Tous les politiques français se réclament aujourd’hui du gaullisme. De gauche ou de droite, ils vantent les mérites d’une France dirigée par le Général avec, selon eux, sa grandeur et ses exploits. Ils oublient que c’était aussi une France centralisée, interventionniste et de plus en plus bureaucratisée et aussi une société en plein changement avec à sa tête, comme l’écrit Jean-François Revel dans son essai, Le style du Général, un homme avec la « manie de grandeur » et qui se considérait comme une « incarnation perpétuelle de la France éternelle ».
Tous les politiques français se réclament aujourd’hui du gaullisme. De gauche ou de droite, ils vantent les mérites d’une France dirigée par le Général avec, selon eux, sa grandeur et ses exploits. Ils oublient que c’était aussi une France centralisée, interventionniste et de plus en plus bureaucratisée et aussi une société en plein changement avec à sa tête, comme l’écrit Jean-François Revel dans son essai, Le style du Général, un homme avec la « manie de grandeur » et qui se considérait comme une « incarnation perpétuelle de la France éternelle ».
Grâce au journaliste Henri-Christian Giraud, on en apprend encore plus sur la personnalité du Général. Son livré révèle « l’alliance » secrète du général De Gaulle avec le tyran Staline en juillet 1941. Grâce à des centaines de documents d’archives (françaises et soviétiques) et au travail d’enquête extrêmement minutieux de l’auteur, le lecteur découvre un personnage complexe, ambigu et qui agit sans en informer ses alliés « naturels », Churchill et Roosevelt. Le récit est vivant, comme un roman d’espionnage, les personnages s’entrecroisent, d’un côté, les émissaires de De Gaulle, de l’autre, ceux de Staline. « J’espère que les Russes seront à Berlin avant les Américains », dit De Gaulle à Maïski, l’ambassadeur de l’URSS à Londres, le 4 décembre 1942. De nombreux autres exemples sont donnés par Giraud.
De Gaulle est admiratif de l’URSS de Staline. A-t-il oublié les trahisons soviétiques qui ont coûté cher à la France ? Le traité de Brest-Litovsk et le pacte germano-soviétique, sans oublier le télégramme de félicitations de Staline à Hitler pour sa victoire sur la France ? De Gaulle n’est sûrement pas dupe. Il connaît bien les velléités expansionnistes de Staline, ses tactiques mensongères, ses crimes et ses duperies de dictateur communiste. Pourquoi alors ce comportement ? Par anti-américanisme ? Par mépris à l’égard des Anglais ? Par aveuglement ? (Rappelons-nous : plus tard, De Gaulle va aussi sous-estimer l’impérialisme communiste en Indochine…) Par duplicité ? Probablement, un peu de tout cela à la fois. Le PCF, à la solde de de l’URSS, risquait de devenir de plus en plus dangereux. En flattant Staline, De Gaulle a-t-il voulu maîtriser les communistes français ? Et quel a été le vrai rôle de Jean Moulin par rapport à De Gaulle, alors qu’il aurait été agent des Soviétiques, comme l’explique Thierry Wolton ? Cette période est encore pleine de mystères…
L’essai de Giraud propose de nombreuses pistes et l’abondance des sources ne fait qu’aiguiser la curiosité des lecteurs.
Henri-Christian Giraud : De Gaulle et les communistes (Perrin, 2020) De Gaulle a été mythifié.
Et ça n’est pas bon, car ça déconnecte de la réalité factuelle. Et ça nous plonge dans des arrières mondes, dans de la fantasmagorie qui nous évite de regarder la réalité en face avec tout ce qu’elle comporte d’atroce. Et toute une trivialité humaine en vient à disparaitre.
C’est une manie française, tous ces intellectuels, politiques, qui vivent dans des constructions intellectuelles déconnectées des réalités.
Le même problème se pose avec Napoléon. Il devient un paravent, il devient LA grandeur de la France… Et on oublie toute la souffrance, la mort, toutes ses mères qui ont perdu leurs fils. La barbarie, la cruauté. La famine même, en Espagne, des centaines de milliers de morts à cause de cette guerre, 650.000 personnes. — »avec une perte directe en vies humaines équivalente au 2,5 % de la totalité de la population, mais qui pourrait s’élever jusqu’au 7% dû à la diminution du taux de natalité. En 1808, l’Espagne comptait 11.808.693 habitants. »*
C’est insupportable selon moi. L’occultation de la souffrance humaine pour créer des mythes, est une perversion de l’esprit ne permettant pas la construction de fondations solides.
“On doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité.” – Voltaire, Oedipe.
*- Espagne, l’enfer de Napoléon – Emilio de Diego
– Démographie et guerre en Espagne – Estaban Canales
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Henri-Christian Giraud : De Gaulle et les communistes (Perrin, 2020)
De Gaulle a été mythifié.
Et ça n’est pas bon, car ça déconnecte de la réalité factuelle. Et ça nous plonge dans des arrières mondes, dans de la fantasmagorie qui nous évite de regarder la réalité en face avec tout ce qu’elle comporte d’atroce. Et toute une trivialité humaine en vient à disparaitre.
C’est une manie française, tous ces intellectuels, politiques, qui vivent dans des constructions intellectuelles déconnectées des réalités.
Le même problème se pose avec Napoléon. Il devient un paravent, il devient LA grandeur de la France… Et on oublie toute la souffrance, la mort, toutes ses mères qui ont perdu leurs fils. La barbarie, la cruauté. La famine même, en Espagne, des centaines de milliers de morts à cause de cette guerre, 650.000 personnes. — »avec une perte directe en vies humaines équivalente au 2,5 % de la totalité de la population, mais qui pourrait s’élever jusqu’au 7% dû à la diminution du taux de natalité. En 1808, l’Espagne comptait 11.808.693 habitants. »*
C’est insupportable selon moi. L’occultation de la souffrance humaine pour créer des mythes, est une perversion de l’esprit ne permettant pas la construction de fondations solides.
“On doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité.” – Voltaire, Oedipe.
*- Espagne, l’enfer de Napoléon – Emilio de Diego
– Démographie et guerre en Espagne – Estaban Canales