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lundi 19 janvier 2026

Derrière le « choc chinois » et le libre-échange : enrichissement des Américains et de l’économie américaine

Temps de lecture : 2 minutes

russie

On attribue volontiers à la montée en puissance commerciale de la Chine tous les maux économiques des États-Unis. La perte de 2,4 millions d’emplois industriels américains entre 1999 et 2011 serait directement imputable aux importations chinoises selon une étude réalisée par Daron Acemoglu, David Autor, David Dorn, Gordon Hanson et Brendan Price. Pourtant, les recherches récentes du National Bureau of Economic Research (NBER) montrent que ces destructions d’emplois industriels ont été en grande partie compensées par la création de postes dans d’autres secteurs et régions. Tandis que l’emploi reculait dans certains bassins manufacturiers du Midwest et du Sud, il progressait dans les services, notamment dans les pôles dynamiques de la côte Ouest et du Nord-Est.

Selon une autre étude du NBER, entre 2000 et 2007, on peut même affirmer que les zones les plus exposées à la concurrence chinoise ont enregistré un gain net d’emplois de 1,27 %, une fois intégrés les effets d’équilibre général.

Du côté des consommateurs, les bénéfices ont été massifs. D’après la Réserve fédérale, chaque point de pourcentage supplémentaire d’importations en provenance de Chine a entraîné une baisse des prix à la consommation de 1,9 %. À l’échelle d’un ménage américain, cela représente une économie annuelle d’environ 850 dollars. Si l’on intègre cet effet dans une analyse du bénéfice pour les consommateurs, le gain agrégé est estimé à 411 000 dollars par emploi industriel perdu.

Les données macroéconomiques confirment cette dynamique. En 2018, les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont atteint un record de 659,8 milliards de dollars. Cette année-là, le taux de chômage américain est tombé à 3,9 %, son niveau le plus bas entre 1991 et 2018. Dans le même temps, la croissance du PIB a atteint 3,0 %, un sommet pour la période 2006–2020.

Sur le long terme, les échanges commerciaux sino-américains sont passés de 384,3 milliards de dollars en 2007 à 655,6 milliards en 2021. Loin d’affaiblir l’économie américaine, cette ouverture commerciale a profité au pouvoir d’achat : entre 2007 et 2021, il a augmenté de 23 %, soit la plus forte progression parmi les grands pays de l’OCDE.

Malgré ces résultats, le protectionnisme s’est renforcé. Depuis 2018, les droits de douane sur les produits chinois coûteraient en moyenne 831 dollars par an aux ménages américains. Or, pour chaque emploi « recréé » sous contrainte tarifaire, ce sont des dizaines de consommateurs et d’entreprises qui en supportent le coût.

Ainsi, loin d’appauvrir les États-Unis, le libre-échange a favorisé des gains de pouvoir d’achat, de productivité et d’emplois dans plusieurs secteurs. Dans un contexte de tensions commerciales persistantes, le relèvement des barrières douanières reviendrait à pénaliser durablement l’économie intérieure sans bénéfice net pour les Américains.

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2 réponses

  1. Si, en comparaison, la Chine est plus gagnante, alors je dis que les USA sont perdants de la relation

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