Le chef de l’État a repris ses habits de monarque républicain pour décider, contre l’avis des spécialistes, du prêt à Londres de la Tapisserie de Bayeux. A défaut de La Joconde dont on avait parlé encore en 2018 à la suite des prêts successivement octroyés par le général de Gaulle et par Valéry Giscard d’Estaing, Emmanuel Macron a décidé de prêter de septembre 2026 à juin 2027 la Tapisserie de Bayeux, le chef d’œuvre de l’art roman du XIe siècle, au British Museum. Désireux de montrer qu’il existe encore en dépit de son affaiblissement institutionnel depuis la dissolution ratée, notre monarque républicain l’a annoncé le 8 juillet à l’occasion de sa visite d’État à Londres.
Il s’agit d’un serpent de mer depuis 2018. Le projet verra finalement le jour à la faveur de la fermeture pour travaux du musée de la ville du Calvados et, pour un montant de 2 millions d’euros, de la rénovation de la tapisserie. L’objectif, a déclaré Emmanuel Macron, est de « revivifier la relation culturelle entre nos deux pays et la confiance qu’il y a aujourd’hui entre nous ». Le prêt ne sera d’ailleurs pas unilatéral puisque des trésors anglais feront le voyage inverse, à destination de deux musées de Normandie.
Il y a juste un léger problème sur lequel le Président de la République n’a pas beaucoup… brodé : l’extrême fragilité, relevée par les experts, de cette œuvre exceptionnelle de 70 mètres de long sur 50 centimètres de large (Ouest France, 9 juillet 2025 ; Paris Normandie, 9 juillet 2025). Mais Jupiter a tonné : « On m’a dit que c’était une folie et qu’on ne pouvait pas le faire. Comme toujours quand on ne veut pas faire les choses, il y a beaucoup de gens pour inventer (sic) tout un tas de contraintes. Je suis content qu’on puisse démontrer le contraire ». Impossible n’est pas Macron !
Toutefois, Le Figaro (8 juillet 2025) relève cruellement qu’en 2018, il avait fallu 20 personnes pour parvenir à déplacer la tenture de quelques centimètres seulement à l’intérieur de la vitrine ! Espérons que la tapisserie presque millénaire survivra au règne dévastateur de Macron Ier…