L’IREF a dénoncé à plusieurs reprises ces dernières années la tendance des politiques français, et notamment des hommes et des femmes de l’État, à s’approprier les questions d’urbanisme sous couvert de rendre celui-ci plus « vert » ou « durable », ces tartes à la crème du lexique décroissantiste dont se gargarisent les bien-pensants. Nous relations il y a quelques mois encore dans une « pendule à l’heure » comment la « décentralisation » tant vantée en matière d’urbanisme n’est bien souvent hélas que la projection au niveau régional ou local de l’insatiable interventionnisme étatique, incapable de s’en tenir aux strictes limites du régalien – fonctions qu’il remplit de ce fait souvent fort mal, comme tout un chacun peut s’en apercevoir jour après jour. Mais au lieu d’en finir avec cette vielle tendance, l’État va au contraire encore élargir son champ d’action en la matière en consacrant 24 millions d’euros à la réhabilitation d’une vingtaine de centres commerciaux dans notre pays (il en existe aujourd’hui plus de 1 500 sur l’ensemble du territoire national, généralement situés à l’entrée des villes). Ce dans le cadre d’un appel à projets sur fonds privés de plusieurs milliards, chapeauté par l’État.
On apprend que le gouvernent a mobilisé autour de ce projet des élus locaux, des architectes, des urbanistes, mais aussi… des sociologues. Car ainsi que l’explique un tout récent article paru dans The Conversation, il convient aujourd’hui de repenser jusqu’à l’identité même des zones commerciales, devenues autant de symboles d’ « un mode de vie jugé obsolète par les professionnels de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, celui du règne de l’automobile et de la surconsommation, (…) héritage des Trente Glorieuses ». Seront désormais privilégiées les constructions échelonnées sur plusieurs étages au lieu d’être déployées en longueur, ce qui libèrera ainsi l’espace nécessaire pour y installer panneaux solaires, logements, écoles, espaces verts… Bref, la ville du futur pour le gouvernement comme pour nombre de sociologues de l’urbanisme, assise sur la sanctification de la « mobilité douce » et l’incrimination de la circulation automobile en tant que telle. (Nous sommes à cet égard on ne peut plus éloignés du temps où le président Pompidou pouvait déclarer qu’il fallait « adapter la ville à l’automobile ».) Ici encore, l’État fait le contraire de ce qu’il devrait faire : au lieu de transférer la responsabilité des questions d’urbanisme aux seuls acteurs locaux de la société selon une véritable politique de décentralisation, il continue à en défendre jalousement la confiscation afin de consolider sa place d’acteur incontournable dans tous les domaines. Il est temps que les Français sortent de leur sommeil collectiviste et fassent leur la citation évangélique devenue proverbiale : « Rendez à César ce qui est à César » – et à la société ce qui est à la société.
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Ils veulent mettre la main sur le foncier pour créer de gros projets immobiliers dont le petit capital sera absent. Désormais, le commerçant ne serait plus qu’un locataire… Ils veulent un monde de multinationales.
Petit à petit c’est le droit et la liberté d’entreprendre qu’ils confisquent.
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