Les engagements à prendre en matière de maîtrise du déficit budgétaire, sur fond de dérapage incontrôlé des dépenses publiques, compliquent considérablement la tentative de Michel Barnier de former un gouvernement. Près de deux semaines après sa nomination à Matignon, ce dernier a annulé sine die, officiellement pour prendre le temps d’évaluer plus complètement une situation budgétaire « très grave » (ce qui est très vraisemblable, sans compter la découverte du maquillage de comptes publics) une réunion avec trois des principaux dirigeants de la Macronie, Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Elisabeth Borne. Une autre réunion avec la direction des LR a aussi été annulée.
Les premiers ont annoncé, pour la première fois de manière claire, qu’ils étaient intéressés par un poste au gouvernement mais à condition d’un engagement clair à ne pas augmenter les impôts, après que plusieurs médias, dont Le Parisien et BFMTV, ont rapporté, en citant des interlocuteurs du Premier ministre, que Michel Barnier jugeait sans doute inévitable d’augmenter les impôts. Cette mesure dans le pays à la plus forte pression fiscale du monde, comme l’a d’ailleurs reconnu Michel Barnier, serait absurde et certainement contre-productive puisque pénalisant le travail ou la prise de risque (ceux qui sont persuadés qu’un niveau élevé de fiscalité ne détruit pas l’assiette taxable pourraient utilement se demander pourquoi une fiscalité lourde est utilisée, sciemment, pour réduire la consommation de tabac et n’aurait miraculeusement pas un impact équivalent sur le travail, ou l’investissement…). Cela dit, ces objections de la part de ministres d’un gouvernement n’ayant pas vraiment réduit la pression fiscale en France depuis sept ans, et multiplié les dépenses électoralistes, genre aide au chauffage au bois, aide au rapiéçage de vêtements ou au ressemelage de chaussures et vêtements, ne manquent pas de sel.
Sous l’effet de recettes fiscales plus faibles que prévu et de la hausse des dépenses des collectivités territoriales, le déficit budgétaire pourrait atteindre 5,6% du PIB cette année, au lieu des 5,1% espérés, et 6,2% en 2025 si rien n’est fait pour enrayer cette tendance, selon les dernières estimations du Trésor. Avec la dissolution de l’Assemblée nationale et la démission du gouvernement Attal, l’élaboration du projet de loi de finances pour 2025 a pris du retard. Initialement fixé au 1er octobre, l’examen du projet de loi au Parlement pourrait intervenir le 9 octobre.
Par ailleurs, le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, pourtant peu convaincant en matière de maîtrise des dépenses quand il était jadis ministre des Finances, a estimé que « l’objectif de déficit pour l’année 2024 (…) ne sera pas atteint », devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
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2 réponses
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Champions de la redistribution.
Champions des prélèvements obligatoires.
Champions de l’endettement.
Il nous manquait quoi pour le grand schelem? …Champions de la bêtise.
Avec l’augmentation des impôts, nous y sommes !
La première mesure que devrait prendre ce gouvernement serait d’inscrire dans la constitution l’interdiction pour la dépense publique de dépasser 40% (par ex.) du PIB sous peine de destitution du président.
La deuxième mesure serait de mettre en place un programme de réduction de cette dépense jusqu’au taux prévu dans la constitution dans un délais « raisonnable ».
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