Malgré le « pognon de dingue », pour reprendre l’expression du président Macron, mis dans les aides sociales, le nombre de pauvres continue d’augmenter en France, illustrant l’échec de l’Etat-providence censé réduire les inégalités et s’attaquer à la misère. Les aides sociales en France, de tout ordre (aides directes au revenu, de type RSA, à la santé, au logement, à l’emploi, toujours censée contrecarrer des effets néfastes du marché, mais l’empêchant surtout de jouer et donc de libérer les forces de constructions de logement, d’embauche, etc) représentent l’équivalent de 11 % du total des programmes de ce genre à l’échelle planétaire. Pour un pays pesant 0,85 % de l’humanité.
Et pourtant, selon une étude de l’Insee publiée le 7 juillet, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine en 2023, en hausse sensible sur le total de 2022. Le taux de pauvreté, c’est-à-dire la proportion d’individus vivant avec moins de 1 288 euros par mois, a augmenté de 0,9 point pour atteindre 15,4 % de la population. Du jamais vu depuis 1996, date de la première évaluation. En 2023 les 20% les plus modestes ont perçu 8,5 % de l’ensemble des revenus, et les 20 % les plus aisés, 38,5 %. Un ratio de 6,6 qui peut sembler élevé mais l’est moins que dans la plupart des pays du monde, hormis pays Scandinaves, notamment.