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samedi 14 février 2026

Interdire Airbnb à Paris : le pari stupide d’Emmanuel Grégoire et les leçons de New York

Temps de lecture : 2 minutes

Dans le débat sur le logement à Paris, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie, a récemment promis qu’il interdirait Airbnb dans la capitale s’il est élu, au nom de la lutte contre la pénurie de logements et la pression sur les loyers. Cette annonce s’inscrit dans sa stratégie de campagne pour donner aux Parisiens la priorité sur les logements, notamment en limitant les meublés touristiques permanents (leparisien.fr);

La proposition semble démagogique… et elle l’est. L’expérience a été tentée à New York et n’a pas eu les effets escomptés. Au contraire ! En 2023, la municipalité a instauré une réglementation très stricte sur les locations de courte durée. Les annonces Airbnb ont quasiment disparu, sans pour autant résoudre le moins du monde la crise du logement : deux ans plus tard, les loyers n’ont pas baissé, restant à des niveaux historiquement élevés ; les taux de vacance sont restés extrêmement bas, ce qui témoigne d’une offre toujours aussi tendue ; et débarrassés de la concurrence des locations touristiques, les hôtels ont augmenté leurs prix (The Wall Street Journal). Un échec sur toute la ligne donc.

Plus précisément, l’industrie hôtelière a largement profité de cette interdiction selon un papier de recherche académique récent :

  • augmentation des tarifs moyens journaliers des chambres d’environ 14 à 19 $ par nuit après l’entrée en vigueur de l’interdiction.
  • hausse substantielle des revenus des hôtels, estimée entre 2,1 et 2,9 milliards $ sur les 18 premiers mois après la mise en place de la loi.
  • en revanche, le nombre de nuitées réservées n’a pas augmenté significativement, ce qui suggère que la hausse des gains provient surtout de tarifs plus élevés plutôt que d’une croissance réelle de la demande.

Ce cas illustre une règle économique simple : retirer légalement de l’offre sans agir sur les causes structurelles de la pénurie (construction, fiscalité, réglementation générale) ne suffit pas à résoudre la crise du logement. Une politique efficace nécessite une approche qui stimule l’offre plutôt que de la contraindre artificiellement, pour éviter d’augmenter les prix ou de transférer les problèmes vers d’autres segments du marché.

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7 réponses

  1. Ces moralisateurs bornés croient détenir la vérité sans s’informer et nous règlementent à l’aveugle. Et c’est nous qui payons les dégâts.
    Un truc dingue : s’informer de ce qui s’est fait ailleurs avant d’envisager une mesure ?

  2. ’… et débarrassés de la concurrence des locations touristiques, les hôtels ont augmenté leurs prix (The Wall Street Journal). Un échec sur toute la ligne donc.

    A se demander si M Grégoire ne serait pas un agent immergé du lobby hôtelier parisien…..

  3. interdir ! toujours interdir . C’est curieux cette frénésie d’interdir…. Mais est-ce efficace ? Absolument pas. Une route est barrée? Soit ! il existe en 100 , 1000 autres (et bien plus encore !) donc de contourner l’obstacle.

  4. Est-ce qu’on pouvait attendre quelque chose d’intelligent ou d’utile de la part d’un socialiste pur sucre supporter d’Anne Hidalgo ?

  5. Est-ce qu’on a envie que AirBnb se développe encore à Paris ? Je pense que je serai encore plus radical, que l’entreprise soit interdite en France et qu’on n’accepte QUE des alternatives européennes. J’ai pris le parti pris de ne plus utiliser ce service depuis 1 ans , et je m’en porte mieux.

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