C’est un film français qui agace la gauche et recueille les suffrages de la police. Ces informations n’en font pas un bon film, mais elles suffisent à éveiller notre curiosité. Nous sommes donc allés voir ce « tract politique pour le Rassemblement national », que Libération renomme « cinquante nuances de droite ».
C’est un film français qui agace la gauche et recueille les suffrages de la police. Ces informations n’en font pas un bon film, mais elles suffisent à éveiller notre curiosité. Nous sommes donc allés voir ce « tract politique pour le Rassemblement national », que Libération renomme « cinquante nuances de droite ».
Bac Nord est un film intéressant, bien tourné et plutôt réaliste : les policiers ne versent ni dans le cliché du raciste blanc, blond et catholique intégriste, ni dans celui du ripou ivre, frustré et violent. Ce sont plutôt des hommes rudes, mais droits, quoique l’un d’entre eux fume occasionnellement du cannabis, et attachés à leur famille. Ils essaient de faire respecter la loi, de traquer les dealers, tout en regrettant de ne pas pouvoir entrer dans la « cité ». Gilles Lelouche nous offre une belle tirade sur son ressenti (joué) de policier qui ne sert à rien, ne protège pas les habitants des quartiers et les laisse seuls, désespérés et résignés à l’idée que la police ne fera rien pour eux.
La cité, elle, est bouleversante. On tremble pour cette équipe, bien seule dans ces zones où l’on n’entre qu’avec un mot de passe, et où des dizaines d’hommes se groupent autour des policiers identifiés comme les ennemis. On s’attend à plusieurs reprises à ce qu’aucun d’entre eux ne sorte vivant de ce guêpier où les voyous sont si confiants qu’ils attrapent le canon de l’arme de police pointée sur eux en criant « vas-y, tire ! ».
Si Bac Nord a tant plu aux policiers, c’est peut-être parce que Cédric Jimenez s’est attaché à montrer tout ce qui fait leur quotidien, la cité comme la hiérarchie. Celle qui ne veut pas de vagues, pas de voitures brisées, mais qui veut aussi de grandes descentes spectaculaires. Une hiérarchie de bureau, bien loin du réel dans lequel la « Bac Nord » vit et craint de mourir, même si certains de ses membres tentent d’aider les policiers de terrain, comme le film le montre.
Un film centré sur le trafic de drogue dans les quartiers nord de Marseille n’était pas fait pour de grands plans de couchers de soleil sur la mer ou de Notre-Dame de la Garde. La photographie parvient pourtant, sans rien perdre de l’ambiance du film, à nous offrir quelques plans esthétiques de la ville.
« Bac Nord » est réaliste, et même, paraît-il, en-dessous de la réalité, et c’est bien là son plus grand défaut. Car ce film bouleversant ne laisse, malheureusement, pas une grande place à l’espoir.
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Une réponse
Bac Nord, par Cédric Jimenez 40 ans que les Politiques et les gens qui nous gouvernent
Ont abandonné ces quartiers et les policiers !
Et ce n’est pas 5 ans de plus de notre petit marquis à l’Elysée
Qui y changeront quoi que ce soit !
Ces gens là sont laches et déconnectés !
Mais très fort en tchatche comme on dit à Marseille !
Ils nous font honte et j’ai mal pour tous les protagonistes du film qui égale Les Misérables de Ladji Ly !
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Bac Nord, par Cédric Jimenez
40 ans que les Politiques et les gens qui nous gouvernent
Ont abandonné ces quartiers et les policiers !
Et ce n’est pas 5 ans de plus de notre petit marquis à l’Elysée
Qui y changeront quoi que ce soit !
Ces gens là sont laches et déconnectés !
Mais très fort en tchatche comme on dit à Marseille !
Ils nous font honte et j’ai mal pour tous les protagonistes du film qui égale Les Misérables de Ladji Ly !