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samedi 24 janvier 2026

Baisser la fiscalité ne suffira pas à réindustrialiser la France

Temps de lecture : 2 minutes

Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) vient utilement rappeler que l’industrie française est l’une des plus taxées d’Europe. Les prélèvements obligatoires représentent plus de 25% de la valeur ajoutée brute de l‘industrie. En Allemagne, ce n’est que 16,3% ; et en Pologne, 15,5%.

Si la pression fiscale a baissé au cours des deux dernières décennies en France, elle reste à un niveau élevé comparativement à ses voisins. Et cela explique, en partie, qu’elle soit devenue un nain industriel avec une valeur ajoutée ne représentant que 13% du PIB, contre 21% en Italie, 24% en Allemagne et 25% en Pologne.

Le CPO, craignant que la fabrique de l’impôt ne se remette à fonctionner à plein depuis la création d’une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises par la loi de finances pour 2025, enjoint le gouvernement à supprimer la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, à pérenniser le taux normal de l’impôt sur les sociétés (IS) à 25%, à poursuivre l’allègement des impôts de production en supprimant la C3S.

Cependant, il rappelle à juste titre que l’outil fiscal n’est pas le seul à utiliser pour réindustrialiser le pays. Il cite ainsi « la disponibilité d’un foncier adapté, l’accès aux réseaux de transports, le coût de l’énergie, l’acceptabilité environnementale et sociale, l’adéquation de la main d’œuvre locale à leurs besoins quantitatifs et qualificatifs » comme figurant au nombre des préoccupations centrales des entreprises industrielles.

Il nous semble que le CPO oublie une variable capitale : l’inflation normative. Le conseiller d’État Christophe Eoche-Duval a en effet calculé que la réglementation française avait crû de 94% entre 2002 et 2022. Certains estiment le coût de la sphère administrative à 100 milliards d’euros par an pour les entreprises. La simplification administrative que l’on nous promet depuis des lustres doit devenir effective.

Plus largement, c’est à une drastique réduction du périmètre de l’État qu’il faudrait procéder pour voir revenir des industries sur notre sol.

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10 réponses

  1. Petit problème, la complexité administrative fait vivre de nombreux professionnels aussi bien du public que du privé et le pouvoir en place est dépendant au dernier degré du vote des bénéficiaires des dépenses les plus facilement compressibles dans l’absolu, à savoir les retraites que Rocard n’a pas eu le courage de passer à la tronçonneuse en 1991, préférant créer la CSG.

    Par ailleurs une réindustrialisation supposerait de faire le Frexit, la seule alternative sérieuse étant la réduction d’un tiers de la population pour purger la graisse démographique accumulée depuis l’époque de Giscard.

  2. Les premières raisons pour laquelle la reindustrialisation est mal barrée c’est qu’il n’y a plus un seul fournisseur de composants, que les savoirs faire ont totalement disparu, et que si on veut tout refaire c’est « capital intensive ».
    Pour au final être copié le lendemain par 10 chinois qui vendront pour moins cher que le prix des matériaux.

  3. Pour réindustrialiser la France il faudrait comencer par arrêter de subventionner l’industrie étrangère. En effet les 5000 euros de prime moyenne aux voitures électriques subventionne des voitures a 90% … importées!
    (25% sont françaises mais, dans ces 25%, la part étrangère est de 65%!)
    A cette aide directe à l’industrie étrangère il faut ajouter le cadeau fiscal des 60% de taxes sur l’essence qui ne sont plus payées (12 000€ environ sur la vie du véhicule).
    Tout cet argent, des français, devrait plutôt bénéficier à l’industrie… française!
    Mais tous ceux qui « parlent » de reindustrialisation, y croient ils vraiment?
    Devinette pour aller plus loin: il y a un éléphant dans le couloir que personne ne voit, trouvez le…

  4. Pour libérer l’énergie qui sauvera l’industrie française il ne faut pas seulement rompre les ficelles qui nous paralysent, ce qui ne nous fera pas rattraper notre retard, il faut une stratégie de rupture.
    Cette stratégie est la suivante: Transférer les charges qui handicapent la production de richesses des entreprises sur… la consommation.
    Le taux moyen de TVA sur son assiette totale est de… 4% !
    On voit bien qu’il y a de la marge…
    Ne vous laissez pas enfumer par les 20% (nos petits malins pourraient même dire 16,7% DANS le prix du produit) ce n’est que la partie visible.
    Je démontre que cette stratégie augmente la compétitivité des entreprises ET le pouvoir d’achat, car le transfert des charges peut se faire pour une part vers la TVA et l’autre part sur le salaire net ce qui permet de compenser plus que la hausse des prix.

    1. Il n’est pas utile de « transférer » les charges, la rupture est de les supprimer.
      En supprimant les dépenses inutiles de notre état, tout simplement. Cf l’excellente démonstration de Sarah Knafo qui trouve tout de suite 63 milliards d’euros de réduction des dépenses. Et ce n’est qu’un début.
      Tout cela redonnera le pouvoir d’achat aux Français.
      Mais bien sûr, ce n’est pas ce que veut un état socialiste, une éducation nationale socialiste (ne formant donc pas à l’économie) ni les médias socialistes (n’informant donc absolument pas de manière neutre).

  5. Moins de normes, égale à moins de grattes papiers dans tous les domaines publiques et privé, former des gens qui on une activité qui produit au de faire de l’administratif de compte rendu, moins de députés, moins de sénateurs et moins de hauts fonctionnaires planqués dans les bureaux, supprimer les métropoles dans les grandes villes ou on a multiplié les doubles emplois et les maires se sont donnés un deuxième salaire,

  6. Ce transfert représente un simple jeu de bonneteau ce que les gaulois adorent mais qui ne résoudra aucun de nos problèmes structurels
    Que le medef propose cette solution est compréhensible pour ses intérêts propres mais le pays n y trouvera pas le rebond nécessaire!!!!

  7. Commençons par aligner la pression fiscale française sur celle de ses voisins allemands , dégraissons les 2 millions e fonctionnaires que nous avons en trop par rapport à l’Allemagne ( non remplacement des départs sur 3 ans puis de 2sur 3 les années suivantes ) et « invitons » les syndicats à comprendre que s’ils tuent leur entreprise ils tuent leur emploi . Accordons pendant 2 à 3 ans une exonération de charges aux entreprises qui s’implantent en France sous réserve qu’elles y demeurent au moins 5 ans.
    C’est ce qu’on compris les syndicats allemands .
    On se revoit dans 2 ans pour commencer .

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