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lundi 26 octobre 2026

Brésil : Lula a bien acheté sa réélection

Temps de lecture : 2 minutes

Luiz Inácio Lula da Silva a battu dimanche le sénateur Flávio Bolsonaro (fils de l’ancien président Jair Bolsonaro) au second tour de la présidentielle brésilienne : 51,76 % des suffrages exprimés contre 48,24 %, avec 99,77 % des bulletins dépouillés, soit un écart de près de 4,4 millions de voix. Il entamera le 5 janvier un quatrième mandat non consécutif.

Défaite amère pour les conservateurs, mais Mary Anastasia O’Grady, journaliste du Wall Street Journal et spécialiste de l’Amérique latine, relève que la droite brésilienne sort pourtant renforcée du cycle électoral. Au premier tour, le 4 octobre, Flávio Bolsonaro était arrivé devant Lula, 47 % contre 45,2 %. Dans les autres scrutins, le Parti libéral conservateur de Bolsonaro a fait mieux encore : de 98 à 121 sièges sur 513 à la Chambre des députés, 28 sénateurs sur 81, la première force des deux chambres. Il gagne six postes de gouverneurs, ses alliés républicains trois autres, dont São Paulo, et Sergio Moro, le juge qui avait instruit la condamnation de Lula pour corruption en 2017, l’emporte au Paraná. La gauche latino-américaine recule.

Après le mauvais score du premier tour, Lula a ouvert les vannes. Devant des sondages qui le donnaient battu, il a annoncé une hausse de 15 % des allocations sociales mensuelles, des annulations de dettes, un transfert d’environ mille dollars par micro-entreprise et la gratuité des transports en commun pour tout le monde. Le coût de ces largesses sur un an est estimé à près de 60 milliards de dollars, plus de 2 % du produit intérieur brut.

Jean-Philippe Delsol écrivait ici, au lendemain du premier tour, que les cadeaux électoraux ne font pas gagner les élections, et le premier tour lui donnait raison : Lula avait distribué et perdu. Le second tour impose une lecture plus inquiétante. L’argent public ne lui a pas offert de vrai mandat, ne l’a pas rendu populaire, n’a pas effacé l’inflation qu’il nourrit. Mais il a suffi à retourner le score en lui rendant deux points, et c’est là que se jouent les élections. Le clientélisme ne convainc pas, il achète à la marge.

Flávio Bolsonaro, lui, a choisi le pire terrain : il refuse de reconnaître sa défaite et  va demander l’annulation du scrutin, sans produire de preuves pour justifier cette décision. C’est une faute coûteuse, car la droite n’a aucun besoin d’un récit d’élection volée : elle tient la Chambre, le Sénat et São Paulo, il lui suffit de gouverner les États qu’elle a gagnés pour montrer que la liberté économique réussi là où  quatre mandats de redistribution ont échoué.

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