C’est à se demander si, en France, même l’entrepreneuriat, dont on penserait a priori qu’il relève de l’initiative privée, ne participe pas désormais lui aussi du maternage étatique ambiant, aujourd’hui étendu à l’échelle de la société tout entière. Un récent article du Parisien, intitulé « Les clés du succès dans la création d’entreprise », insiste ainsi sur l’importance pour les créateurs d’entreprise d’être épaulés notamment par des organismes et des aides d’ordre… public. On reconnaît là, du reste, un réflexe mental hélas par trop répandu dans notre pays : que peuvent bien faire pour moi l’État et les collectivités locales ? se demandent ordinairement nombre de Français, biberonnés depuis des lustres à l’assistanat et à l’argent public, plutôt que de chercher à compter avant tout sur eux-mêmes.
Ainsi convient-il, selon l’article en question, de « faire appel, le plus en amont possible, à des structures publiques et des réseaux d’experts ». On pense par exemple à des organismes publics comme Bpifrance ou France Travail (ex-Pôle emploi), ou parapublics tels que BGE ou Initiative France. On lit en outre un peu plus loin que « pendant la phase d’élaboration et de démarrage du projet, le bénéficiaire peut être orienté vers des subventions et des dispositifs régionaux ». Il en existe en effet de nombreux, parmi lesquels l’aide à la création ou la reprise d’entreprise (Acre), le nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise (Nacre) – auquel sont notamment éligibles les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires de minima sociaux -, ou encore les prêts d’honneur, tel celui prévu par la région Île-de-France dans le cadre de son parcours « Entrepreneur Leader » – lequel prêt peut atteindre 120 000 € pour les projets innovants et technologiques, et 50 000 € pour les TPE-PME. « Avant de se tourner vers des prestations privées payantes, poursuit l’auteur de l’article, il est intéressant de vérifier que le service n’est pas proposé gratuitement (sic) par un acteur public »… C’est oublier qu’il n’existe pas de repas gratuit, pour reprendre le fameux mot de l’économiste Milton Friedman : il y a en effet toujours quelqu’un qui paye en définitive… et ce quelqu’un n’est autre ici que le contribuable.
Il conviendrait dans notre pays non pas de favoriser mais au contraire de réduire fortement, voire de supprimer les programmes d’accompagnement public des « jeunes pousses », qui sont inefficaces, contribuent à en gonfler artificiellement le nombre, et qui transfèrent en outre une partie du risque afférant à toute création d’entreprise – qui ne devrait être supporté que par les intéressés – à la société dans son ensemble. C’est le capital-risque et l’investissement privé qu’il faut encourager, au travers d’investisseurs providentiels (« business angels »), de pépinières et incubateurs d’entreprises résolument privés, dégagés de la manne des financements publics.
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Le comble de ce système se trouve dans l’agriculture où les jeunes créateurs (jusqu’à 40 ans !) bénéficient de subventions, prêts, avantages fiscaux, conseils de l’Etat et des Régions. Pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement, des projets irréalistes sont soutenus. Un système qui permet à tout un petit monde de fonctionnaires et de bureaucrates de survivre, tout en renforçant leur maimise sur le monde agricole.
Tout à fait d’accord…
J’avais créé une petite affaire de reprographie et d’édition numérique qui fonctionnait bien à force de travail, d’opiniâtreté et de sacrifices…
Aucun conseils, ni capitaux autres que quelques économies personnelles…
Arrivé à la retraite j’ai été contacté par un jeune ambitieux et travailleur qui souhaitait se lancer.
Voulant faire au mieux il a contacté chambre de commerce, chambre des métiers, et a passé un temps considérable à peaufiner son projet avec ses conseillers… Ils n’ont rien trouvé de mieux que de lui faire créer une « holding » sous prétexte de quelques avantages financiers… que je n’ai toujours pas compris !
Ca lui a pris des mois à constituer son dossier et obtenir ses prêts, il a eu de la chance que je ne sois pas particulièrement pressé car l’affaire lui serait passée sous le nez.
Il lui a été suggéré de se lancer dans l’impression 3D avec acquisition de machines très onéreuses, il a dû quitter le centre ville pour un local 5 fois plus grand et très onéreux…
Bref il a voulu casser la baraque… et il a réussi !
Je lui avais transmis une entreprise avec une trésorerie confortable, pratiquement sans dettes ni emprunts… 2 ans après il déposait le bilan lamentablement : cumul de montages trop complexes et d’investissements trop lourds pas assez rapidement rentabilisés.
On ne lui a pas expliqué assez bien que le but d’une entreprise c’est de gagner de l’argent et non d’obtenir des prêts importants pour s’acheter les plus beaux équipements.
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3 réponses
N’ont pas besoin de ça non plus ? : https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/le-28e-regime-le-plan-de-la-commission-europeenne-pour-simplifier-la-creation-d-entreprise-dans-l-ue/#:~:text=Ce%20syst%C3%A8me%20vise%20particuli%C3%A8rement%20les,baptis%C3%A9%20%22Eu%2Dinc%22.
Le comble de ce système se trouve dans l’agriculture où les jeunes créateurs (jusqu’à 40 ans !) bénéficient de subventions, prêts, avantages fiscaux, conseils de l’Etat et des Régions. Pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement, des projets irréalistes sont soutenus. Un système qui permet à tout un petit monde de fonctionnaires et de bureaucrates de survivre, tout en renforçant leur maimise sur le monde agricole.
Tout à fait d’accord…
J’avais créé une petite affaire de reprographie et d’édition numérique qui fonctionnait bien à force de travail, d’opiniâtreté et de sacrifices…
Aucun conseils, ni capitaux autres que quelques économies personnelles…
Arrivé à la retraite j’ai été contacté par un jeune ambitieux et travailleur qui souhaitait se lancer.
Voulant faire au mieux il a contacté chambre de commerce, chambre des métiers, et a passé un temps considérable à peaufiner son projet avec ses conseillers… Ils n’ont rien trouvé de mieux que de lui faire créer une « holding » sous prétexte de quelques avantages financiers… que je n’ai toujours pas compris !
Ca lui a pris des mois à constituer son dossier et obtenir ses prêts, il a eu de la chance que je ne sois pas particulièrement pressé car l’affaire lui serait passée sous le nez.
Il lui a été suggéré de se lancer dans l’impression 3D avec acquisition de machines très onéreuses, il a dû quitter le centre ville pour un local 5 fois plus grand et très onéreux…
Bref il a voulu casser la baraque… et il a réussi !
Je lui avais transmis une entreprise avec une trésorerie confortable, pratiquement sans dettes ni emprunts… 2 ans après il déposait le bilan lamentablement : cumul de montages trop complexes et d’investissements trop lourds pas assez rapidement rentabilisés.
On ne lui a pas expliqué assez bien que le but d’une entreprise c’est de gagner de l’argent et non d’obtenir des prêts importants pour s’acheter les plus beaux équipements.