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samedi 18 avril 2026

L’économie espagnole : un rebond en trompe l’œil

Temps de lecture : 2 minutes

Selon plusieurs médias, l’économie espagnole serait florissante. La croissance est là (2,8 % en 2025) et le chômage baisse (à 9,93 %, le taux le plus bas depuis 17 ans). Pour Le Nouvel Obs, l’Espagne serait « l’économie phare de l’Europe ». Certains à gauche se félicitent ce qui serait un indéniable succès du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Mais lorsqu’on regarde les chiffres de plus près, le miracle espagnol n’est plus tout à fait le même. C’est ce que démontre Diego Sanchez de la Cruz, directeur des études à l’Institut Juan de Mariana et chercheur associé à l’Institut d’études économiques, dans un article détaillé pour le média The Objective.

En effet, si l’Espagne a vu son produit intérieur brut (PIB) progresser d’un peu plus de 330 milliards d’euros entre 2019 et 2024, la dette publique a, pendant la même période, augmenté de plus de 430 milliards ! Ainsi, pour 1 € de richesse supplémentaire généré par l’économie, l’État a emprunté 1,30 €. Cela s’explique notamment par le fait que l’activité économique dépend de plus en plus de l’Etat : en 2023 et 2024, environ un tiers de la croissance du PIB a été due aux dépenses publiques qui, sous Pedro Sanchez, ont gonflé de de 41 % à 46 % du PIB. Au prix, entre 2018 et 2024, des 97 différentes hausses d’impôts et cotisations sociales que M. Sanchez de la Cruz a dénombrées…

Outre la hausse de la dépense publique et des impôts, il dénonce la manipulation du taux d’emploi. Le gouvernement espagnol parle d’un niveau d’emploi record et d’une forte diminution du chômage, mais c’est en réalité le résultat d’une tricherie statistique. La baisse du chômage depuis 2019 s’explique à 90% par la requalification des travailleurs saisonniers, lors de leur période d’inactivité, en « demandeurs d’emploi en relation de travail ». Ils ne sont donc plus référencés comme chômeurs. Sinon, le taux réel de chômage serait de 13,5 %, soit plus de trois points au-dessus du chiffre officiel. Autre moyen utilisé pour « gonfler les chiffres de l’emploi » selon M. Sanchez de la Cruz, le gouvernement a massivement recruté: 657 948 personnes de plus dans les administrations publiques avec Pedro Sanchez. En six ans, le coût de la masse salariale de la fonction publique a augmenté de 44,7 milliards d’euros.

D’autres indicateurs montrent que l’Espagne n’est pas en si bonne santé économique que cela. Le PIB réel par habitant, corrigé de l’inflation, est à peine supérieur de 3 % à son niveau de 2019. Le revenu par habitant de l’Espagne est inférieur de 3 720 € à la moyenne de l’UE et inférieur de 10 680 € à la moyenne de la zone euro. L’écart de revenu par habitant entre l’Espagne et la moyenne de l’UE s’est creusé de 37 % depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Sanchez!

On ne peut donc pas vraisemblablement parler de miracle économique espagnol.

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4 réponses

  1. malheureusement, les capitalistes de connivence qui en profitent (et qui tiennent la plupart des mass-médias) ne diront évidemment rien de ces tristes réalités… le socialisme étatique et clientéliste ne fonctionne que grâce à l’appui des capitalistes de connivence qui lui donnent une caution « libérale ».

  2. Merci de permettre à vos lecteurs de ne pas se laisser abuser par les médias de complaisance largement subventionnés qui valorisent les bons résultats économiques de l’Espagne sous la gouvernance Sanchez .
    La lutte contre la désinformation est au centre de la campagne électorale pour la prochaine élection présidentielle qui va commencer disons …le mois prochain.
    Dans le cadre de cette lutte indispensable, le bilan de l’autocrate qui préside le pays depuis neuf ans doit être présenté de façon argumentée comme largement d’inspiration socialiste : augmentation de la sphère d’action étatique, hausse des impôts, de la dette publique et du nombre de fonctionnaires, affirmation de son envie de commander l’Europe, volonté d’entrer « en guerre », cession avantageuse d’entreprises à des oligarques, lutte contre l’économie de marché et la liberté d’expression,…
    N’est il pas vital que des journalistes , même en petit nombre, constate dès maintenant cette triste réalité , devenue incontestable, en empêchant les mouvements qui prônent les avantages de la démocratie populaire de se défausser de leurs responsabilités en invoquant « l’ultralibéralisme sorti des limbes de leur imaginaire enfumé » ?

  3. Il est très possible que nous ayons, comme par le passé, une vague d’immigrants espagnols en France. Mais, au lieu d’Espagnols facilement assimilables, ce pourrait bien être une vague d’immigrants africains régularisés par le gouvernement de Madrid. On n’est pas sortis de l’auberge (espagnole).

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