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mardi 6 octobre 2026

Socialisme : la gauche recule d’un continent à l’autre

Temps de lecture : 2 minutes

Nouveau revers pour les socialistes, de plus en plus rares au pouvoir en Europe, sans parler de l’Amérique latine où ils sont en passe d’être quasiment éradiqués.

Le premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé lundi des élections législatives anticipées pour le 29 novembre, après le rejet par le Congrès des députés, où son parti est minoritaire, des mesures qu’il proposait pour enrayer la crise du logement : suspension jusqu’en 2030 des expulsions de locataires vulnérables, prolongation de deux ans des baux arrivant à échéance avant 2028, alourdissement de la fiscalité des locations touristiques de courte durée, restrictions aux achats de logements par les fonds d’investissement et renouvellement automatique des contrats de location. Les deux décrets ont été repoussés par 178 voix contre 172, puis par 184 contre 166 ; le coup de grâce est venu non de la droite, hostile dès le départ, mais de Junts, le parti indépendantiste catalan dont les voix faisaient jusqu’ici la majorité de Sánchez. Celui-ci compte essayer d’imposer ces mesures par décret, a-t-il annoncé mardi, afin sans doute de détourner l’attention des questions politiquement plus préjudiciables que sont la crise migratoire à Ceuta et les scandales de corruption.

Pedro Sánchez a dit vouloir continuer à se battre pour que l’Espagne reste « un bastion d’ouverture » (à l’immigration), « de justice sociale et de responsabilité environnementale ». Il aura toutefois fort à faire pour éviter une défaite cuisante fin novembre, au vu des sondages : le PSOE, porté au pouvoir en 2018, n’est plus crédité que de 26,7 % des voix, cinq points de moins que lors du dernier scrutin législatif, contre 31,5 % au principal parti d’opposition, le Parti populaire (droite) – une enquête SocioMétrica réalisée du 1er au 3 octobre le place même à 33,4 %. Ce dernier remporterait vraisemblablement les élections mais devrait former, à contrecœur, une coalition avec l’extrême droite de Vox, créditée de 18 %, qui entrerait ainsi au gouvernement national pour la première fois depuis la transition démocratique, Vox ayant déjà participé à des exécutifs régionaux.

Les derniers gouvernements dirigés par des partis de gauche en Europe sont ceux des travaillistes au Royaume-Uni, de la Norvège et de l’Islande, ainsi que, au sein de l’Union européenne, du Danemark, pas si à gauche que cela, au demeurant, notamment sur l’immigration, ceux aussi de Malte, de Lituanie et de Bulgarie (dans ces deux derniers pays ce sont des coalitions où la gauche n’est pas seule). Le positionnement de l’exécutif en France peut prêter à discussion, mais semble en tout cas très « socialiste » en termes de dépenses publiques.

Par ailleurs, le dernier président de gauche d’une démocratie en Amérique du Sud, avec celui de l’Uruguay, Lula, au Brésil, semble promis à une défaite au second tour de la présidentielle ; contre toute attente, il a été devancé au premier tour, dimanche dernier, par Flávio Bolsonaro, candidat de la droite dure et fils de l’ancien président, inéligible et condamné à vingt-sept ans de prison. Avec le ralliement de plusieurs candidats de droite modérée, Flávio Bolsonaro semble assuré de l’emporter, même si son avance au soir du premier tour reste étroite : 47,03 % contre 45,16 %, soit moins de deux points. Lula paye la montée spectaculaire de l’insécurité, les affaires de corruption et la stagnation du niveau de vie. Cette défaite probable parachèverait une spectaculaire bascule à droite du sous-continent, après entre autres l’élection de Javier Milei en Argentine il y a trois ans, puis les scrutins au Chili, au Pérou, en Colombie, en Équateur.

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