Nous avons, dans une récente pendule, dénoncé les effets délétères d’une trop stricte réglementation des locations touristiques dans la ville d’Amsterdam. Plafonds du nombre de jours, obligations de compensation de logements, réduction des avantages fiscaux, durcissement des sanctions administratives… Ces restrictions, renforcées par la loi dite anti-Airbnb de novembre 2024, qui donne plus de pouvoirs aux maires, sévissent dans de nombreuses villes et région, avec là aussi des effets qui sont loin de correspondre aux intentions initiales. Nous en apportons aujourd’hui un autre exemple avec le Pays basque.
Au Pays basque, un dispositif de compensation a été instauré pour remettre des logements sur le marché permanent : chaque propriétaire souhaitant louer son bien en location saisonnière doit créer ou rénover un autre logement destiné, lui, à la location longue durée dans la même commune (comme à Saint-Jean-de-Luz).
A peine un an après sa mise en œuvre, certains maires demandent déjà un assouplissement de cette règle — signe que les effets sont ressentis comme trop contraignants et contre-productifs.
Première constatation, les logements ne retournent pas massivement au marché locatif longue durée. Beaucoup de propriétaires préfèrent ne rien faire de leur bien, dont ils souhaitent au demeurant pouvoir conserver l’usage pendant les vacances, plutôt que d’accepter des contraintes excessives. « Même pas un 1 % de logements Airbnb sont repassés en location à l’année » indique le maire de Saint-Jean-de-Luz.
Ensuite, l’offre de logements touristiques a baissé, il y a moins de logements réellement loués. Là aussi, les propriétaires sont découragés par les contraintes trop lourdes ou coûteuses ; ce qui ne libère pas pour autant plus de logements longue durée.
En somme, la réglementation a tué le marché. Le journal Sud-Ouest rapporte des statistiques édifiantes : « Une seule donnée fait consensus, la chute vertigineuse du nombre de meublés de tourisme permanents dans la cité frontalière, suivant la tendance observable sur les 24 communes de la zone ciblée : de 995 en 2022 à 119 cette année. Estimation pour 2026 : 15 » !
Par conséquent, l’activité économique a chuté. À Hendaye, par exemple, le maire critique le principe de compensation (décidé au niveau de la communauté de communes), arguant qu’il pénalise l’activité touristique — essentielle dans ces zones très dépendantes du tourisme de saison : moins de locations touristiques, c’est moins de flux, moins de dépenses dans les commerces et services locaux. Il s’alarme ainsi d’« une perte de 2 000 visiteurs par jour, 19 % en juillet, 22 % en août, avec une baisse de 30 % du chiffre d’affaires des commerçants sur la saison. »
Comment s’en étonner ? Qui avait pu croire que la logique restrictive permettrait de dynamiser l’activité ? Le résultat était prévisible :  la restriction de l’offre ne saurait avoir de bons effets économiques …
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4 réponses
Super qui s’en étonnera
Les planqués dans la politique ou certaines administrations ! Qui ne connaissent rien à l’économie et n’ont jamais rien risqué! Et on peut rajouter avec la fiscalité dissuasive et qui vient encore d’abaisser l’abattement sur les meublés !! On est vraiment complètement fou dans ce pays !! Liberté !!
Le monde entier connaît ce problème.
Le tourisme augmente, les besoins aussi et il était donc facile de s’y engouffrer.
Les conséquences sont là :
– Manque de logements louables à l’année
– Distorsion par une concurrence « déloyale » avec l’hôtellerie
Nous sommes, heureusement, encore en régime d’économie libérale. Chacun peut avoir son idée et prendre ainsi la place libre.
La concurrence a du bon en ceci qu’elle a obligé notamment les hôteliers à se remettre en question. ce qu’ils ont fait puisqu’ils proposent maintenant de nombreuses formules.
Concernant la fiscalité il fallait simplement appliquer aux loueurs en RB&B la même règle que pour les hôteliers.
Si les propriétaires ne veulent plus louer leur bien, il faut peut-être revoir la question au niveau gouvernementale ? Les normes et règlementations sont trop contraignantes. Il faut les revoir pour rassurer celui qui loue.
En toute chose, le libéralisme implique des désagréments qui finissent par s’organiser… Chacun trouve ainsi sa place.
Je suis toujours (pas vraiment) étonné que nous ayons des élus, fonctionnaires, même experts qui mettent en place des normes, règlements etc… qui auront des répercussions contraires à leurs idées « geniales »….
Enfin, il y’a aussi des économistes Z.., P…, etc qui ont des idées à tuer l’économie d’un pays, avec des conséquences énormes….
Comme l’économie touristique est à peu près tout ce qui fonctionne encore de manière artisanale, délocalisée et autonome dans ce pays, il fallait bien que les sanctions écolosocialistes s’abattent sur ceux qui se remuent encore pour s’assurer de leur mort économique. Les logements qui ne sont plus RBNB sont désormais vides ? Qu’à cela ne tienne, la doxa écolosocialiste prépare l’étape suivante, la réquisition ou le confiscation. Toujours plus.