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vendredi 14 août 2026

Cette « communication » de l’Etat sur tout et sur rien, qui coûte trop cher aux Français…

Temps de lecture : 2 minutes

Le Premier ministre a annoncé sur X une « réforme structurelle de la communication de l’État ». Objectif : ramener la dépense d’un milliard d’euros en 2024 à 700 millions, soit 300 millions d’économies. Motif invoqué : entre 2019 et 2024, ces dépenses ont progressé de 45 %, près de trois fois l’inflation.

Saluons d’abord le geste. Reconnaître publiquement qu’un poste budgétaire a dérapé de 45 % en cinq ans n’est pas si courant, et le principe d’un compte rendu annuel devant le Parlement va dans le bon sens. Reste que l’annonce mérite d’être lue de près.

Premier point : « les dépenses reviendront à leur niveau antérieur ». Ce niveau antérieur, c’est celui de 2019. Autrement dit, on ne réduit pas la dépense de communication de l’État,  on annule un dérapage –  celui-là même que la puissance publique s’est autorisée pendant cinq ans sur le dos des contribuables sans que personne ne s’en soit soucié. On nous présente donc comme une économie ce qui n’est qu’un retour à la case départ. À prix constants, les 700 millions de 2026 pèsent d’ailleurs sensiblement moins lourd que ceux de 2019 : la vraie baisse est plus modeste encore que l’affichage.

Deuxième point : le mot « réforme ». Que trouve-t-on dessous ? Un budget unique de 113 millions pour les campagnes grand public. Des délégations ministérielles promues « référents de tout leur périmètre ». Un bureau unique de communication dans chaque préfecture, sous l’autorité du préfet. On ne supprime rien : on regroupe, on coordonne, on crée un échelon là où il y en avait plusieurs. La réforme structurelle de l’administration consiste, une fois de plus, à réorganiser le mastodonte plus qu’à se débarrasser des structures inutiles. Ce n’est pas une réforme, c’est du toilettage.

Troisième point, et c’est le plus important : comment l’État utilise-t-il ce milliard d’euros (ou ces 700 millions) de communication ? La sécurité routière, la prévention sanitaire, le recrutement dans les armées – soit, bien que l’efficacité d’une communication qui s’obstine souvent à infantiliser les Français plus que de raison ne soit pas évidente. Mais pour le reste ? Le débat ne devrait pas porter uniquement sur le montant de la facture, mais tout autant sur la nature de la dépense : l’Etat ne pourrait-il être plus sobre, s’il se cantonnait à ses missions régaliennes ?

La « communication », une sorte d’impératif catégorique de notre époque, a renversé la logique : on explique avant de penser. La parole de nos dirigeants – loin d’être « libérée » ! – est minutieusement organisée mais, comme notre Etat se mêle de tout et de rien à la fois, elle tourne souvent à la péroraison. Il y aurait bien plus efficace : restreindre le champ des interventions, s’en tenir à l’essentiel, sans l’emballer dans des considérations plus ou moins déviantes. Un pays qui édicte des règles claires et lisibles n’a pas besoin de dépenser des centaines de millions d’euros pour les faire connaître.

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