bien courageux d’essayer de faire bouger les choses. Document adopté de justesse…., la couardise de Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a-t-il honte ?, les menaces, intimidations verbales et physiques…. Cela en dit long sur l’envie de réformes, de changements. Ne touche pas à mes acquis, ne m’empêche pas de profiter, d’ arnaquer, de m’ enrichir ! Et que cela soit au détriment des français ne dérange absolument pas ! Le ratio – lui est largement défavorable. RIEN ne changera. Ils sont trop nombreux.

  5. Une chaine publique qui sert à véhiculer les informations de fonctionnement du pays et la moins politique possible, pourquoi pas ?
    Mais il semble que nos médias aient cédé à la tentation de devenir des mammouths dispendieux, manipulateurs politiques… 

  6. Ne nous leurrons pas ce rapport va en rejoindre de très nombreux autres sur des sujets de réformes structurelles de l état : le social ( retraite, santé chômage…..) la fiscalité, le travail, le mille-feuille des CL, sécurité justice……
    La procrastination est elle une vieille maladie franchouillarde incurable?????

    1. Je dirais le manque de dignité de nos dirigeants qui font le gros dos et attendent qu’un nouveau scandale fasse la une et chasse l’ancien.
      Ca fait penser au rapport de la Cour des Comptes qui dénonce les plus belles gabegies financières de nos finances… sans jamais d’effets !

      1. Notre pitoyable assemblée nationale a bien été élue par les gaulois qui donc sont directement responsables de la gabegie régnante
        Malheureusement nous avons les hommes politiques que nous méritons
        Rares sont les franchouillards qui veulent arrêter le quoiqu’il en coûte quoiqu’il arrive
        L épisode de la hausse somme toute modeste du prix des hydrocarbures a donné lieu à un psychodrame national

  7. Je tiens à l’école publique, je tiens à la santé publique et à l’audiovisuel public .
    Mais rien n’empêche de faire des économies et de réformer. ( Par exemple virer Elise Lucet!)
    Moi, franchement , je ne regarde pas les chaines privées, où la médiocrité côtoie le mercantilisme. Je vous rappelle que le libéralisme doit accepter la concurrence.

    1. Un libéral célèbre l etatisme et ses gabegie récurrentes comme si la médiocrité, les platitudes, les clichés… n existaient pas dans l audiovisuel publique, les résultats de l éducation nationale ne cessaient de baisser, la bureaucratie et le corporatisme à l hôpital public n existaient pas
      Depuis 45 ans, la politique des rustines n à fait que reporter à plus tard des réformes structurelles indispensables

      1. Vous etes bien partisan de l’auduiovisuel privé et visiblement partisan des fakes new : j’ai bien dit qu’il fallait économiser et réformer.

    2. Je pense aussi qu’il faut tailler dans la gabegie de l’audiovisuel public et faire tomber beaucoup de tetes y compris celles des membres du conseil d’administration…
      Pourquoi stipendier des humoristes par exemple avec nos impôts? Qui décide de qui est drôle ???
      L’audiovisuel public devrait tirer vers le haut le niveau de connaissance des contribuables plutot que de se perdre dans la vision woke d’une arrogante qui n’a eu son poste que grâce à ses relations politiques.
      Je prefererais une sorte de Super Arte. Alors je rebrancherais peut etre mes télés, éteintes depuis 15 ans.

  8. Bravo au courageux député Alloncle d’avoir soulevé la pierre sous laquelle grouillent autant de cloportes malfaisants !

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