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mardi 21 juillet 2026

Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : un prétexte pour mettre fin à l’anonymat pour tous

Temps de lecture : 2 minutes

« Une immense victoire et l’aboutissement d’un combat mené, sans faillir, par les députés Ensemble. » C’est en ces termes que le député Gabriel Attal, candidat à la présidentielle, s’est réjoui de l’accord trouvé sur la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le 20 juillet, la commission mixte paritaire a adopté un texte qui consacre cette interdiction, tout en excluant les encyclopédies en ligne, les répertoires éducatifs ou scientifiques, et les autres sites à vocation éducative. Validé par le Parlement le 21 juillet, il entrera en vigueur dès le mois de septembre. Un texte qui en dit probablement plus sur la volonté de quelques députés de s’enorgueillir de leur vote et à signaler ostensiblement leur vertu, que sur l’applicabilité réelle d’une telle loi. Il n’est pas précisé comment les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs, mais Laure Miller, rapporteur du texte, a évoqué France Connect, France Identité ou encore Docaposte.

Il n’est pas nécessaire d’être né avec un ordinateur portable dans les mains pour savoir qu’il est extrêmement facile de contourner l’algorithme des plateformes. L’expérience australienne l’a démontré : fausses déclarations, utilisation d’un VPN pour changer sa localisation, grimaces pour se vieillir lors d’une reconnaissance faciale… Le témoignage de cet adolescent de 13 ans est édifiant. Une étude publiée en juin dans la revue British Medical Journal confirme cet échec prévisible : plus de 85 % des adolescents interrogés continuent d’utiliser les réseaux sociaux malgré l’interdiction du gouvernement australien. La loi est inapplicable et les députés français, qui le savent parfaitement, préfèrent mettre en œuvre un mécanisme de contrôle de l’identité qui s’appliquera à l’ensemble des utilisateurs. Louis Boyard (LFI), qui ne raconte pas que des sornettes, a ainsi dénoncé « une loi de fin d’anonymat sur Internet ». Mme Miller n’a eu d’ailleurs aucune gêne à citer la Chine (et son modèle autoritaire) comme exemple de pays dans lesquels une telle interdiction s’applique.

« Le cerveau et la santé de nos enfants valent mieux que leurs algorithmes » a affirmé Gabriel Attal sur X. En une phrase, le député d’extrême-centre, persuadé d’avoir un destin présidentiel, a illustré autant le délabrement du niveau des débats, que l’étatisme rampant qui pousse les députés à se mêler de ce qui ne les regarde pas et qui substitue l’État à l’autorité parentale.

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