Journal d'actualité libéral
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mardi 11 août 2026

État efficace ou État limité ?

Temps de lecture : 2 minutes

Sébastien Lecornu a lancé, dès son installation à Matignon, une mission « État efficace », confiée à deux hauts fonctionnaires, Pierre-Mathieu Duhamel et Denis Morin. Elle a deux objectifs : d’une part, rendre l’organisation administrative plus lisible, plus simple et plus efficace – par exemple en proposant de regrouper, fusionner, voire supprimer des structures qui font double emploi dans le même champ de politique publique – et d’autre part, contribuer à une meilleure gestion des départements ministériels et des opérateurs de l’État.

Pour montrer clairement ce qu’il voulait, le Premier ministre, en même temps qu’il créait cette mission, supprimait six délégations interministérielles diverses et le poste de coordonnateur national des mobilités pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Un an après la fin des JO, il était temps !

Début juillet, Pierre-Mathieu Duhamel a présenté les premiers résultats de sa mission devant la commission spéciale du Sénat sur l’agencification. Il en a profité pour se demander pourquoi l’État ne disposait pas de la majorité des voix au sein de nombreuses instances dirigeantes. Il a notamment fait référence à l’Agence de la transition écologique (Ademe) dont le conseil d’administration a adopté, en mai dernier, une résolution appelant le gouvernement à retirer son projet de loi « État local ». Une agence étatique s’opposant à une initiative gouvernementale, c’est bien la preuve qu’il y a quelque chose de pourri chez les opérateurs. Duhamel souhaite donc que l’État ait la majorité des voix délibératives au conseil d’administration quand il fournit la majorité des financements.

Du côté des fusions de structures, il ne faut espérer le grand soir. Duhamel a dit qu’il verrait bien l’Office scientifique et technique de l’outre-mer se rapprocher du CNRS, et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) fusionner avec le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Selon lui, l’Agence nationale du sport pourrait aussi être supprimée. C’est à peu près tout !

Si tout cela va dans le bon sens, on est encore très loin du compte. Nous nous permettons de renvoyer messieurs Duhamel et Morin à l’étude de l’IREF qui donne de nombreuses idées de suppressions et de rationalisation.

Mais le problème restera entier tant que l’on ne se posera pas les bonnes questions. Il ne s’agit pas, comme le fait la mission « État efficace », de s’interroger sur les motifs qui ont conduit à la création de tel ou tel opérateur et de se demander s’ils sont toujours d’actualité. Qu’il opère via une direction ministérielle ou une agence, c’est toujours de l’État qu’il s’agit.

Non, il faut d’abord se demander si le sujet à traiter est bien du ressort de l’État. Redéfinir les limites de l’État est une tâche indispensable. Moins omnipotent, il (re)deviendra efficace.

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12 réponses

  1. Question sournoise : si une agence ou un comité théodule est supprimé, que deviennent ses membres ? Le fond de la question est : comment se concrétise économiquement la suppression ? Si c’est pour recaser ses membres en doublures inutiles dans d’autres entités, tout cela n’est que de la poudre aux yeux.

  2. Il faut commencer par supprimer TOUTES les « agences » et éventuellement en créer de nouvelle quand il a été démontré de manière irréfutable qu’elles apportent quelques chose.

  3. Pour qu’un Etat soit efficace il me semble élémentaire , non pas de juger de son travail mais, de commencer par définir ses fonctions de sorte qu’elles soient parfaitement encadrées et qu’elles ne permettent pas la naissance de contre-pouvoirs comme la magistrature par exemple. L’efficacité ensuite se mesure par la qualité des résultats et donc , ce que l’on a oublié en France depuis longtemps , la compétence . Cette compétence qui laisse dubitatifs quand on note que Catherine Vautrin ( par exemple ) est Ministre des Armées sans avoir servit sous les drapeaux et après avoir été Ministre du Travail Cela mettrait assurément un terme à cette manie présidentielle de nommer ses copains partout , vous savez cette habitude qu’on appelle « La Valse des Imbéciles ».

  4. Vous allez demander à cet homme politique de scier la branche sur-laquelle il est assis
    Il est pas maso notre lecorniaud…

  5. Demander à 2 hauts fonctionnaires de rendre l’Etat plus efficace c’est comme demander à un parachutiste de sauter sans parachute.

  6. Les hauts fonctionnaires bloquent toutes les instructions des politiques ! Ils veulent conserver leurs avantages en ne changeant rien ! Ces décisions ne seront donc jamais appliquées. Idem pour le reste tant que la table ne sera pas renversée !

  7. Si c’était pas dramatique on pourrai en rire. Encore un bel effet de prestidigitateur. Il faut reconnaître qu’ils sont des maîtres dans cet art. A pleurer.

  8. L’irresponsabilité et l’absence de comptes à rendre ont fait de la politique le refuge des imbéciles. Il faut mieux verrouiller l’accès au pouvoir et sanctionner les erreurs.

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