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dimanche 10 mai 2026

En France, la « démocratie sociale » prime la « démocratie politique »

Temps de lecture : 3 minutes

Plusieurs parlementaires tentent depuis l’année dernière de limiter l’interdiction de travailler le 1er mai, notamment pour les boulangers et les fleuristes. C’est ainsi que les sénateurs du groupe Union centriste au Sénat ont déposé il y a un an une proposition de loi (n° 550, 25 avril 2025) « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai ». Nous passerons sur les étapes de la procédure législative. Retenons simplement que l’obstruction de la gauche et de l’extrême gauche n’ont pas permis en janvier dernier l’examen du texte voté par le Sénat.

Gabriel Attal en a profité pour reprendre le texte à son compte et permettre qu’il soit examiné en séance publique à l’Assemblée nationale le 10 avril. Les huit grandes organisations salariales, CGT, CFDT et FO en première ligne, ont adressé à tous les députés une lettre le 5 mars pour leur demander, au nom de « l’histoire sociale » et des « conquêtes collectives », de rejeter le texte. Entre temps, le député Jean-Marie Fiévet avait dû, sous la pression, retirer sa proposition de loi (n° 2503, 17 février 2026) « visant à permettre l’ouverture des boulangeries tous les jours de la semaine »…

Les députés de La France Insoumise, relais de certains syndicats, ont déposé 114 amendements pour jouer une fois encore l’obstruction parlementaire lors de l’examen de la proposition le 10 avril. La presse s’est fait notamment l’écho des amendements proposant… l’instauration de 7 jours fériés supplémentaires (LCP Assemblée nationale, 7 avril 2026) !

Coupant court à la manœuvre, les députés favorables à la proposition de loi ont eu recours à un habile procédé parlementaire : adopter une motion de rejet préalable voulue par les macronistes. Un procédé qui permet en fait d’accélérer les débats par la saisine de la commission mixte parlementaire, qui réunit des députés et des sénateurs.

Les députés LFIstes ont hurlé au coup de force parlementaire des « bourgeois », tandis que Sophie Binet, la Secrétaire générale de la CGT, a parlé avec son sens de la nuance habituel de « coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs (ou plutôt de non-travailleurs le 1er mai…) ».

Heureusement pour nos syndicalistes, le gouvernement est dirigé par un gaulliste social. Le très courageux Sébastien Lecornu s’est empressé de demander au ministre du Travail de rencontrer les organisations syndicales dès le 13 avril afin de « cheminer vers une solution efficace et acceptable » . Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, a immédiatement salué la volonté de Matignon de ne pas passer en force, tout en menaçant le gouvernement d’une motion de censure si le « dialogue social » n’était pas respecté.

De leur côté, les dirigeants des huit grandes organisations syndicales avaient directement écrit au Premier ministre afin de lui demander de ne pas convoquer la commission mixte paritaire, « de façon à respecter la démocratie sociale et la démocratie politique », car « on ne réforme pas ainsi brutalement un texte d’histoire sociale et de conquêtes collectives ».

Autrement dit, huit organisations syndicales qui représentent une petite minorité de fonctionnaires et peu de salariés du secteur privé, se sont permis une nouvelle fois d’invoquer la fumeuse « démocratie sociale » pour empêcher toute réforme. Une « démocratie sociale » qui prévaut en fait sur la seule démocratie qui vaille, exprimée par les élus du peuple !

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre s’est immédiatement exécuté : il a annoncé dès le 13 avril en fin de journée qu’il ne convoquerait pas la commission mixte paritaire. La proposition de loi est donc enterrée. Si le gaullisme est attaché, que l’on apprécie ou non De Gaulle, au courage et à l’abnégation, il n’est pas certain que Sébastien Lecornu soit gaulliste. En revanche, nul ne contestera le fait qu’il soit (très) social.

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7 réponses

  1. Bonjour,
    Le 1er Mai n est pas autre chose qu un débat une nouvelle fois pollué par un excès de politique politicienne. Excès que vous entretenez largement en opposant deux formes de de démocratie. Celle sociale que vous qualifiez de non représentative , ce que je vous accorde . Et celle du peuple qui serait selon vous la seule qui vaille. Ce en quoi je suis d accord également. Néanmoins accordez moi que la seconde n est pas plus représentative que la première . Est il nécessaire de vous rappeler qu un 1 français sur 10 n est pas inscrit sur les listes électorales, que 5 sur 10 s abstiennent ou votent blanc ou nul . Que 2 votent en adhésion pour un candidat que 3 votent pour ses opposants réunis et que seul le report d’ un de ces 3 derniers permet l election d un représentant du peuple. Représentation syndicale peu significative certes mais représentation du peuple non moins fragile. Des majorités qui reposent sur 2 français sur 10 sont elles réellement représentatives ? Puisque que l outil existe pourquoi le président ne solliciterait il pas l avis des représentés par un référendum afin d obtenir un avis plus représentatif que ceux recueillis par la compilation de sondages commandés par l une ou la autre tendance politique.

    1. Votre comparaison entre des organisations syndicales qui représentent à peine 4% des 27 millions de salariés soit moins de 1 million et les 50 millions d électeurs revient à comparer des choux et des carottes 🥕 🥕 🥕 🥕 🥕
      Quant au référendum les populistes l agitent comme un hochet!!!!!

  2. Laissez les personnels salariés travailler au service des autres pendant ces jours chômés. Ils perçoivent deux fois le salaire journalier et un jour de congé; cela fait trois fois. Ils sont libres de choisir de perdre cet avantage. Vive la liberté. Arrêtons d’emmerder les gens .
    Les gens qui ne vont pas voter ou qui s’abstiennent ne comptent pas puisqu’ils sont indifférents et n’ont pas d’avis. Ceci pour commenter le commentaire précédent.
    J’aimerais mieux que le titre soit : « l’intelligence sociale prime sur l’intelligence politique », bien que la forme transitive ne soit pas une faute pour le « Larousse ».

  3. A tous les fainéants de la terre,j’ai travaillé le premier janvier 2000,et je suis toujours vivant(le bug de l’an 2000)

  4. La représentativité à l’Assemblée Nationale aujourd’hui, ce serait :
    -193 sièges vides (abstentionnistes) qui s’opposent par principe à toute forme de proposition ou de projet de loi
    -128 députés du bloc patriote (RN/UDR)
    -110 députés NFP (LFI, PS, PC, ECO)
    -83 députés « Ensemble » (Modem, Renaissance, Horizons)
    -32 députés LR
    -31 députés divisés entre des formations politiques tierces et des votes nuls/blancs (opposés à tout eux aussi)
    Voilà l’état de l’opinion publique vis à vis du politique. On part de très loin pour qu’un groupe, politique ou social, ne soit légitime à représenter « les Français » ou même « l’intérêt du plus grand nombre » en première intention.

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