Perdant à Bruxelles, le lobbying pro-Nutri-Score s’est imposé à l’Assemblée. Voilà des années qu’ils en rêvaient : rendre le Nutri-Score obligatoire ! Rappelons que celui-ci est un logo apposé en face avant des emballages dont l’objet est d’informer les consommateurs de la qualité nutritionnelle du produit. Au grand dam de son concepteur, Serge Hercberg, si le Nutri-score dans sa nouvelle version a bien été mis en place par un arrêté en mars dernier, il n’était toujours pas obligatoire. Le 7 novembre, les députés ont voté ce caractère obligatoire, mais en assortissant la règle d’une exception.
En effet, des amendements concordants avaient été déposés par les écologistes et les socialistes en faveur de l’obligatoriété. Une lourde sanction était prévue pour frapper les récalcitrants : 5 % du chiffre d’affaires en cas de non-affichage. Mais un sous-amendement d’un député Renaissance a été adopté pour exclure de la règle les « produits bénéficiant d’un signe national ou européen de qualité dont la liste (sera) définie par décret ».
C’est cette exception qui a immédiatement fait bondir la présidente de l’UFC-Que choisir, sur l’antenne de Franceinfo (8 novembre 2025) et ce, au motif que les appellations d’origine contrôlée ou les indications géographiques protégées garantissaient simplement une origine, et nullement une qualité nutritionnelle. Et puis, a-t-elle plaidé, le Nutri-score permet de différencier au sein d’une même catégorie de produits ceux qui sont trop gras, trop salés et/ou trop sucrés.
Par cette rhétorique, Marie-Amandine Stévenin nous prend pour des truffes (en chocolat). Qui croira qu’un fromage, par exemple du roquefort, pourra obtenir la meilleure lettre en tout état de cause ? C’est ce qui explique que les producteurs des produits gastronomiques qui ont fait la réputation de notre pays dans le monde aient souvent été vent debout contre le Nutri-score, à commencer par les producteurs de roquefort, classé inévitablement en E.
Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire du lobby du Nutri-Score. A preuve l’UFC Que choisir, gavée de subventions -528.732 euros en 2019 (Observations définitives de la Cour des comptes, « L‘État et les associations de défense des consommateurs », 13 octobre 2021, p. 67) ; 419.000 euros de subvention nationale par la Direction de la concurrence en 2023-. Un faux-nez de l’Etat qui écrivait avec deux autres associations au président de la République en 2017 pour se plaindre de la baisse « substantielle » de leurs subventions et qui défendait le 28 janvier dernier une « Grande Sécu » pour remplacer les mutuelles de santé !
Il faut espérer que le vote de l’amendement ne passe pas les fourches caudines du Sénat et que ce dernier refuse ainsi d’entrer dans la voie du totalitarisme nutritionnel de l’État-nounou. D’autant plus, ainsi que l’a relevé la ministre de la Santé le 7 novembre, que l’amendement contrevient au droit de l’Union européenne !
8 réponses
Signification de ABCDE
A = Assez bien
B = Bien
C = Correct
D = Délicieux
E = Excellent
BRAVO !!! Je partage avec enthousiasme !
Oui, bravo !
Rendre obligatoire le nutriscore le tuera chez la majorité des consommateurs. Il est déjà souvent absurde et prend souvent à contrepied les goûts et préférences des gens « ordinaires ». Perso, je ne le regarde plus.
Perso, je n’en ai vraiment rien à faire du Nutiscore. Quand il est A je suis content, quand il est E je m’en tape. Ainsi vont mes courses.
Les socialos et les escrolos ne savent que deux choses : taxer et ,normer ou règlementer dans un processus sans fin et mortifère pour nos entreprises, petites ou grandes ! Je rêve d’un gouvernement qui demanderait aux parlementaires d’arrêter de nuire comme ils le font à présent, mais au contraire de travailler à délégiférer afin de donner des espaces de liberté aux investisseurs, condition sine qua non de la création de richesse et d’un retour d’une croissance saine. Le parlement tourne chaque jour le dos à une véritable politique de l’offre et nous tire vers le bas, vers la pauvreté et le déclassement…
Votre article est interessant à plus d’un point de vue. Il pose d’une part la question du rôle des autorités et d’autre part celui des associations, ici celles de défense des consommateurs. Il ne pose en revanche pas la question de l’intérêt des entreprises. Que les autorités imposent un devoir d’information, cela ne me semble pas hors de leur rôle. Je préfère celui à toute restriction autoritaire de la liberté. Il suffit de voir les ravages de l’obésité pour comprendre que cela peut être utile. Il serait aussi utile alors d’imposer aux autorité de mesurer le bien fondé de leur démarche (là , je pense que je rêve…).
Ensuite, le rôle des associations. Je ne peux que me réjouir qu’elles existent. C’est un signe important de liberté. Leur discours est souvent maladroit, souvent exagéré, mais leur passion pour leur objet peut permettre de le comprendre.
Enfin les entreprises. Bien sûr, elle voudraient voir ces contraintes levées. Les effets sur la santé sont pour elles des externalités. C’est pourquoi l’idéal d’une concurrence qui les pousserait à améliorer l’information du consommateur n’est pas réaliste. Chacun sait que cette dernière est bien plus faible que celle de l’entreprise. L’obliger à donner une meilleure information est donc une solution, dont seulement, cependant, une étude d’impact devrait mesurer l’efficacité. C’est trop demander. C’est pourquoi, il faut regarder l’ajout de règles avec beaucoup de suspicion.
Cher Monsieur, il existe déjà une information réglementaire sur les ingrédients qui composent les aliments. Elle est universelle.
Malheureusement, la fabrique de crétins qu’est notre « éducation nationale » a réussi à ce que le crétin moyen fabriqué est incapable de la lire, tant ses programmes marxisants et wokisants ont éliminé toute formation permettant de distinguer glucides de lipides, par exemple, et éliminé tout esprit de curiosité permettant de s’informer par soi-même et de décider soi-même du choix de ses aliments.
Nutriscore est une ânerie dogmatique produite par des gens désespérés de devenir célèbres (Hercberg, le médiocre) destiniée à des ânes décérébrés et crétinisés par l’institution.
Sincères salutations.