Le premier tour des élections municipales a eu lieu dimanche 15 mars dernier. Dans les petites communes, de nouvelles règles sont apparues, ce qui semble avoir entrainé une hausse de l’abstention et des votes blancs et nuls.
En effet, en application de la loi du 21 mai 2025, le mode de scrutin dans les communes de moins de 1 000 habitants est désormais un mode de scrutin de liste paritaire. Avant, les électeurs pouvaient notamment ajouter ou barrer des noms sur le bulletin. De fait, chaque candidat devait ainsi obtenir un score supérieur à 50 % pour être élu. Sinon, un deuxième tour était organisé. Le panachage n’étant plus possible, tout nom rayé ou ajouté devient un bulletin nul. Ainsi, pour les petites communes où les habitants ont déjà du mal à constituer une liste (qui doit également respecter la parité), l’enjeu est fortement réduit, si ce n’est nul.
Cela se traduit par une augmentation de l’abstention, du vote blanc et des bulletins nuls. Paul Cébille, rédacteur en chef de l’observatoire statistique Hexagone, a analysé l’écart entre l’abstention et les votes blancs et nuls de dix communes de moins de 1 000 habitants, choisies au hasard, par rapport aux élections de 2020.
Commune
Abstention
Blancs/Nuls
Saint-Cirq-Lapopie (46)
+13 points
+18 points
La Roque-Gageac (24)
-1 point
+12 points
Bonneval-sur-Arc (73)
+29 points
+11 points
Baume-les-Messieurs (39)
+16 points
+21 points
Gerberoy (60)
+16 points
+7 points
Besle (43)
+8 points
+28 points
Aiguèze (30)
+1 points
+15 points
Arlempdes (43)
+5 points
+4 points
Lavardin (41)
+7 points
+4 points
Brousse-le-Château (12)
+10 points
+8 points
Le résultat est saisissant : en moyenne, on note une hausse significative de l’abstention et une explosion des votes blancs et nuls. Qui plus est, ces résultats sont comparés avec l’élection de 2020, en pleine pandémie de covid et juste avant le premier confinement ! L’abstention au niveau national était de 55 % au premier tour.
Lors du premier tour de dimanche dernier, si l’abstention (42 %) a été moins forte qu’en 2020, c’est néanmoins un record hors crise sanitaire ! Lors du scrutin municipal de 2014, le taux d’abstention n’avait pas dépassé 36,6 %. Cela se vérifie en particulier dans les petites communes. Dans mon village, la participation a été de 61,75 % cette année contre 70,16 % en 2014. Les votes blancs et nuls confondus étaient de 4,48 % en 2014, contre 19,47 % en 2026 !
Si l’on compare 2026 et 2014 avec d’autres communes de moins de 1 000 habitants prises au hasard, on obtient la même tendance.
Commune
Abstention
Blancs/Nuls
Echallat (16)
+13.83 points
+7.82 points
Brach (33)
+20.83 points
+7.11 points
Combray (14)
+20.71 points
+19.82 points
Uttenheim (67)
+28.35 points
+13.88 points
Azat-Châtenet (23)
+24.56 points
+14.79 points
Pour les communes de Combray et d’Uttenheim, nous avons comparé les résultats avec le premier tour. En effet, en 2014, certains candidats n’ont pas obtenu 50 % des voix : il y avait donc eu un deuxième tour, preuve de la vitalité de la démocratie locale avec l’ancien mode de scrutin !
Avec ce nouveau système, les habitants des petites communes rurales perdent un moyen de signaler leur mécontentement auprès du maire sortant ou d’un candidat en particulier. Pour Paul Cébille, dans une tribune pour FigaroVox, dans les communes avec une seule liste, « l’isoloir ne sert donc plus à départager des projets ou des personnalités : il sert à enregistrer, pour l’administration, la liste qui s’est autodésignée. » L’uniformisation provoque une perte de pouvoir démocratique ; c’est une nouvelle preuve du manque de subsidiarité dans notre pays et de la déconnexion entre les élus nationaux et locaux.
Il conviendrait, pour la vitalité démocratique des petites communes, de revenir à l’ancien mode de scrutin. Une autre solution serait de comptabiliser les votes blancs et nuls, mais la portée serait moins significative.
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9 réponses
Ce n’est pas qu’un problème de panachage seulement quelques Français qui ont encore les pieds sur terre au regard des listes et programmes annoncés. Choisir entre la peste et le choléra n’est pas une issue. Reste que les nul, blancs et abstentions parfois majoritaires ou pas loin ne reflètent pas d’une démocratie digne de ce nom et n’empêchera pas certain de crier Victoire alors qu’ils ne sont élus que par une petite minorité.
On peut ajouter à ces freins (parité,
non panachage ) que les listes doivent être complètes et que le nombre de conseillers municipaux par habitants est supérieur dans les petites communes que dans les grandes. Il y est donc particulièrement difficile d’y construire une liste, alors 2… Dès lors, la tentation peut être grande pour un maire sortant d’intégrer ses opposants dans sa liste unique. L’électeur n’a alors plus que pouvoir de voter blanc ou d’aller à la pêche pour manifester sa désapprobation. Finalement cette réforme est un déni de démocratie.
Bonjour,
Aucun intérêt de faire un tableau comparatif pour des communes où il n’y a qu’une liste.
Ça aurait été intéressant de savoir combien de votes sont nuls, histoire de se rendre compte de la non information des citoyens sur la réforme de mode de scrutin.
Cordialement.
Le Panachage éviterait d’élire des incompétents(tes)…. ou des indésirables….
– Dans les petites communes on se connaît les choix sont donc plus motivés.
– Pour le partarisme ? C’est idiot ! Elire plus d’hommes que de femmes ou l’inverse peut être un choix intelligent si cela evite d’élire des nullités ou des indésirables.
Exemple d’un vrai dilemne quand on forme son équipe…
Arrivé au milieu de la liste on aimerait ajouter Paul ou Pauline qui sont très bien, mais on ne peut pas car trop d’homme ou trop de femmes. Ce sera donc Pierre ou Pierrette qui sont des seconds choix
Rappelons nous que « Le sexe des anges » est toujours une question sans réponse.
Nombreuses petites villes n’ont présenté qu’une liste, laissant une alternative entre un vote exprimé et un vote blanc ou nul. Sachant que ces derniers ne sont pas pris en compte, pourquoi aller voter puisque le seul qui intéresse est celui pour le candidat unique? Cela est frustrant et confirme que les règles supposées défendre la démocratie sont en fait une entrave à l’expression. L’obligation de listes paritaires n’est elle pas un obstacle à la diversité tant prônée ?
La parité hommes femmes est stupide pour une petite commune. Certaines personnnes sont sur une liste et élue uniquement à cause de leur sexe alors qu’elle n’ont aucune vocation ou compétence pour siéger au Conseil municipal. C’est le cas de ma petite commune où le maire, compétent, dévoué et respecté, s’est excusé d’avoir démantelé partie de son équipe, elle même dévouée et compétente, à cause de la parité. Mais si nos dirigeants nationaux étaient réalistes et courageux, ça se saurait !
La prise en compte des votes blancs et nuls pourrait, au contraire, devenir réellement significative. À condition qu’elle soit vraiment prise en compte : si « blanc » l’emporte à la majorité des suffrages exprimés, alors on recommence l’élection avec d’autres candidats. Dans ces conditions, on aurait un changement vraiment significatif.
Dans la mesure où il appartiendrait aux politiques de voter une telle réforme, et que celle-ci risque d’avoir des effets fort inconfortables pour eux, je doute que ça ne soit jamais fait.
En effet, la situation de non-concurrence ne se trouve pas que dans les communes de moins de mille habitants. Elle s’est déjà présentée dans des seconds tours de législatives. Il faudrait donc reprendre l’idée du sénateur Pasqua en 1978 et la pousser jusqu’au bout. Lui se contentait de demander que l’on dépose dans ces bureaux des bulletins blancs, sans qu’ils deviennent des suffrages exprimés (idée qu’il a oublié quand il est devenu ministre de l’intérieur).
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9 réponses
Ce n’est pas qu’un problème de panachage seulement quelques Français qui ont encore les pieds sur terre au regard des listes et programmes annoncés. Choisir entre la peste et le choléra n’est pas une issue. Reste que les nul, blancs et abstentions parfois majoritaires ou pas loin ne reflètent pas d’une démocratie digne de ce nom et n’empêchera pas certain de crier Victoire alors qu’ils ne sont élus que par une petite minorité.
On peut ajouter à ces freins (parité,
non panachage ) que les listes doivent être complètes et que le nombre de conseillers municipaux par habitants est supérieur dans les petites communes que dans les grandes. Il y est donc particulièrement difficile d’y construire une liste, alors 2… Dès lors, la tentation peut être grande pour un maire sortant d’intégrer ses opposants dans sa liste unique. L’électeur n’a alors plus que pouvoir de voter blanc ou d’aller à la pêche pour manifester sa désapprobation. Finalement cette réforme est un déni de démocratie.
Bonjour,
Aucun intérêt de faire un tableau comparatif pour des communes où il n’y a qu’une liste.
Ça aurait été intéressant de savoir combien de votes sont nuls, histoire de se rendre compte de la non information des citoyens sur la réforme de mode de scrutin.
Cordialement.
Le Panachage éviterait d’élire des incompétents(tes)…. ou des indésirables….
– Dans les petites communes on se connaît les choix sont donc plus motivés.
– Pour le partarisme ? C’est idiot ! Elire plus d’hommes que de femmes ou l’inverse peut être un choix intelligent si cela evite d’élire des nullités ou des indésirables.
Exemple d’un vrai dilemne quand on forme son équipe…
Arrivé au milieu de la liste on aimerait ajouter Paul ou Pauline qui sont très bien, mais on ne peut pas car trop d’homme ou trop de femmes. Ce sera donc Pierre ou Pierrette qui sont des seconds choix
Rappelons nous que « Le sexe des anges » est toujours une question sans réponse.
Nombreuses petites villes n’ont présenté qu’une liste, laissant une alternative entre un vote exprimé et un vote blanc ou nul. Sachant que ces derniers ne sont pas pris en compte, pourquoi aller voter puisque le seul qui intéresse est celui pour le candidat unique? Cela est frustrant et confirme que les règles supposées défendre la démocratie sont en fait une entrave à l’expression. L’obligation de listes paritaires n’est elle pas un obstacle à la diversité tant prônée ?
La parité hommes femmes est stupide pour une petite commune. Certaines personnnes sont sur une liste et élue uniquement à cause de leur sexe alors qu’elle n’ont aucune vocation ou compétence pour siéger au Conseil municipal. C’est le cas de ma petite commune où le maire, compétent, dévoué et respecté, s’est excusé d’avoir démantelé partie de son équipe, elle même dévouée et compétente, à cause de la parité. Mais si nos dirigeants nationaux étaient réalistes et courageux, ça se saurait !
C’est fou cette habitude de nos bureaucrates de toujours défaire ce qui fonctionne pour pondre une aberration. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter.
La prise en compte des votes blancs et nuls pourrait, au contraire, devenir réellement significative. À condition qu’elle soit vraiment prise en compte : si « blanc » l’emporte à la majorité des suffrages exprimés, alors on recommence l’élection avec d’autres candidats. Dans ces conditions, on aurait un changement vraiment significatif.
Dans la mesure où il appartiendrait aux politiques de voter une telle réforme, et que celle-ci risque d’avoir des effets fort inconfortables pour eux, je doute que ça ne soit jamais fait.
En effet, la situation de non-concurrence ne se trouve pas que dans les communes de moins de mille habitants. Elle s’est déjà présentée dans des seconds tours de législatives. Il faudrait donc reprendre l’idée du sénateur Pasqua en 1978 et la pousser jusqu’au bout. Lui se contentait de demander que l’on dépose dans ces bureaux des bulletins blancs, sans qu’ils deviennent des suffrages exprimés (idée qu’il a oublié quand il est devenu ministre de l’intérieur).
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