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samedi 19 septembre 2026

Fiscalité comportementale : le choix de l’incohérence et de l’inefficacité

Temps de lecture : 2 minutes

Dans le Journal des Libertés n°32-33, Patrick Coquart, chercheur à l’IREF, critique les taxes dites « comportementales », présentées notamment par l’OMS comme un outil majeur de santé publique visant à réduire la consommation d’alcool, de tabac et d’autres produits jugés nocifs par une hausse significative des prix.

L’auteur rappelle que la fiscalité comportementale, définie comme une imposition qui cherche principalement à modifier les comportements plutôt qu’à financer l’État, s’est développée progressivement à partir des années 1980 et représente aujourd’hui environ 17 milliards d’euros de recettes en France. Il annonce vouloir en évaluer la cohérence et l’efficacité à partir de deux exemples centraux : l’alcool et le tabac.

Patrick Coquart commence par analyser la fiscalité des boissons alcoolisées, qu’il décrit comme particulièrement complexe et difficilement lisible. Les taxes varient fortement selon les catégories de produits (vin, bière, spiritueux) sans que cette différenciation repose clairement sur des critères sanitaires homogènes. Cette architecture fiscale aboutit à des incohérences internes et rend le système difficile à comprendre, notamment pour les producteurs.

Il met ensuite en évidence un paradoxe majeur : la consommation globale d’alcool a fortement diminué sur le long terme, mais cette baisse concerne surtout le vin, pourtant relativement peu taxé, tandis que certaines catégories plus fortement taxées ne suivent pas la même trajectoire. Dès lors, le lien entre niveau de taxation et évolution des comportements apparaît incertain, voire fragile.

L’auteur se tourne ensuite vers le tabac, dont la fiscalité est encore plus lourde et complexe, avec des niveaux de taxation pouvant représenter une part très importante du prix final. Malgré cette pression fiscale, les effets sur la consommation restent contrastés : si le tabagisme recule fortement chez les jeunes, il diminue beaucoup plus lentement chez les adultes.

Il souligne également qu’à l’échelle internationale, il n’existe pas de corrélation nette entre le niveau de taxation et la prévalence du tabagisme. Certains pays très taxés affichent une consommation élevée, tandis que d’autres obtiennent de faibles niveaux de tabagisme avec une fiscalité plus modérée. Cette absence de relation claire remet en cause l’efficacité mécanique de la fiscalité comportementale.

Patrick Coquart insiste par ailleurs sur les effets pervers de ces politiques fiscales, en particulier le développement des marchés parallèles et des achats transfrontaliers, qui réduisent l’efficacité des taxes tout en privant l’État de recettes importantes. La fiscalité élevée entraîne ainsi des comportements d’évitement qui contredisent directement les objectifs de santé publique affichés.

Enfin, il conclut en appelant à une réforme du système afin de le rendre plus cohérent et plus rationnel. Il propose une taxation davantage fondée sur la teneur réelle en alcool ou en tabac et mieux alignée sur les risques sanitaires des produits, en s’inspirant de certains modèles étrangers comme celui de la Suède.

Ainsi, selon Patrick Coquart, la fiscalité comportementale actuelle apparaît à la fois complexe, incohérente dans sa construction et limitée dans ses effets. Elle oscille entre objectif de santé publique et logique de rendement fiscal, sans parvenir pleinement à atteindre ni l’un ni l’autre.

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7 réponses

  1. Les objectifs de santé publique ne motivent d’aucune manière la taxation comportementale dont la visée unique est le rendement fiscal. Car il est nécessaire que certains parmi nous contractent des maladies sévères pour faire tourner l industrie de la santé et de la chimie. Alors il s agit pour les gouvernants d arbitrer pour toujours faire rentrer plus de taxe.

  2. « Patrick Coquart insiste par ailleurs sur les effets pervers de ces politiques fiscales, en particulier le développement des marchés parallèles et des achats transfrontaliers, qui réduisent l’efficacité des taxes tout en privant l’État de recettes importantes »

    Et en menaçant la santé des consommateurs, à cause des contrefaçons ! Cet aspect sanitaire n’est pas évoqué…

  3. Pas simple pour le genre humain d’adopter un comportement raisonnable, la meilleure preuve en est dle trafic de drogue qui s’accroît de manière exponentielle alors que l’État – laxiste par tradition – se révèle incapable de juguler le phénomène, puisque le marché est parallèle donc hélas non taxable et bien évidemment pas imposable.

  4. On se félicite de la baisse de la consommation d’alcool en oubliant de dire que la consommation de psychotropes en France explose et qu’il n’y a pas de taxes sur ces dernières.

  5. Aucune de ces « taxes » ne présente le moindre caractère « moral ». Le principal souci de l’état n’est pas de prendre soin de la santé des Français mais de remplir le tonneau des Danaïdes !
    Dans le même temps, la consommation et le commerce de drogues explosent avec leur cortège de meurtres et exactions de toutes sortes… sans compter le coût pour la sécurité sociale.
    Une économie parallèle florissante se développe !

  6. Qui peut croire que ces taxes sont créées pour protéger la santé du peuple ? A part remplir la gamelle géante pour nourrir ces obèses affamés….. Les explications, les excuses, les justifications ne sont que des mensonges destinés aux naïfs !

  7. trop taxer le tabac a tres fortement encouragé la contrebande qui représente 40 % des ventes en France! bravo !

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