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samedi 13 décembre 2025

Elise Lucet veut empêcher les riches de disposer librement de leur argent

Temps de lecture : 4 minutes

Élise_Lucet©Wikipédia

France 2, qui gaspille l’argent des Français (le coût du service public de radio-télévision est de 4Md€ par an pour les contribuables), veut empêcher les riches de disposer librement du leur. Dans sa dernière émission de « Cash Investigation« , le 24 juin 2025, Elise Lucet, une égérie de la chaîne, les a une nouvelle fois traqués avec force insinuations, suggestions, commentaires fielleux… à défaut de preuves et d’argumentaire solide.

Les crimes de P. E. Sterin selon Elise Lucet

Elle a consacré une large partie de son émission à Pierre-Edouard Sterin, pour le condamner, sans lui donner bien sûr la possibilité de se défendre. Ce patron, qui s’est enrichi en créant la smartbox (des coffrets cadeaux), est coupable à ses yeux non seulement de s’être exilé en Belgique mais, pire encore, de consacrer une large partie de sa fortune à aider aujourd’hui financièrement des personnalités politiques et des organisations diverses, notamment des laboratoires de pensée, de droite et/ou libéraux, à se développer en France. A cet effet il a créé une société, dénommée Périclès, dont la vocation est d’assister et de financer, dans un spectre assez large, les personnes physiques et morales susceptibles de contribuer à la reconstruction d’une majorité de droite libérale.

Es-qualités de libéraux, nous sommes persuadés que le libéralisme n’est ni de gauche ni de droite (Bastiat siégeait à gauche à l’Assemblée), et que dans tous les cas il ne peut être ni protectionniste, ni étatiste. Nous pensons, comme M. Sterin, que la reconquête de l’opinion passe par un combat de l’intelligence, un combat notamment culturel, la politique n’étant (ou ne devant être) d’une certaine manière que l’esprit en action (cf. le libéral italien du début du XXème siècle Benedetto Croce qui fut le mentor de Gramsci à cet égard), ce qui explique combien la politique est vide quand la culture devient contre-culture ou inculture. Et nous faisons le constat que nous sommes dans cet état lacunaire et qu’il est urgent de revivifier les racines d’une pensée capable de remettre le monde, ou du moins la France, à l’endroit, c’est-à-dire dans le respect intégral des libertés humaines.

Certes on peut avoir des doutes sur la possibilité d’arriver à convaincre de libéralisme une droite trop souvent engoncée dans un souverainisme étroit ou persuadée des vertus thaumaturges de l’Etat. Nous nous sommes d’ailleurs interrogés sur notre participation au dernier Sommet des Libertés qu’ont organisé Périclès et deux think-tanks libéraux, le soir même de l’émission de Mme Lucet (24 juin), dès lors que bien des invités, des lepénistes et autre Dupont-Aignan, étaient si loin de nous que nous pouvions craindre légitimement de n’être guère écoutés et sinon peu entendus. Mais se parler, garder des portes ouvertes, restait intéressant et peut-être salutaire. Pour défendre nos idées, faire partager nos convictions, nous répondons volontiers à toutes les invitations, de quelque couleur qu’elles soient, pour autant qu’elles ne soient pas des traquenards. Au surplus, comme je l’ai écrit, je suis persuadé qu’un vrai libéralisme peut s’entendre avec un certain conservatisme sur un socle fondateur, le carré magique que défendait notre cher professeur Jacques Garello : dignité humaine, liberté et responsabilité personnelle, propriété. Ce pourquoi l’IREF a présidé, sans arrières pensées, et participé, avec Jean-Philippe Feldman et Pierre Garello, à une table ronde de ce Sommet, sur le thème on ne peut plus libéral de la réduction du périmètre de l’Etat.

La haine des autres

Mme Elise Lucet ne hait pas tous les riches. Elle ne critique jamais les patrons qui soutiennent la presse de gauche comme Pierre Bergé ou Mattieu Pigasse. Elle ne blâme pas non plus Olivier Legrain, le millionnaire rouge enrichi dans des LBO (rachats avec effet de levier) douteux qui ont surtout endetté et fragilisé ses entreprises, mais qui a utilisé une partie de son argent pour soutenir l’extrême gauche : l’hebdomadaire antilibéral et écologiste Politis, le mensuel Regards… et des politiques comme François Ruffin, Clémentine Autain, Eric Piolle…

Mme Lucet et consorts de gauche se battent contre Périclès parce qu’ils constatent justement l’effondrement de la gauche et un certain renouveau d’une droite plus avisée et d’un libéralisme cohérent qui n’est pas qu’un « économisme ». Alors que le patronat, à tort, ne se mêlait plus de politique depuis longtemps sinon pour satisfaire à ses petits avantages et pour profiter d’un capitalisme de connivence dont il se satisfaisait, il se réveille désormais à la vie des idées et à celle de la Cité. Des patrons acceptent de consacrer de l’argent et du temps-cerveau à leurs idées et d’y risquer leur réputation. Et ils ne sont pas à gauche. Certains tombent dans le populisme ou travestissent la droite libérale, mais d’autres cherchent à réunir les esprits et les énergies autour d’un débat utile. Plusieurs nous aident efficacement à l’IREF. C’est ce que Mme Lucet et ses acolytes ne supportent pas. Ils exècrent ceux qui réussissent et qui pourraient, en plus, parvenir à reconstituer une majorité libérale et conservatrice pour les vaincre.

Pour lutter contre ces nouveaux adversaires que la gauche se découvre, celle-ci veut interdire aux riches de donner de l’argent aux organisations de droite ou libérales. Elle a déjà obtenu que les syndicats et, très largement, les partis politiques, soient financés par l’argent public. Elle prône désormais que seul l’Etat puisse distribuer de l’argent aux think tanks, ces laboratoires d’idées qui, comme l’IREF, contribuent à la régénération de la pensée politique. Dépendants de l’Etat, ils seraient ainsi à sa merci.

En témoigne la commission d’enquête parlementaire concernant l’organisation des élections en France, dont Antoine Léaument, député LFI, est le rapporteur. A sa demande, la commission a voulu se pencher sur les projets de  Périclès qui associe « un objectif assumé de victoire électorale à une stratégie de long terme ». Elle voudrait que de telles initiatives soient contrôlées par l’Etat qui seul saurait valider les « qualité et fiabilité » que requièrent de telles initiatives ! M. Sterin a légitimement utilisé tous les ressorts de la procédure pour refuser de se présenter à cette commission érigée en tribunal et de répondre aux questions de ces nouveaux Robespierre. Mais la dérive de l’Assemblée nationale est véritablement effrayante.

Face aux dangers de l’extrême gauche, et pour la défaire, il paraît nécessaire que ceux qui pratiquent le respect réciproque et défendent toutes les libertés restent unis sans pour autant que cela les empêche de discuter entre eux de l’avenir qu’il faudra construire en s’écoutant les uns les autres.

A cet égard, réjouissons-nous sans vergogne que certains patrons aient le courage de s’engager et la générosité de soutenir des organisations libérales plutôt que de les bouder ou de pinailler sur leurs idées. Il ne s’agit pas d’abandonner nos convictions mais de conserver cette volonté de sans cesse confronter nos certitudes pour mesurer notre ignorance et notre immense capacité à apprendre et faire grandir notre détermination.

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6 réponses

  1. Il me semble bien que c’est elle qui fait de la pub dans certains jeux sur le net pour des produits financiers risqués trop beaux pour être vrais

  2. Merci Jean-Philippe pour ce recadrage permanent de cette extrême gauche qui gangrène tout en France. De la justice à l’assemblée, la gauche a tout détruit et ce sera aux vrais humanistes libéraux de rebâtir notre projet pour une France libre et responsable.

  3. Je trouve profitable pour la France et la droite française de retrouver nos valeurs avec la générosité de patrons qui ont fait fortune,,
    Croyez vous que la gauche dont fait partie cette dame se gêne ? Regardez’ l’alliance avec les islamistes très grave…la gauche à toujours magouillee …pour avoir le pouvoir…les villes gérées par les verts (même famille) c’est horrible ce qui s’y passe.
    Alors messieurs les patrons merci de nous aider..
    La droite a besoin de VOUS.

  4. Et combien gagne cette dame-patronnesse de la TV d’Etat ? Cela me rappelle M. Hollande qui détestait les « riches » à partir de 4000 euros par mois, tout en empochant des milliers d’euros d’argent public pour ne rien faire d’autre que bavasser, « blagouner » en régalant à nos frais les journalistes et prêcher sa morale socialo-bobo aux Français .

  5. « il paraît nécessaire que ceux qui pratiquent le respect réciproque et défendent toutes les libertés restent unis sans pour autant que cela les empêche de discuter entre eux de l’avenir qu’il faudra construire en s’écoutant les uns les autres. »

    Et surtout savoir s’unir sans barguigner sur un candidat et un seul aux échéances électorales cruciales, ce qui semble encore mal parti

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