Barcelone s’est imposée comme l’un des laboratoires européens les plus radicaux en matière de régulation des locations touristiques. En juin 2024, la municipalité dirigée par le maire Jaume Collboni a annoncé son intention de supprimer progressivement toutes les licences de locations de courte durée – notamment celles qui sont commercialisées via des plateformes comme Airbnb –  avec l’objectif de les faire disparaître d’ici 2028, espérant ainsi endiguer la crise du logement et la hausse des loyers.
Sur le papier, c’est simple : contraindre les propriétaires à remettre des logements sur le marché résidentiel devrait théoriquement augmenter l’offre et faire baisser les prix. Mais plusieurs analyses récentes et le suivi des effets concrets montrent que cette approche est loin d’être efficace – et qu’elle l’est encore moins si elle n’est pas accompagnée d’une politique de construction significative.
L’analyse des données des villes européennes ayant appliqué des régulations strictes des locations touristiques (dont Barcelone) le prouve :  ces mesures n’ont pas réussi à améliorer significativement la situation du logement pour les résidents locaux – au contraire, elles pourraient avoir eu un coût économique non négligeable en réduisant les opportunités d’activité. Les hausses de loyers n’ont pas été enrayées, les disponibilités de logements n’ont pas augmenté.
En réalité, la crise du logement en Espagne, et spécialement à Barcelone, est structurelle : la construction dans le neuf n’a pas suivi la croissance du nombre de ménages. Dans un tel contexte, restreindre l’offre touristique limite peut-être un peu la conversion de quelques logements en locations saisonnières mais ne constitue pas une réelle solution pour les habitants permanents.
Un exemple de plus donc (nous avons déjà évoqué ceux d’Amsterdam et du Pays basque, il en existe d’autres, à New York, Lisbonne…) des limites d’une politique qui se contente d’interdire des formes spécifiques de location sans s’attaquer à la racine du problème, une offre de logements résidentiels trop faible. Et un exemple de plus de mesures cosmétiques, qui calment momentanément les critiques sans pour autant améliorer la situation dans le long terme.
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Une réponse
Après l’ecologie punitive, l’économie punitive ?!
En Argentine, Milei a même prouvé, après un blocage des loyers par le précédent gouvernement de gauche, que libérer les prix etait bénéfique :
– plus de locations
– et des loyers moins élevés (sans doute à cause de l’augmentation de l’offre).