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lundi 13 juillet 2026

Coupe du monde de football : politique et sport ne font jamais bon ménage

Temps de lecture : 3 minutes

Pression de Donald Trump sur la FIFA avant la rencontre Belgique/Etats-Unis, « affaire Mbappé » après le match ayant opposé la France au Paraguay, controverses sur l’arbitrage : les polémiques ne manquent pas depuis le début de la Coupe du monde de football.

 

Les libéraux sont attachés à la préservation de la sphère de la société civile. Ils savent que l’État tente toujours de l’absorber – version totalitaire – ou d’empiéter sur elle pour les motifs les plus divers – version autoritaire ou interventionniste. Il en est ainsi dans le domaine sportif. Logiquement, celui-ci appartient à la sphère de la société civile.

D’ailleurs, dans le football, la FIFA, autrement dit la fédération internationale de football, est une association. Pourtant, la 23e édition en cours de la Coupe du monde n’est pas exempte de polémiques qui traduisent des tentatives d’empiètement de la part d’hommes politiques. Certes, l’histoire regorge de faits autrement plus graves, tels la Coupe du monde de 1934 dans l’Italie fasciste, les Jeux olympiques de Berlin en 1936 ou ceux de Moscou en 1980. Il n’en demeure pas moins que la coupe organisée aux Etats-Unis est révélatrice de la persistance de faits à tout le moins fort désagréables.

L’affaire Trump

Le football aux Etats-Unis connaît une situation paradoxale : particulièrement populaire dans sa version féminine – les Américaines sont souvent au firmament –, il ne reçoit que peu d’attention en ce qui concerne les hommes, le football américain ou le basket-ball étant autrement populaires. Mais la Coupe du monde masculine 2026 se déroule en terre américaine, donc chez Donald Trump. Un président américain qui entretient les meilleures relations avec le président de la FIFA. Pour ceux qui ne le savaient pas, l’affaire du carton rouge le leur aura appris.

De quoi s’est-il agi ? L’attaquant vedette américain Balogun récolte deux cartons jaunes, donc un carton rouge, en 16e de finale, synonyme de suspension lors du match contre la Belgique en 8e. C’était sans compter sur le chef de l’Etat américain qui a reconnu avoir spécialement téléphoné à son ami de la FIFA pour le persuader de faire annuler la sanction. Etrangement, la commission de discipline s’est exécutée, si bien que le joueur américain est autorisé à participer au match… qui se traduit finalement par une défaite en rase campagne des Etats-Unis. Mais le mal, médiatique et sportif, était fait.

L’affaire Mbappé

La France rencontre en 8e de finale le Paraguay. Etrangement encore une fois, la FIFA désigne un arbitre ouzbek inexpérimenté. Sa partialité sera unanimement condamnée, sauf au Paraguay et en Argentine… Sur beIN Sports, le consultant Daniel Bravo qualifiera l’équipe paraguayenne d’« équipe de voyous », constituée de « petites frappes »…

L’affaire purement sportive aurait pu en rester là, si ce n’est qu’une obscure sénatrice paraguayenne en mal de notoriété s’est ensuite manifestée – insultes racistes à l’appui – pour fustiger le manque d’élégance du capitaine français qui, après avoir reçu force coups non sanctionnés par l’arbitre, n’aurait pas eu la présence d’esprit de saluer le gardien adverse… Kylian Mbappé ayant répondu vertement, mais dignement, à la sénatrice, celle-ci s’est insurgée et sa réponse vaut le détour. En effet, elle a menacé de saisir un avocat (ce qu’elle a fait depuis lors) afin de porter plainte pour « violences sexistes et violences politiques contre les femmes ». Une stratégie wokiste qui ne manque pas de sel s’agissant d’une parlementaire de centre droit !

L’instrumentalisation du sport

Les questions géopolitiques et/ou idéologiques ont fréquemment empoisonné le sport en général et le football en particulier. Qui ne se souvient des turpitudes des régimes communistes ? Les « dopages par l’avortement » des athlètes, dont l’efficacité sportive reste au demeurant plus que controversée, restent sans doute le procédé le plus méprisable. Qui ne se souvient des pressions et autres menaces opérées sur les arbitres ? Le faux amateurisme qui permettait aux sportifs des pays communistes surentraînés de se confronter à leurs homologues uniquement non professionnels des pays de l’Ouest pour remporter force médailles aux Jeux olympiques et tenter d’apporter aux régimes de « l’homme nouveau » de la popularité ? On pourrait multiplier sans fin les exemples.

Mais le détournement de l’esprit sportif n’est pas l’apanage des dictatures en général et des pays communistes en particulier. En Occident, l’interventionnisme de l’État au sens large, à commencer par les collectivités locales sur fond de marché politique et de clientélisme, est un procédé courant que nous ne connaissons que trop bien dans notre pays, ne serait-ce que  par les subventions aux associations, surtout dans les banlieues difficiles.

Dans ce domaine comme dans les autres domaines non régaliens, l’État n’a pourtant aucune légitimité à s’immiscer. La déliquescence de nos finances publiques et les tensions sur les finances locales pourraient, au-delà même des questions de fond, permettre de résoudre, au moins en partie, le problème.

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