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dimanche 10 mai 2026

Encadrement des loyers : l’illusion statistique

Temps de lecture : 2 minutes

Publié récemment, le rapport de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme) dresse un bilan de l’encadrement des loyers à Paris entre 2019 et 2025. Les loyers seraient en moyenne inférieurs de 5 % à leur niveau théorique sans encadrement, soit environ 81 euros économisés par mois en moyenne (jusqu’à 12,4 % pour les très petites surfaces, inférieures à 18m2). Un argument immédiatement repris par le maire socialiste Emmanuel Grégoire, qui plaide pour la pérennisation du dispositif. Il interpelle le gouvernement en se fondant sur le gain apparent pour les locataires.

Le raisonnement de M. Grégoire ignore toutefois les effets réels de l’encadrement des loyers lorsqu’il est réellement appliqué. La plupart des études internationales sur le sujet sont parfaitement claires : une telle politique réduit l’offre locative, la mobilité résidentielle et la qualité du parc. Or, à Paris, l’Apur montre que près d’une annonce sur deux (48,6 %) propose des loyers supérieurs à l’encadrement. Ce qui expliquerait pourquoi le rapport relève une « absence d’effet durable et significatif » sur l’offre locative entre 2018 et 2025. En France, l’association Clameur – l’observatoire des loyers du parc privé d’habitation – constate également l’inefficacité de l’encadrement des loyers, avec des variations de prix proches de 0 % à Lille et à Lyon, confirmant d’autres résultats (Paris, Lagos, Oslo).

La mairie de Paris préfère accuser les propriétaires de résidences secondaires et de logements vacants, tout en omettant soigneusement de mentionner les facteurs qui aggravent la pénurie, comme la réglementation sur les « passoires thermiques ». Paris est en effet l’une des villes les plus concernées par les logements classés F et G par la loi climat et résilience. Des dizaines de milliers de logements sont donc appelés à disparaître de l’offre locative. Une contraction organisée du marché, que le gouvernement envisage désormais de suspendre tant ses effets deviennent visibles.

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2 réponses

  1. « ..Des dizaines de milliers de logements sont donc appelés à disparaître de l’offre locative. Une contraction organisée du marché, que le gouvernement envisage désormais de suspendre tant ses effets deviennent visibles. »

    L’évidence qu’auraient des DPE punitifs sur la chute de l’offre de logement était à la portée de n’importe quel imbécile. Mais nos députés et gouvernants ont été en ce domaine économique en dessous de l’imbécilité, proches de la débilité profonde.

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