Comme chaque été, ceux qui ont pu aller se reposer à la mer ou en montagne ont constaté une certaine saturation de ces villes ou villages estivaux. Faut-il pour autant y interdire les résidences secondaires comme déjà en ont décidé ou sont sur le point d’en convenir Saint-Malo, Biarritz, Cancale, Chamonix, Oléron, Bonifacio, Annecy, Royan… ? Ces mesures démagogiques constituent une grave atteinte à la propriété et leurs effets pervers seront sans doute plus nombreux que prévu.
Constatant, en particulier dans les communes touristiques, la part importante de résidences secondaires dans le parc total et l’essor des meublés de tourisme, les parlementaires se sont inquiétés de la raréfaction de l’offre de logements en location de moyenne ou de longue durée, notamment pour les saisonniers, et de l’augmentation du coût moyen des loyers. Leur solution a été d’interdire la construction de nouvelles résidences secondaires.
Les ardeurs intempestives de la loi
Ainsi a été proposée par les députés Echaniz (PS) et Le Meur (macroniste) une loi, adoptée le 19 novembre 2024, pour y soumettre à DPE (diagnostic de performance énergétique) et à déclaration, voire à autorisation, les locations en meublé. Cette loi dispose encore que les communes dans lesquelles la taxe annuelle sur les logements vacants est applicable, ou celles dans lesquelles les résidences secondaires représentent plus de 20 % du nombre total d’immeubles à usage d’habitation, pourront délimiter « dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels toutes les constructions nouvelles de logements sont à usage exclusif de résidence principale ». Les logements soumis à cette obligation ne pourront pas être vendus ou loués sans que cette obligation figure au contrat et ils ne pourront pas être loués en meublés de tourisme. La loi étend aussi à toutes les « zones tendues » l’autorisation à obtenir pour changer la destination d’un local. Enfin, aux contraintes réglementaires ils ont ajouté une punition fiscale en supprimant le régime de fiscalité allégée des meublés de tourisme classés.
Le contre-exemple suisse
Les parlementaires auraient pourtant mieux fait d’aller d’abord voir du côté de la Suisse les effets contestables de telles mesures d’interdiction. En effet, sur initiative populaire de 2012, la Confédération helvétique a adopté la Lex Weber, loi fédérale sur les résidences secondaires (LRS) applicable depuis 2016, pour limiter drastiquement la construction de résidences secondaires dans les communes de villégiature touristique. Il s’agissait, comme en France, de lutter contre la flambée des prix de l’immobilier, la raréfaction des logements abordables pour les résidents permanents, la désertification des villages hors saison touristique et une pression croissante sur les paysages et les espaces naturels.
Sous réserve de certaines dérogations, la Lex Weber interdit de construire de nouveaux logements destinés à un usage libre (donc possiblement secondaire) dans les communes qui comptent plus de 20 % de résidences secondaires. Seules les anciennes constructions peuvent continuer d’être utilisées, vendues ou transmises librement, toute transformation et tout agrandissement de ces biens étant strictement réglementés.
Le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. « Force est de constater, observe Finance Lab, un bilan plutôt mitigé concernant les objectifs initiaux de la Lex Weber. […] l’objectif visant à offrir davantage de logements accessibles aux populations locales peine à être atteint. En effet, les communes alpines offrent peu de débouchés professionnels aux jeunes ménages, limitant ainsi les installations permanentes en montagne et la construction de résidences principales. »
Des agents immobiliers locaux observent que la loi « a occasionné non seulement des pertes d’emplois depuis son instauration, mais aussi une baisse de l’activité touristique. D’autre part, les subtilités de ladite loi entraînent de nombreux questionnements de la part des propriétaires qui doivent se rendre dans les tribunaux pour obtenir réponse. » Certains propriétaires déclarent improprement leur résidence secondaire en résidence principale… La situation reste difficile pour les habitants permanents et les travailleurs des régions de montagne qui peinent à trouver un logement abordable.
La nuisance des contraintes
En pratique, la construction de résidences secondaires a été stoppée en Suisse, mais leur raréfaction a fait beaucoup monter les prix des chalets à vendre. Sans pour autant que le prix des résidences dites principales ne baisse. Il a cependant moins augmenté parce que les acquéreurs considèrent à juste titre que les obligations d’usage qui pèsent sur ces biens nuit à leur valorisation.
L’avenir de ces communes touristiques est en jeu. Car en muselant le développement de ces territoires, le risque est de les endormir. Les commerçants n’y retrouveront pas leur compte. La dynamique sera peut-être cassée. Ces villages, figés, deviendront des musées. Les prix des logements à usage de résidence principale seront peut-être moindres, parce qu’il n’y aura plus de marché, moins de clients.
La limitation de construction crée des rentes de situation au profit des anciens propriétaires et pénalisent les nouveaux arrivants. C’est une mesure d’un monde ancien qui se protège par la loi contre les générations qui viennent. Mais l’avenir ne se gagne jamais en protégeant les situations acquises.
Ces mesures sont en outre une atteinte inadmissible à la propriété. Et attenter à la propriété consiste à couper les ailes de la population locale, à entraver son devenir.
Plutôt que d’interdire, la loi devrait faciliter. Si les contraintes étaient levées sur la location, saisonnière ou non, meublée ou non, si la fiscalité en était simple et modeste, il serait peut-être plus intéressant de louer à l’année ou à la saison aux employés locaux qu’à la semaine aux touristes.
Une fois de plus, les élus prétendent faire le bien des autres malgré eux et ils le font mal. Les habitants de chaque village savent mieux ce qu’ils souhaitent pour eux-mêmes que l’Assemblée nationale. A condition bien sûr que la réglementation ne les entrave pas. Mais trop souvent la loi les contraint et les incite ou oblige à des comportements déviants à l’encontre desquels elle intervient plus encore, au point de ruiner la liberté de choix des uns et des autres dans un cercle vicieux qui conduit à brouiller les vrais signaux, naturels et spontanés, des bonnes politiques.
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15 réponses
Dommage de ne pas souligner, qu’une résidence secondaire est assujetti à une taxe d’habitation, souvent élevée.
Réponse bateau de ceux qui voient chaque contrainte sociale comme une entrave à leur supposée liberté individuelle, et qui a le grand mérite d’éviter de réfléchir…
les anti croissance , les l’imitateurs de liberté , les fanatiques du retour au passé , les empêcheurs d’investir sont tous les mêmes !
ils vont à contre sens de la dynamique !
, ils creusent la tombe des villages qui seront de plus en plus en difficulté .
LIBERTÉ
Les propriétaires de résidences secondaires ne coûtent RIEN aux villes dans lesquelles se situent leurs biens. Ils n’ont pas besoin de services sociaux, de crèches, de cantines scolaires d’aides et allocations multiples,ni recours aux asssosss grassement subventionnées. Cependant, ils paient tout cela sur leur taxe foncière et ils sont pénalisés par une taxe d’habitation, souvent majorée.
Au Québec pour louer un logement, l’agence vous demande simplement et oralement « vous aurez de quoi payer ? » Ce à quoi vous répondez oui, et c’est tout. Pas de preuves demandées, pas de caution des parents, etc. Mais le jour où vous payez pas : expulsion sous dix jours. Ce n’est pas plus simple ?
Bonjour,
Il me semble qu’avec la fiscalité actuelle sur les résidences secondaires il n’y aura bientôt plus de résidences secondaires.
Comparez la fiscalité française immobilière avec celle de nos voisins immédiats… Depuis l’augmentation des taxes foncières à laquelle on ajoute l’instauration d’une taxe d’habitation, il faut vraiment vouloir acquérir une résidence secondaire pour se permettre d’acheter encore en France, HELAS !
A terme il n’y aura plus beaucoup de belles résidences secondaires mais des habitations vides…
J’ai dû m’y prendre à 3 fois pour lire la description de la loi pour bien comprendre, tellement ça semble au premier abord totalement stupide !
Comment fait un nouvel arrivant dans ces villes, commençant son travail (en période d’essai), venant d’un village situé à plus de 500km, et n’ayant pas encore trouvé un logement ? Il doit acheter direct ? Wow…
Avant d’acheter mon premier appart, j’ai vécu en location pendant 7 ans… Merci au proprio de m’avoir loué son bien pour que je puisse commencer ma carrière professionnelle !
Les maires veulent oublier la manne fiscale que leur apportent les résidents dits « secondaires », avec Taxes Foncière et et T. d’Habitation qu’ils augmentent sans cesse au delà du raisonnable et bientôt au delà des capacités contributives de ces propriétaires.
Ils jouent à la laitière et son pot au lait.
Les « maisons de famille » font le plein et animent l’activité locale : commerces et artisans. En Bretagne c’est très visible avec des maisons occupées à chaque vacances scolaires avec bémol à Noël et en Février, et parfois beaucoup plus par les retraités.
Ce ne sont pas les travailleurs temporaires : ouvriers agricoles, emplois d’ hôtellerie-restauration, emplois d’été d’animation du tourisme qui occuperont ou achèteront ces maisons.
Les villages sans offre touristique, donc sans résidences secondaires, sont inanimés, au mieux vivotent, très souvent déserts.
Elu(e)s soyez reconnaissant(e)s et remerciez les propriétaires de Résidences secondaires : ILS ONT CHOISI VOTRE VILLAGE OU VOTRE VILLE et pas ailleurs !
Donc ils méritent votre considération : DEFENDEZ-LES.
Ces communes ont fait leur fortune avec le tourisme. Elles en découvrent certains inconvénients et au lieu de s’en accommoder elles décident stupidement de scier la branche sur laquelle leur prospérité est assise.
qu’est ce qui empêche ces élus le plus souvent de gauche, toujours en mal de normes et de règlementations castrantes, d’acheter des terrains dans les zones touristiques qu’ils contrôlent afin de construire des logements à usage sociaux ? Mais pas fous, ils préfèrent obliger les propriétaires privés à se substituent à leurs devoirs sociaux en les forçant à mettre leur résidence secondaires à disposition de locataires éventuels fussent ils migrants ou squatteurs…
D’autre part, ce sont bien ces mêmes locaux qui vendent à prix d’or leur parcelles libres de terrain en vue de construction de logements secondaires, ce sont aussi les artisants, entreprises et commerçants locaux de tous ordres qui en profite.
Plus con tu meurs!!!!
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15 réponses
Dommage de ne pas souligner, qu’une résidence secondaire est assujetti à une taxe d’habitation, souvent élevée.
Ce qui est un contre-sens et un déni de justice puisque le résident secondaire use moins des biens et services communs que le résident principal.
Fin des libertés, retour au communisme.
Réponse bateau de ceux qui voient chaque contrainte sociale comme une entrave à leur supposée liberté individuelle, et qui a le grand mérite d’éviter de réfléchir…
les anti croissance , les l’imitateurs de liberté , les fanatiques du retour au passé , les empêcheurs d’investir sont tous les mêmes !
ils vont à contre sens de la dynamique !
, ils creusent la tombe des villages qui seront de plus en plus en difficulté .
LIBERTÉ
Les propriétaires de résidences secondaires ne coûtent RIEN aux villes dans lesquelles se situent leurs biens. Ils n’ont pas besoin de services sociaux, de crèches, de cantines scolaires d’aides et allocations multiples,ni recours aux asssosss grassement subventionnées. Cependant, ils paient tout cela sur leur taxe foncière et ils sont pénalisés par une taxe d’habitation, souvent majorée.
Au Québec pour louer un logement, l’agence vous demande simplement et oralement « vous aurez de quoi payer ? » Ce à quoi vous répondez oui, et c’est tout. Pas de preuves demandées, pas de caution des parents, etc. Mais le jour où vous payez pas : expulsion sous dix jours. Ce n’est pas plus simple ?
J’adore 👍🏼
Bonjour,
Il me semble qu’avec la fiscalité actuelle sur les résidences secondaires il n’y aura bientôt plus de résidences secondaires.
Comparez la fiscalité française immobilière avec celle de nos voisins immédiats… Depuis l’augmentation des taxes foncières à laquelle on ajoute l’instauration d’une taxe d’habitation, il faut vraiment vouloir acquérir une résidence secondaire pour se permettre d’acheter encore en France, HELAS !
A terme il n’y aura plus beaucoup de belles résidences secondaires mais des habitations vides…
Ici il serait préférable de parler de « taxe de non habitation »…
J’ai dû m’y prendre à 3 fois pour lire la description de la loi pour bien comprendre, tellement ça semble au premier abord totalement stupide !
Comment fait un nouvel arrivant dans ces villes, commençant son travail (en période d’essai), venant d’un village situé à plus de 500km, et n’ayant pas encore trouvé un logement ? Il doit acheter direct ? Wow…
Avant d’acheter mon premier appart, j’ai vécu en location pendant 7 ans… Merci au proprio de m’avoir loué son bien pour que je puisse commencer ma carrière professionnelle !
Les maires veulent oublier la manne fiscale que leur apportent les résidents dits « secondaires », avec Taxes Foncière et et T. d’Habitation qu’ils augmentent sans cesse au delà du raisonnable et bientôt au delà des capacités contributives de ces propriétaires.
Ils jouent à la laitière et son pot au lait.
Les « maisons de famille » font le plein et animent l’activité locale : commerces et artisans. En Bretagne c’est très visible avec des maisons occupées à chaque vacances scolaires avec bémol à Noël et en Février, et parfois beaucoup plus par les retraités.
Ce ne sont pas les travailleurs temporaires : ouvriers agricoles, emplois d’ hôtellerie-restauration, emplois d’été d’animation du tourisme qui occuperont ou achèteront ces maisons.
Les villages sans offre touristique, donc sans résidences secondaires, sont inanimés, au mieux vivotent, très souvent déserts.
Elu(e)s soyez reconnaissant(e)s et remerciez les propriétaires de Résidences secondaires : ILS ONT CHOISI VOTRE VILLAGE OU VOTRE VILLE et pas ailleurs !
Donc ils méritent votre considération : DEFENDEZ-LES.
Ces communes ont fait leur fortune avec le tourisme. Elles en découvrent certains inconvénients et au lieu de s’en accommoder elles décident stupidement de scier la branche sur laquelle leur prospérité est assise.
qu’est ce qui empêche ces élus le plus souvent de gauche, toujours en mal de normes et de règlementations castrantes, d’acheter des terrains dans les zones touristiques qu’ils contrôlent afin de construire des logements à usage sociaux ? Mais pas fous, ils préfèrent obliger les propriétaires privés à se substituent à leurs devoirs sociaux en les forçant à mettre leur résidence secondaires à disposition de locataires éventuels fussent ils migrants ou squatteurs…
D’autre part, ce sont bien ces mêmes locaux qui vendent à prix d’or leur parcelles libres de terrain en vue de construction de logements secondaires, ce sont aussi les artisants, entreprises et commerçants locaux de tous ordres qui en profite.
Plus con tu meurs!!!!