Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a livré un message de responsabilité budgétaire et de stabilité économique à la veille de la reprise du débat sur le budget 2026 à l’Assemblée nationale. « La sagesse est d’arrêter de jouer avec l’impôt », a-t-il déclaré. « La créativité fiscale dans les joutes parlementaires, fût-elle virtuelle, a un effet très réel et négatif sur le moral des entrepreneurs ». Il ne va toutefois pas assez loin : « stabiliser les dépenses en volume » est une chose, mais les baisser en est une autre. Cette mise en garde est tout de même bienvenue dans un contexte où les débats sur la fiscalité ont toujours miné la confiance des entreprises et des investisseurs – la taxe Zucman en est la dernière illustration.
Elle s’inscrit d’ailleurs dans la continuité des alertes du gouverneur, notamment à travers une lettre adressée à Emmanuel Macron en avril dernier. Malgré une inflation retombée en deçà de l’objectif de la zone euro, M. Villeroy de Galhau évoquait des « incertitudes exceptionnellement élevées » avec une croissance faible, une hausse de pouvoir d’achat artificielle du fait de la revalorisation exceptionnelle des retraites (+ 5,3 % au 1er janvier 2024), un retard de taux d’emploi autant pour les jeunes que pour les séniors, mais aussi une réglementation européenne qui freinent les investissements. Il insistait également sur le fait que les faiblesses structurelles de l’économie française (et européenne) exigeaient « moins de bureaucratie et plus d’incitations ».
Au-delà des débats budgétaires, c’est aussi un problème de crédibilité. La France ne peut plus se permettre d’envoyer des signaux contradictoires à ceux qui créent de la richesse : promettre l’attractivité, la « start-up nation », tout en laissant planer en permanence la menace de nouveaux prélèvements obligatoires. Ces derniers sont, au passage, cinq fois plus élevés que les aides, d’après une étude de Fipeco. Les interprétations socialistes ne résistent pas à une analyse rigoureuse des faits : les entreprises françaises sont bien matraquées, et non assistées. La stabilité fiscale n’est pas un luxe pour elles ; c’est une condition nécessaire pour se développer et créer de l’emploi.
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8 réponses
« L’état, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde » (Bastiat)… Comment voulez-vous qu’un politicien se fasse élire en promettant la baisse des dépenses ? En plus, les médias ne font que promouvoir la démagogie dépensière. Chacun croit qu’il va piquer un petit quelque chose. Il faudrait au moins que les grands médias commencent à faire un peu d’éducation économique. => « Dans chaque niche fiscale, il y a un chien qui mord ».
« Grands médias » = grandes subventions et grands avantages. Ils ne feront jamais la promotion d’une situation dont l’Etat ne veut surtout pas entendre parler.
Ce ne sont pas les Français qui veulent « piquer quelque chose », c’est l’Etat qui leur dit tout le temps qu’ils ont droit à quelque chose. Et que les riches peuvent payer.
Remettons l’enseignement de l’économie à l’endroit, expliquons aux Français que lorsqu’ils perçoivent 100 c’est qu’on leur a pris 130, qu’il est donc bien plus sain de garder les 130 et de payer le vrai prix, non majoré par les intermédiaires et agences étatiques, et vous verrez que les Français ne voudront plus de cet état-providence.
Mais l’état a tout à perdre : plus de possibilité de recaser les copains qui l’ont fait vivre, plus la main sur la quasi entièreté des richesses produites, plus d’ors de la République, plus la vanité de se poser en protecteur voire sauveur….
C’est pour cela que jamais l’EducNat ne formera correctement la population.
Sauf à bien voter en 2027…
Joli article….sauf que ce Monsieur parce qu’il préfère son appartement parisien à son appartement de fonction, eu le culot de réclamer et d’obtenir une « compensation »mensuelle équivalente au loyer estimé de cet appartement fonction!
Décidément à la BdF ils sont trop! Exemple: ce directeur nommé à Dijon a été logé gratuitement par un de mes amis pendant 8 mois…le temps que les travaux de son appartement de fonction soient achevés. Voilà -t-il pas qu’il demande à cet ami de certifier qu’il lui a versé pendant 8 mois un « loyer » alors qu’il avait été logé à titre gratuit! Naivement cet ami a signé ce qui a permis à ce directeur de présenter une note de frais bidon, mais moins bidon que le rembourcement encaissé.
Décidément, tout le monde s’y met, même naïvement
Désolé mais vous fréquentez des couillons (au moins un à Dijon). J’espère qu’il est sympathique par ailleurs 😉
Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? Existe-t-il un ministre capable de dire supprimons 60% des prélèvements et supprimons les aides et ne nous occupons plus d’Economie , on ne sait pas faire autre chose que des âneries.
Chaque fois que l’Etat s’en mêle c’est un bide . Quant à l’Europe , qu’elle arrête de s’occuper de nous et de notre économie , qu’elle vise seulement la libre circulation des marchandises et la préservation de la souveraineté des Etats qui la compose . Le reste n’est qu’un tas de réglementation mortifère.
Bah oui, juste une évidence, mais nos zélites ne sont pas programmées pour cela
Il est bien de souligner la revalorisation clientéliste des retraites de 2024 car elle coûte à elle seule autant que le RSA ou bien elle a consommé d’un coup les économies espérées par le recul à 64 ans de l’âge légal de la retraite…