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mardi 4 août 2026

Ceuta, l’Espagne et l’invasion migratoire : que faire ?

Temps de lecture : 2 minutes

Ceuta est une ville autonome espagnole d’environ 83 000 habitants située sur le continent africain, n’ayant qu’une seule frontière terrestre avec le Maroc. Elle vient de subir ce que l’on peut clairement appeler une invasion migratoire : environ 60 000 personnes ont forcé la frontière et l’ont envahie, provoquant des scènes surréalistes. L’écrasante majorité de ces migrants sont de jeunes hommes.

Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol socialiste, a déclaré qu’il fallait « que les migrants puissent rentrer au Maroc le plus tôt possible ». Il a aussi dénoncé une « attaque » et une « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Pourtant, sa politique migratoire est en partie responsable de la situation. D’avril à juin, cette année, son gouvernement a lancé une vaste procédure de régularisation de sans-papiers : environ 1,3 million de demandes ont été recensées ! Cela a forcément créé un appel d’air.

Manque de vigilance ? Certains le disent. D’autres accusent le gouvernement marocain d’avoir délibérément provoqué l’événement : Pedro Sanchez cherche à se rapprocher d’Alger, et il a rendu la semaine précédente une « visite amicale » au président Abdelmadjid Tebboune… Des agents rapportent la passivité de la police marocaine et selon le média The Objective, des rapports des services de renseignement avaient alerté le gouvernement espagnol sur une possible vague migratoire dans les villes autonomes de Ceuta et Melilla quelques jours avant les premières traversées de la frontière. Déjà en 2021, près de 9 000 personnes étaient entrées à Ceuta peu après que le leader indépendantiste du Sahara occidental eut été accueilli en Espagne.

Le gouvernement espagnol affirme que plusieurs dizaines de milliers de migrants seraient retournés au Maroc mais le président de Ceuta constate qu’il y en a encore des milliers dans les rues et que  la ville n’a pas retrouvé une vie normale.  

Giorgia Meloni a proposé de fermer l’espace Schengen à l’Espagne. A son initiative, 22 pays demandent dans une lettre aux instances dirigeantes de l’UE, que les ministres européens de l’Intérieur se réunissent d’urgence en visioconférence pour tenter de répondre à la situation. Les signataires l’affirment : « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne. Et qu’une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal. » La France n’est pas signataire de cette lettre…

L’Espagne pourrait s’inspirer de la Pologne, qui a pris des mesures pour contrôler l’immigration illégale à sa frontière avec la Biélorussie. Elle a, comme  le rappelle son Premier ministre (centriste) Donald Tusk, « durci ses lois sur l’asile, ses procédures frontalières, et a construit des barrières efficaces à sa frontière avec le Belarus, qui constitue la frontière orientale de l’UE ». Elle a aussi  « investi des milliards d’euros et mobilisé des milliers de soldats, de policiers et de gardes-frontière. L’Espagne doit suivre notre exemple si Schengen doit survivre. »

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