Journal d'actualité libéral
|
lundi 15 décembre 2025

Déficits et dépenses publiques : le FMI demande à  la France de prendre des « mesures importantes et nécessaires »

Temps de lecture : 2 minutes

grève France

Des « décisions difficiles » sont nécessaires en France pour rétablir les finances publiques, a indiqué jeudi le Fonds monétaire international (FMI), mettant en garde contre le recours aux hausses d’impôts pour réduire le déficit sans s’attaquer aux dépenses publiques les plus élevées de la planète en proportion du revenu. Une mise en garde inhabituelle, même si elle n’est pas la première, vu le niveau de dégradation des comptes publics.

Concrètement, le FMI recommande un ajustement structurel « important » de 1,1% du PIB en 2026, suivi d’environ 0,9 % du PIB par an en moyenne à moyen terme ». Il s’agit, certes, d’une trajectoire d’ajustement conforme à celle prévue par les autorités, mais ces dernières sont peu explicites et précises sur les réductions de dépenses envisagées, hormis un vague projet de fusion d’agences publiques, ce qui pousse le FMI à appeler à un projet « étayé par un ensemble de mesures bien défini et crédible ».

« La mise en oeuvre de cette consolidation budgétaire substantielle nécessitera des mesures décisives et des décisions difficiles pour garantir l’équité et la justice », écrit l’institution de Washington dans un rapport sur les finances publiques françaises appelé Article IV.  Sans nouvelles mesures « significatives », le déficit public resterait autour de 6% du PIB et la dette publique augmenterait jusqu’en 2030, là où le gouvernement promet à l’inverse de revenir dans les clous européens d’ici 2029, sous les 3% de déficit.

Si les pouvoirs publics s’appuyaient surtout sur une hausse d’impôts pour réduire le déficit, le cinquante-troisième d’affilée pour l’Etat français, série record depuis Louis XIV, cela « pèserait sur la confiance des entreprises, la consommation des ménages et le potentiel de croissance », alerte le FMI qui ne prévoit que 0,6% de croissance cette année.

Le gouvernement français compte trouver 40 milliards d’euros d’économies pour respecter ses objectifs de réduction du déficit public en 2026, et entend présenter ses propositions d’ici au 14 juillet qui devraient mêler baisses de dépenses et hausses de recettes, en supprimant notamment certaines niches fiscales mais sans hausses généralisées d’impôts.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


7 réponses

  1. Et si on demandait au FMI de faire  » le boulot  » et d’agir ? ainsi tous les partis et politiques pourraient aprés avoir responsabilisé l’UE de tous les maux de la France , pourraient responsabiliser et porter la faute sur le FMI .
    A ce jour aucun parti politique ne prendra le risque de  » tailler  » dans les dépenses , surtout avant les élections municipales 2026 et ………Présidentielle 2027 . Chacun défendra les priviléges de son électorat affilié .
    Pour exemple : préavis de gréve a la SNCF avant les JO , accords conclus , les syndicats ont obtenu ce qu’ils voulaient . Et bis répétitas en mai avant les ponts : les syndicats ( encore ) ont gagné .
    en fin de compte nous devrions peut étre souhaiter l’intervention directe du FMI ?

  2. Le FMI commence à lancer ses poissons pilotes pour tester le peuple et amortir le choc quand il interviendra, ce qui, à mon avis, est inévitable vu l’état politique de la France et le manque de courage de ses dirigeants. On peut s’attendre dans le futur, de sa part, à un discours et une attitude du genre « On vous l’avait bien dit mais vous n’avez rien fait, eh bien maintenant vous allez souffrir » quand ils débarqueront avec des mesures drastiques et douloureuses sur une France agonisante financièrement qui n’aura plus aucun choix possible. Je note que le gouvernement promet de revenir dans les clous en 2029. Est-ce risible ou pitoyable ?

  3. Voilà enfin quelqu’un qui a tout compris.
    Pour tout dire, je pense que tout ce qui va nous tomber sur le dos (gouvernance du FMI – un bis repetita de la Grèce et de Chypre) est voulu depuis le placement de macron à la tête de l’état.
    Ce plan, prévu de longue date, c’est : vente des infrastructures, rabotage des acquis sociaux (retraites, congés payés, santé, chômage,…) qui passeront dans le privé , baisse des salaires, ponctions sur l’épargne.
    Tout ceci sous la houlette du FMI qui ramènera le niveau de vie des Français au niveau des Roumains.

  4. @Jojo,

    Je crains aussi que vous ayez raison, mais croyez vous que la population lambda est consciente des avertissements du FMI qui s’adressent il me semble plutôt aux politiques qu’au peuple? AMHA, il n’y a qu’environ 20% des français qui sont « éveillés » et 80% qui gobent sans broncher la propagande du gouvernement, mais au final nous serons 100% à souffrir!

  5. En fait AUCUNE économie n’est envisagée. Ils n’ont toujours rien compris nos énarques! Ce qui oblige le FMI à mettre en garde le gouvernement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.