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dimanche 10 mai 2026

Interdiction des réseaux sociaux : le cas australien révèle les failles du système

Temps de lecture : 2 minutes

En France, l’idée d’interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans progresse. La proposition de loi a été adoptée par l’Assemblée nationale en janvier 2026 puis par le Sénat en mars, avec quelques différences. Le texte doit désormais passer par une commission mixte paritaire afin d’aboutir à une version commune avant une adoption définitive. En l’état, aucune mesure n’est encore appliquée. Si le texte est validé, son application pourrait commencer le 1er septembre 2026 ; pour les comptes ouverts avant septembre, les obligations ne s’appliqueraient qu’après un délai de quatre mois. Lors des débats, Laure Miller, à l’origine de la proposition de loi, est même allée jusqu’à citer… la Chine comme exemple de régulation numérique efficace.

Certains cas étrangers montrent toutefois que la régulation des réseaux sociaux ne fonctionne pas. L’exemple australien illustre parfaitement cette situation. Depuis le 10 décembre 2025, l’Australie interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Or, les premiers résultats sont loin d’être convaincants. Selon une étude publiée en avril 2026 par l’American Enterprise Institute (AEI), la proportion d’enfants disposant d’un compte a connu une faible chute, passant d’un peu moins de 50 % à 31,3 %, ce qui est encore loin de l’objectif. Cela signifie surtout que près de 70 % des mineurs initialement concernés continuent d’y accéder malgré l’interdiction. Plus précisément, parmi les parents ayant indiqué que leur enfant avait un compte sur chaque plateforme avant le 10 décembre 2025, environ 7 sur 10 ont déclaré que leur enfant avait toujours un compte sur Snapchat (69,4 %), TikTok (69,3 %), Instagram (69,1 %), et Facebook (63,6 %). En parallèle, aucun changement notable n’a été observé concernant les plaintes pour cyberharcèlement ou abus en ligne impliquant des mineurs.

Les plateformes pourront mettre en place tous les dispositifs possibles, mais les mécanismes de vérification de l’âge resteront imparfaits et facilement contournables. Certains d’entre eux produisent inévitablement des erreurs, en bloquant parfois des utilisateurs légitimes tout en laissant passer des mineurs. Dans les faits, les plateformes se retrouvent face à une difficulté technique.

Loin de résoudre le problème, la régulation entraîne systématiquement des contournements. Comme le souligne le think tank américain : « Il y a peu de choses dans le rapport du commissaire qui recommandent l’approche australienne envers d’autres juridictions. Ce n’est ni efficace ni proportionné, et semble ne réussir qu’à faire plus de travail pour le régulateur ».
Dans ce contexte, il semble compliqué, encore une fois, de constater l’efficacité de la régulation. En voulant réglementer à grande échelle un phénomène aussi diffus et adaptable que l’usage des réseaux sociaux, la France risque surtout de créer une norme difficilement applicable.

La véritable solution réside ailleurs. La gestion de l’accès aux réseaux sociaux relève avant tout de l’autorité la plus proche des enfants : les parents. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour évaluer la maturité de leur enfant, et ainsi instaurer des règles adaptées à chaque situation. Cette approche apparaît non seulement plus réaliste, plus respectueuse des libertés individuelles, mais aussi bien plus efficace.

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7 réponses

  1. Qu’ils commencent par se poser la question evidente: comment contrôler efficacement le respect d’une telle démarche !

  2. Comment limiter le temps passé par les jeunes sur les réseaux sociaux ? Deux moyens : 1) facturer au temps passé sur le smartphone (quand les parents recevront la facture pour des milliers de Giga consommés, ça va faire Couic!) ; 2) autoriser la vente d’appareils qui permettent uniquement de téléphoner et envoyer des SMS, sans pouvoir scroller (je me souviens encore de mon premier Nokia à clapet).
    Conséquences induites : on n’encambronne pas l’ensemble de la population adulte ; moins de trafic internet, c’est moins de pollution liée aux data centers ; et les racailles seront moins tentées de voler les smartphones coûteux de leurs alumni.
    Ne pas faire cela sera bien la preuve qu’il s’agit pour les macronesques de mettre la population en coupe réglée !

  3. L’idée de vendre des smartphones qui servent qu’à téléphoner ou faire des SMS. Quand un adulte va acheter un smartphone avec un abonnement, comment le vendeur peut savoir que c’est pas pour lui mais pour son fils de moins de 15 ans?

  4. Simplement respecter les parents… Car ce sont les parents qui décident de ce qui est néfaste ou non.
    Ainsi au choix : soit comme le font certaines de mes amies, ils limiteront le temps d’utilisation. Soit comme je l’ai fait : ils laisseront leur fils rigoler avec ses amis virtuels, car aucun ami dans la vraie vie avant le lycée du fait de son Asperger… Et ces amis virtuels sont devenus des amis dans la vie, avec qui, 7 ans plus tard, il fait des soirées, des voyages… et pourtant ils sont répartis dans toute la France et jusqu’en Suisse.
    D’autant qu’il existe des solutions : il y a un équivalent de Facebook qui est parfaitement adapté aux familles (nous y avions souscrit lorsque nous avons changé de région, aux 10 ans de mes enfants, pour garder le contact avec les copains d’école).
    Ce n’est certainement pas une interdiction générale de tout pour tout le monde qui est la solution, qui fera quoi que ce soit de bien, ainsi donc que le prouve le cas de l’Australie. Il faudrait un jour que les gens comprennent que tout le monde n’est pas un tout identique, que nombre de jeunes n’ont aucune envie de voir le dark ou des bêtises sur tel ou tel site, mais l’envie de s’instruire auprès de youtubers intelligents, oui il y en a, tiens Jamy par ex !
    C’est drôle comme nous collectivisons et imitons de plus en plus la Chine… et moi, c’est ça qui me fait peur.

  5. L etat veut s immiscer partout notamment dans la vie des familles
    Laissons les parents élevés leurs enfants comme bon leur semble puisque ce sont eux qui payent le smartphone ainsi que les abonnements

  6. Penser que les parents sont les mieux placés pour instaurer des règles adaptées à la maturité de leur enfant est une fausse bonne idée, les parents d’aujourd’hui n’ayant plus guère l’envie d’exercer leur autorité sur leur adolescent. Nombreux sont ceux qui ont abandonné ce combat. Et nombreux sont ceux qui espèrent une règlementation et ainsi trouver le bon prétexte – en se cachant derrière – pour imposer cette interdiction.

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